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Carambolage sur l'A-40 : « Faut-il d'autres morts pour que le ministère prenne ses responsabilités? », demande un ex-coroner

Les explications de Pascal Robidas
Radio-Canada

Au lendemain d'un carambolage monstre sur l'autoroute 40 près de L'Assomption, dans Lanaudière, l'avocat et ancien coroner René Duval ne comprend pas que sa recommandation de planter des arbres dans le même secteur n'ait pas été suivie. Il avait préconisé cette mesure en 2006 après la mort de deux personnes dans un carambolage à peu près au même endroit.

« J’ai trouvé ça désolant de voir que rien n’avait été fait pour prévenir le phénomène météo qui explique les carambolages », a déploré M. Duval en entrevue à Radio-Canada.

« Dans ce secteur, l’autoroute 40 est bordée d’immenses champs agricoles, explique-t-il. Le vent s’engouffre et ça crée un phénomène appelé "mur blanc" en aviation. »

C’est-à-dire que, tout d’un coup, vous vous retrouvez dans le blanc, vous ne voyez pas et vous n’êtes pas en mesure de vous orienter.

L'ex-coroner René Duval

M. Duval avait recommandé en novembre 2006 que le ministère des Transports fasse planter des arbres, « généralement des conifères », en bordure de l’autoroute afin de ralentir les vents et de faire écran à la neige qu’ils soufflent. « C’est clair que ce rapport-là devrait être reconsidéré », estime le maire de L’Assomption, Sébastien Nadeau. « C’est la deuxième fois que ça se produit. Hier, on a été chanceux, il n’y a pas eu de mort. »

L'homme et sa fille assis sur un sofaSylvain Lafrenière et sa fille Daphnée sont morts à la suite d'un carambolage en 2006. Photo : Fournie par la famille

« Je trouve ça profondément malheureux que deux pertes de vie – c’est quand même quelque chose dans une même famille – n’aient pas provoqué une prise de conscience et qu’on n’ait pas posé de geste pour empêcher qu’une tragédie semblable se reproduise, poursuit le coroner. Tant mieux, hier – c’est un vrai miracle – il n’y a eu aucun blessé [grave], mais il y aurait pu y avoir des blessés et des morts. »

Lors du carambolage de dimanche, près de 150 véhicules ont été accidentés, mais il n’y a eu que des blessés légers : contusions, douleurs dorsales ou musculaires. Quelque 40 personnes ont été soignées directement sur place par les équipes médicales.

Ceux qui étaient à bord des véhicules ont été accueillis au centre communautaire de L'Assomption. « On a dû accueillir plusieurs rescapés de la route ici à L’Assomption », souligne le maire Nadeau.

Ce n’est pas le mur de Donald Trump à 5 milliards [de dollars] : il s’agit de planter des arbres. C’est à peu près la solution la moins onéreuse.

L'ex-coroner René Duval

M. Duval rappelle qu’un homme de 41 ans et sa fille ont perdu la vie dans les mêmes circonstances et au même endroit en février 2006. « Je ne sais pas s’il fallait d’autres décès, d’autres morts, pour qu’enfin le ministère des Transports prenne ses responsabilités. C’est un non-sens. »

« Des gestes sont à poser pour éviter que ça ne se reproduise une troisième fois », conclut le maire de L’Assomption.

Bonnardel promet d'agir

En entrevue à ICI RDI lundi après-midi, le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, a précisé qu'une haie brise-vent avait été plantée sur 500 mètres à l'endroit où s'était produit le carambolage de 2006, soit entre les kilomètres 115,5 et 116 de l'autoroute 40. L'accident de dimanche, lui, s'est produit au kilomètre 115,1.

« Je trouve déplorable qu'on ait pris cette décision juste pour répondre à la décision du coroner », a-t-il dit.

Il a précisé que des arbres seraient plantés l'été prochain aux endroits les plus dangereux d'un tronçon d'une longueur de 12 kilomètres situé entre l'autoroute 31 et la route 343 sur l'autoroute 40. Des panneaux indiquant la présence de vents violents seront aussi installés.

Le ministère des Transports fera également la recension de tous les endroits où ce type de condition est susceptible de se présenter.

M. Bonnardel a par ailleurs invité les conducteurs à faire preuve de prudence lorsque la météo est hasardeuse. « Si les gens n'adaptent pas leur vitesse à des conditions hivernales difficiles, il y aura des accidents, a-t-il prédit. Alors je leur dis : "Ralentissez!" »

Entrevue avec François Bonnardel

Accident de la route

Justice et faits divers