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Année internationale des langues autochtones: plus d'efforts réclamés

Le 31 mars est la Journée nationale des langues autochtones.
L'UNESCO a officiellement lancé l'Année internationale des langues autochtones. L'agence onusienne prévient que la moitié des 6000 langues connues sur la planète auront disparu d'ici la fin du siècle si rien n'est fait. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

La communauté internationale réclame plus de projets pour la protection des langues autochtones au Canada. Cette demande s'inscrit dans le coup d'envoi officiel de l'Année internationale de ces langues donné lundi par l'UNESCO, à Paris.

Un texte de Yessica Chavez

Cette demande a résonné lors des divers discours des représentants de plusieurs pays. Diplomates, élus, membres des Premières Nations, tous ont souligné l’importance de préserver ces langues, dont la majorité est menacée.

Le grand chef Wilton Littlechild de Maskwacis, en Alberta, assistait à cette cérémonie à titre de représentant de l’Assemblée des Premières Nations du Canada. Durant son allocution, il a réclamé de plus grands engagements des gouvernements à travers le monde pour la protection et la promotion des langues autochtones. Il a même souhaité que ce ne soit pas seulement un an qui soit consacré à ce thème, mais plutôt « une décennie ».

Une importance qui a aussi été soulignée par le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) au Canada. Dans un communiqué, le grand chef de la nation Atikamekw, Constant Awashish, affirme espèrer que cette mobilisation internationale donne plus de visibilité à la cause autochtone.

La préservation de notre langue passe d'abord par l'amélioration des services dans notre communauté. Avec des infrastructures solides, on va pouvoir encourager nos jeunes à utiliser l'atikamekw et approfondir nos connaissances de cette langue qui est d'une grande beauté!

Constant Awashish, le grand chef de la nation Atikamekw

Le grand chef lance aussi une invitation aux plus jeunes et aux non-Autochtones à être fiers des langues autochtones. « Venez, on va vous montrer l'importance et les connaissances de notre langue. Venez vous imprégner de la beauté qu'elle décrit. Elle parle de l'utilisation du territoire, elle fait un descriptif des animaux, de la terre, de l'eau. Elle permet de comprendre beaucoup de notions de la vie », ajoute-t-il.

Pour sa part, la professeure en linguiste au CNA Nicole Petiquay estime qu'il est « crucial » de protéger la langue de sa nation, car « le peuple atikamekw est le dernier peuple à avoir conservé le dialecte en R de la famille linguistique protoalgonquine. Il s’agit d’un dialecte primitif que les linguistes reconnaissent comme un écrin inestimable en termes de savoirs traditionnels ».

Des Autochtones canadiens à la cérémonie de l’UNESCO

La cérémonie d’ouverture officielle de l’Année internationale des langues autochtones a débuté à 9 h, heure de l’Est, au siège social de l’UNESCO.

Des représentants des Premières Nations canadiennes font partie des orateurs invités. En plus du grand chef Wilton Littlechild, on compte aussi le grand chef de la nation Tl'azt'en, en Colombie-Britannique, Edward John, et le jeune musicien de la nation Anishinabe, au Québec

Plus de 70 langues autochtones au Canada

Au Canada, 70 langues autochtones parlées ont été recensées. Deux tiers d’entre elles sont déjà considérées comme « menacées ».

Selon Statistique Canada, en 2011, une personne sur cinq qui a déclaré avoir une langue maternelle autochtone au pays habite au Québec. Dans la province, les langues plus fréquentes sont les langues cries, l’inuktitut, l'innu et l'atikamekw.

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