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Washington prêt à retirer ses troupes d’Afghanistan

Des Marines américains en Afghanistan en janvier 2018.

Photo : The Associated Press / Massoud Hossaini

Radio-Canada

Les États-Unis se sont engagés auprès des talibans à retirer leurs forces de l'Afghanistan dans le cadre d'un accord de principe conclu au terme de six jours de pourparlers de paix entre des représentants talibans et américains.

Selon le quotidien The New York Times, les Américains ont promis de rapatrier leurs troupes dans la mesure où les talibans garantissent que le territoire afghan ne sera pas utilisé comme plateforme par des groupes terroristes.

Cet accord de principe a été conclu au terme de six jours de négociations entre les talibans et des représentants américains qui ont eu lieu à Doha, au Qatar.

Les talibans se sont engagés, à notre satisfaction, à faire le nécessaire pour empêcher l'Afghanistan de ne jamais devenir une plateforme pour des groupes ou des individus terroristes.

Zalmay Khalilzad, diplomate et négociateur pour les États-Unis

Difficile dialogue entre les talibans et Kaboul

D’après le négociateur des États-Unis, Zalmay Khalilzad, pour obtenir un retrait américain, les talibans doivent également s’engager à observer un cessez-le-feu complet avec les forces gouvernementales afghanes et accepter d’ouvrir des négociations directes avec le pouvoir en place à Kaboul, ce à quoi ils s’opposaient catégoriquement jusqu’ici.

Les talibans, de leur côté, demandent un retrait préalable de toutes les forces américaines d’Afghanistan avant de s’engager dans un cessez-le-feu et par la suite dans un dialogue avec Kaboul, ce qui laisse présager encore plusieurs séances de négociation avant une entente finale.

Les talibans refusent toutes négociations depuis des années avec le gouvernement afghan, qu’ils considèrent comme un pouvoir fantoche à la solde des États-Unis.

Or, pour Zalmay Khalilzad, l’établissement d’un « dialogue entre Afghans » est pour les États-Unis la « seule solution pour une paix durable en Afghanistan », expliquant que son rôle consiste expressément à faciliter ce rapprochement.

Le président afghan Ashraf Ghani, dont le gouvernement est exclu des négociations pour le moment, a lui aussi invité les talibans à profiter des progrès accomplis au Qatar pour « engager des pourparlers sérieux » avec son gouvernement.

Nous voulons la paix, nous la voulons vite, mais nous la voulons avec un plan.

Ashraf Ghani, président de l’Afghanistan
Quatre talibans armés de mitraillettes brandissent un drapeau dans une rue.

L'accord avec les talibans afghans prévoit que l'Afghanistan ne devienne pas une base arrière pour Al Qaïda ou Daech.

Photo : Reuters / Parwiz Parwiz

Les autorités afghanes qui se plaignent d’avoir été exclues des négociations ont par ailleurs prévenu que tout accord entre les États-Unis et les talibans nécessiterait leur approbation.

« N'oublions pas que les victimes de cette guerre sont des Afghans et que le processus de paix doit aussi être mené par les Afghans. Nous ne voulons pas répéter les erreurs du passé », a déclaré le président Ghani lors d’un discours télévisé.

Le président Ghani a par ailleurs rappelé que 45 000 membres des forces de sécurité du pays ont été tués depuis qu’il est entré en fonction, en 2014.

À Washington, le président Donald Trump semble lui aussi très désireux de voir la paix s’installer en Afghanistan en vue d’un rapatriement des troupes.

En décembre dernier, le président avait d’ailleurs évoqué le rapatriement prochain de près de 7000 des 14 000 soldats américains stationnés en Afghanistan dans le cadre de la coalition de l’OTAN déployés dans le pays depuis plus de 17 ans maintenant.

Avec les informations de The New York Times, Reuters, et AFP

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