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Les influenceurs sous la loupe des autorités réglementaires canadiennes

Une femme se filme en train de tester des produits de beauté.
L'influenceur doit indiquer qu'il a reçu le produit gratuitement avec un mot-clic, comme #ad ou #publicité. Photo: Getty Images / AzmanJaka

Les influenceurs web qui publient du contenu commandité sur leur compte sans l'indiquer s'exposent à des amendes, et même à des peines de prison. L'organisme des Normes canadiennes de la publicité dit avoir reçu une cinquantaine de plaintes à ce sujet au Québec en deux ans.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

Le problème a forcé les membres de l'organisme réglementaire à rédiger des lignes directrices spécifiques aux influenceurs. Les règles s'appliquent aux blogues, réseaux sociaux et contenus vidéo.

« On se rend compte qu'il y a une grande amélioration grâce aux lignes directrices. Il y a eu une clarification des règles, mais il y a encore du travail à faire », dit la directrice aux communications, Danielle Lefrançois.

Si l'influenceur web a été payé, a reçu le produit gratuitement ou est en partenariat avec une marque, il doit le signaler, par exemple en accompagnant la publication des mots-clics #publicité, #ad ou #collaboration.

L'influenceuse web Ély Lemieux, elle, souhaite montrer l’exemple en indiquant sous chacune de ses publications Instagram qu’il s'agit d'un partenariat.

« C'est important d'être transparent. Ici au Québec, c'est vraiment dommage, parce qu'il y a des gens qui le font super bien. On est vraiment bien structurés. On doit mentionner que c’est une pub, que c’est un produit reçu, une invitation média. Mais il y en a d’autres qui s’en foutent un peu plus, ça passe dans le beurre. »

Elle estime que l'essentiel des influenceurs web au Québec respecte les règles.

Sur cette photo, une jeune influenceuse met bien en évidence une montre qui lui a été offerte.Agrandir l’imageSur cette photo, une jeune influenceuse met bien en évidence une montre qui lui a été offerte, mais elle n'indique pas qu'il s'agit d'une publicité grâce à des mots-clics autorisés. Photo : Instagram

Les contrevenants risquent gros. La Loi canadienne sur la concurrence interdit les publicités fausses ou trompeuses, ce qui inclut les publicités sur le web. Les personnalités adeptes de placement de produits doivent donc indiquer clairement la nature du lien avec l'entreprise ou la marque.

Les contrevenants s'exposent à des amendes pouvant aller jusqu'à 750 000 $, et même à une peine d’emprisonnement, précise le Bureau de la concurrence.

De plus en plus de pays ont les influenceurs à l'oeil. La semaine dernière, l'autorité de la concurrence britannique, la Competition and Markets Authority, a envoyé une mise en garde à des artistes afin de leur rappeler qu'ils pourraient écoper d’une peine de prison s'ils n'indiquent pas qu'ils ont été rémunérés.

En avril 2017, des célébrités américaines avaient reçu le même genre d'avertissements.

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