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Le plan de conservation du parc national de Wood Buffalo critiqué

Vue d'oiseau sur un troupeau de bisons qui marche dans la neige.
Le bison des bois, que l'on retrouve dans le parc national de Wood Buffalo, est une espèce importante pour l'alimentation et la culture des communautés autochtones en Alberta. Photo: Gouvernement de l'Alberta
Radio-Canada

Des groupes autochtones et des Premières Nations craignent que le plan du gouvernement fédéral de réaménagement du parc national de Wood Buffalo ne soit pas suffisant pour l'empêcher d'être placé sur la liste du Patrimoine mondial en péril de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

« Si [ce plan] est la seule chose dont on dispose pour sauver le parc, c'est de mauvais augure », affirme Kecia Kerr, de la Société pour la nature et les parcs du Canada, un des groupes qui s’inquiètent des répercussions de l’empreinte humaine et du réchauffement climatique sur le parc national.

En 2014, la Première Nation Mikisew avait prévenu l’UNESCO que cet immense espace naturel était en péril. Une étude fédérale s’en était suivie et avait conclu que pratiquement chaque aspect de l’environnement du parc se détériore.

Le gouvernement a jusqu’à vendredi pour répondre aux préoccupations de l’UNESCO au sujet du parc et présenter un plan de conservation.

« Il y a beaucoup de choses qu’il dit qu’il va faire. Mais il n’y a pas d’échéanciers ni de financement. Sans ressources et sans échéanciers, ce ne sont que des mots sur du papier », déplore Melody Lepine, de la Première Nation Mikisew.

Une porte-parole d’Environnement Canada, Audrey Champagne, affirme que le brouillon du document a beaucoup changé depuis qu’il a été rendu public en novembre. Elle indique que le gouvernement a promis plus de 27,5 millions de dollars sur cinq ans pour préserver cet endroit.

« Cela démontre l’engagement du Canada à assurer l’avenir du site du Patrimoine mondial de l’UNESCO qu’est le parc National de Wood Buffalo, pour qu’il reste un endroit avec une valeur universelle exceptionnelle pour les générations à venir », écrit Audrey Champagne dans un communiqué, ajoutant que d’autres détails seront fournis dès que le plan d’action sera dévoilé officiellement.

Étudier les répercussions environnementales

Le parc national de Wood Buffalo est le foyer du plus grand delta d'eau douce boréale de la planète. Des oiseaux migratoires de plusieurs continents convergent chaque année sur ses 45 000 kilomètres carrés. Les Premières Nations de la région dépendent de cet endroit depuis des générations pour survivre.

Selon Melody Lepine, cette première ébauche du plan comporte tant de lacunes qu'aucune révision ne serait suffisante pour l’améliorer.

« Il y a plusieurs recommandations de [l’UNESCO] qui n’en font pas partie », dit-elle, comme celle d’évaluer les effets potentiels du Site C, un barrage hydroélectrique en Colombie-Britannique.

Le parc national Wood Buffalo.Le plus grand barrage des castors au monde se trouve dans le parc national Wood Buffalo, site du patrimoine mondial de l'UNESCO. Photo : Parcs Canada

Une grande partie du plan de conservation souligne des mesures qui existent déjà. Il suggère que le problème des résidus laissés par l’exploitation des sables bitumineux est géré adéquatement par les entreprises, qui doivent faire connaître leur stratégie à l’Office du régulateur de l’énergie de l’Alberta. Mais celui-ci a déjà soulevé des inquiétudes par rapport à ces stratégies.

Le plan promet aussi d’améliorer les consultations avec les Autochtones à travers un comité qui existe déjà, un groupe « dysfonctionnel », selon Melody Lepine.

« Nous ne sommes pas convaincus que ce sera un changement important, dit-elle. On est en train de préserver le statu quo. »

Mme Lepine se dit cependant en faveur de la proposition du plan d’imiter les inondations printanières avec de l’irrigation artificielle, afin de donner un coup de pouce aux lacs et aux ruisseaux du delta.

L’ébauche du plan de conservation d’Ottawa a été distribuée à 30 groupes autochtones et à au moins 13 entreprises de l’énergie et des groupes environnementaux, ainsi qu’au gouvernement de l’Alberta, de la Colombie-Britannique et des Territoires du Nord-Ouest.

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