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Le registre québécois des armes à feu a coûté 7,2 M$

Femme qui vise avec une arme à feu

Moins de 25 % des armes longues du Québec sont enregistrées.

Photo : Radio-Canada

Maxime Corneau

Le gouvernement du Québec a investi 7,2 millions de dollars depuis le début du processus d'enregistrement des armes d'épaule dans la province.

La porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Louise Quintin, estime qu’il s’agit d’une « bonne nouvelle » puisque le budget anticipé de mise en place du registre est de 20 millions de dollars.

Les 7,2 millions investis ont servi au développement du système informatique et à la prise d'inventaire.

Le budget semble donc respecté jusqu’à présent, mais l’immatriculation des armes d’épaule, elle, continue de prendre du retard.

En date du 28 janvier, Mme Quintin précise que 370 264 armes ont été enregistrées au fichier centralisé.

Il s’agit d’environ 23 % des armes non restreintes qui seraient sur le territoire québécois, selon les estimations officielles.

Le dimanche 27 janvier a marqué un record d’enregistrements. Pendant la journée, 9500 armes ont été immatriculées.

Opération de désobéissance civile?

Francis Langlois, professeur d’histoire au Cégep de Trois-Rivières et chercheur associé à la Chaire de recherche Raoul Dandurand, croit que le non-respect de l'obligation d'enregistrer leurs armes d'ici le 29 janvier par la majorité de propriétaires constitue une vaste opération de désobéissance civile.

Il pense que cette campagne de boycottage et de désobéissance qui semble rallier les chasseurs est principalement alimentée par les discours des porte-parole du mouvement Tous contre un registre québécois des armes à feu et d’autres acteurs de l'industrie de la chasse.

« Les porte-parole, sans le faire directement, incitent fortement ceux à qui ils s’adressent à ne pas respecter la loi qui a été adoptée », explique-t-il.

Des discours « sur la ligne »

Le président de Tous contre un registre québécois des armes à feu, Guy Morin, refuse toutefois d'endosser la paternité de ce mouvement d’opposition.

« C’est un mouvement de désobéissance civile, mais ce n’est pas quelque chose d’organisé. Ce sont les gens eux autres mêmes qui décident de ne pas se conformer », précise-t-il.

« Guy Morin n’est pas le gourou d’une secte », lance-t-il, en admettant au passage « jouer sur la ligne » lors de ses sorties publiques.

Notamment, il utilise un discours de la ministre de la Sécurité publique qui affirmait la semaine dernière que le registre tirerait son efficacité dans la participation massive des propriétaires d’armes à feu.

« Vous avez entendu Geneviève [Guilbault, ministre de la Sécurité publique] hier : s’il n’y a pas d’enregistrements, il n’y a pas de registre. À partir de ce moment-là, c’est à vous autres de savoir quoi faire », a-t-il dit dans une capsule diffusée sur les réseaux sociaux, sans jamais inciter directement les propriétaires à ne pas enregistrer leurs armes.

Les propriétaires d’armes d’épaules du Québec ont l’obligation d’enregistrer leurs armes d’ici le 29 janvier. Après cette date, ils s’exposent à des amendes de 500 $ à 5000 $.

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