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39 marches bien montées

Une femme, assise et la main droite dans les airs, regarde un homme debout devant elle. L'homme porte un complet et une cravate. Il a les mains dans les poches.

Nicolas Desfossés et Chloé Tremblay sont les têtes d'affiche de la pièce.

Photo : Mathieu Girard

Kevin Sweet

CRITIQUE - Une petite distribution de quatre comédiens, dont Marie-Ève Fortier et Charles Rose qui sont particulièrement polyvalents et énergiques, ainsi qu'une mise en scène simple et cinématographique confèrent beaucoup de magie au spectacle Les 39 marches.

Il faut croire que Geneviève Pineault, qui signe sa première mise en scène au Théâtre de l’Île, est une amatrice de Tintin. Ses choix artistiques, dont certaines pièces musicales et certains jeux de lumière, donnent vraiment l’impression qu’une bande dessinée d’Hergé a été portée à la scène.

Comme dans les aventures du jeune journaliste à la célèbre houppette, tout y est : intrigue, enquête, espionnage et histoire d’amour. Les personnages plus grands que nature de John Buchan, l'auteur d’origine écossaise qui signe le texte et a aussi été Gouverneur général du Canada de 1935 à 1940, y sont aussi pour quelque chose.

Geneviève Pineault leur cède d'ailleurs toute la place, avec une mise en scène ingénieuse dans son économie, et forte en images évocatrices.

Une rencontre fatale

Richard Hannay (Nicolas Desfossés), un Canadien habitant Londres, décide, par un soir d’ennui, d’assister à un spectacle de variétés. C’est là qu’il fera, par pur hasard, la rencontre d’Annabella Schmidt (Chloé Tremblay), une femme mystérieuse qui prétend être pourchassée.

Le trentenaire accepte de l’héberger chez lui. Une décision qu’il viendra à regretter car la femme sera assassinée.

Or, juste avant de mourir, elle lui souffle deux indices qui vont déclencher la quête que Richard Hannay doit entreprendre pour prouver son innocence : les 39 marches et le nom d’un lieu en Écosse.

Contrairement au film réalisé par Alfred Hitchcock en 1935, la pièce de théâtre est une comédie policière. Il faut donc adhérer aux conventions pour y trouver son plaisir.

Des forces et des faiblesses

Richard Hannay est le personnage principal, mais ce sont vraiment les deux personnages nommés Clown 1 (Charles Rose) et Clown 2 (Marie-Ève Fortier) qui ont la lourde tâche de divertir les spectateurs, tout en menant à terme les nombreuses transformations exigées par leurs personnages respectifs.

Une femme et un homme sont assis à gauche de la scène, pendant qu'un duo de maître de cérémonie sont debout, éclairé. L'homme porte un haut de forme noir et la femme pointe devant elle de sa main droite.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marie-Ève Fortier et Charles Rose incarnent Clown 1 et Clown 2 dans la pièce.

Photo : Courtoisie Mathieu Girard

Marie-Ève Fortier incarne, à elle seule, 17 personnages différents, la majorité des hommes. Charles Rose est, quant à lui, appelé à incarner des rôle de femmes.

Attribuer des rôles selon l’énergie des acteurs et non leur genre est un choix que Geneviève Pineault a fait consciemment. C’est un choix judicieux, non seulement parce qu’on est en 2019, mais aussi parce Marie-Ève Fortier et Charles Rose ont ainsi l’occasion de démontrer qu’ils sont des acteurs extrêmement drôles et polyvalents. Tantôt, la première se transforme en professeur rappelant un certain professeur Tournesol. Tantôt, les deux jouent aux détectives comme les Dupont et Dupond. C'est une réussite sur toute la ligne.

Mais il s'agit aussi d'un couteau à double tranchant.

Face à la force de leurs partenaires de scène, Nicolas Desfossés et Chloé Tremblay ont un défi de taille et doivent redoubler d’efforts pour faire briller leurs personnages pour qu’on s’y attache. Ce qui n’est pas toujours le cas. On se lasse par moments de leur histoire d’amour qui arrive dans la deuxième partie, et on vit souvent dans l’attente des clowns.

Ben Thibodeau, qui signe ici la scénographie, a eu des petits coups de génie. Son défi était d’utiliser tous les objets sur scène à bon escient. Comme ce lutrin qui devient aussi de volant d’une voiture et ces coffres qui serviront aussi de lit. Des choix simples, mais efficaces.

Il y a aussi une scène où les deux clowns doivent simuler qu’ils sont dans un avion de guerre. La façon dont Ben Thibodeau a choisi de recréer le vent ne réinvente pas le monde du théâtre, mais, encore une fois, son choix évoque. La scène où notre personnage principal se fait pourchasser sur un train en mouvement s'avère d'autant plus décevante. Cette scène, qui a tout pour être cinématographique, manque carrément d’inspiration.

Cela dit, à l’exception d’un léger manque de rythme dans la deuxième partie et une histoire d'amour qui arrive un peu de nulle part, Les 39 marches semble avoir été un spectacle agréable à monter... et c’est transmis.

POUR Y ALLER
Les 39 marches
Théâtre de l'Île
Jusqu'au 23 février

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