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Attentat de Québec : minuit moins une pour réclamer une indemnité

Une femme portant le voile qui semble triste et qui porte ses mains à son visage, lors des funérailles de victimes de l'attentat de Québec.

Une femme de confession musulmane se recueille, lors des funérailles de victimes de l'attentat de Québec.

Photo : Reuters / Chris Wattie

Le temps presse pour les victimes de l'attentat à la grande mosquée de Québec et leurs proches qui souhaitent obtenir une indemnisation.

Les personnes admissibles au programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC) ont deux ans pour remplir une demande de prestations après la survenance du préjudice qu’elles estiment avoir subi.

L’attaque ayant été perpétrée le 29 janvier 2017, elles ont en théorie jusqu’à 23 h 59, mardi, pour soumettre une demande.

Ouvrir un dossier à l’IVAC ne garantit pas l’octroi d’une indemnité. Le chemin pour obtenir une aide peut être long et semé d’embuches.

La famille d'Aboubaker Thabti, qui est tombé sous les balles d'Alexandre Bissonnette au Centre culturel islamique de Québec, en sait quelque chose.

Khadija Thabti et son fils Mohammed s’adressent aux médias lors d’une conférence de presse.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Khadija Thabti, veuve d'Aboubaker Thabti, et son fils Mohammed

Photo : Radio-Canada

« Système pourri »

Après deux années de combat et après avoir essuyé deux refus, son épouse, Khadija Thabti, et leurs deux enfants viennent tout juste d’être reconnus comme des victimes de l’attentat du 29 janvier 2017.

Leur avocat, Marc Bellemare, réclame une réforme en profondeur du programme de l’IVAC. Il déplore les longs délais dans le traitement des dossiers et la difficulté qu’ont les demandeurs à obtenir des informations.

« Ils ne répondent pas aux appels, ils ne payent pas les sommes qu'on demande, on n'a pas de nouvelle, tout est centralisé à Montréal, les victimes de l'extérieur de Montréal n'ont pas de service. Ils ne voient jamais le fonctionnaire qui s'occupe de leur dossier », dénonce l’avocat.

C'est pourri le système de l'IVAC […] Il y a un très sérieux problème et il faut vraiment mettre ce service-là à la portée des citoyens.

Me Marc Bellemare
Marc Bellemare accorde une entrevue à la journaliste de Radio-Canada Camille Simard dans les bureaux de Bellemare avocats, sur la rue du Marais, à Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Me Marc Bellemare

Photo : Radio-Canada

Réformes à l’étude

Au bureau de la ministre de la Justice, Sonia Lebel, on affirme que le gouvernement étudie présentement les réformes qui pourraient être apportées à la Loi sur l’IVAC.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, l'attachée de presse de Mme Lebel, Nicky Cayer, indique que le régime québécois d’indemnisation des victimes d’actes criminels est le « plus généreux au Canada ».

« Notre défi sera d’évaluer si ces sommes sont utilisées de la meilleure façon pour aider au maximum les personnes victimes d’actes criminels », affirme-t-elle.

« Scènes d’horreur »

Selon Me Bellemare, de nombreux autres proches des victimes de l’attentat pourraient être admissibles au programme d’aide. Il a offert de les aider gratuitement.

« J'estime, moi, qu'il y en a peut-être 10 ou 15 qui sont des proches, qui se sont présentés le soir de l'attentat, qui ont vu des scènes d'horreur, qui ont été pénétrées par ces scènes-là, qui les revivent, qui ont des problèmes de sommeil, de l’anxiété. Ça s'appelle un stress post-traumatique et c’est une blessure qui doit être compensée par l'IVAC », fait valoir l’avocat.

En plus de Mme Thabti et de ses deux enfants, Marc Bellemare s’occupe des dossiers de sept personnes.

Avec les informations de Camille Simard

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