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  • Envoyé spécial
  • Le Venezuela en crise, la Colombie sur le qui-vive

    Les Vénézuéliens qui fuient leur pays arrivent épuisés sur le pont international Simon Bolivar, principale voie terrestre qui relie le Venezuela à la Colombie.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    La situation politique au Venezuela demeure tendue et des centaines de milliers de personnes quittent le pays vers la Colombie voisine au prix d'une marche de plusieurs centaines de kilomètres. Jean-Michel Leprince, notre envoyé spécial en Colombie, s'est rendu à la frontière près de la ville de Cucuta, dans le nord, et relate une ambiance électrique.

    Chaque soir, la frontière est fermée à partir de 20 h, malgré le flot continuel de réfugiés vénézuéliens épuisés qui arrivent par le pont international Simon-Bolivar, principale voie terrestre qui relie le Venezuela à la Colombie.

    Autrefois, la circulation y était libre et fluide, autant pour les voitures que pour les piétons. Mais ce n'est plus le cas, observe Jean-Michel Leprince.

    « Le centre du pont est bloqué. Les garde-frontières des deux côtés se regardent en chiens de faïence, rapporte-t-il. On a l’impression qu’on est un peu au Berlin de la guerre froide. »

    Sur les trois millions de Vénézuéliens qui ont quitté le pays depuis 2014, près de deux millions seraient en Colombie, répartis un peu partout à travers le territoire.

    Jean-Michel Leprince, envoyé spécial en Colombie

    Bogota a su gérer la situation jusque-là, fait-il remarquer. On ne relève pas d’incidents violents majeurs. Contrairement au Brésil et à l’Équateur, on a donné aux réfugiés vénézuéliens le droit au travail et l’accès aux services sociaux.

    « Ce n’est pas la première fois qu’il y a de la tension à la frontière […] le passage entre les deux pays a toujours été assez normal », indique Jean-Michel Leprince, qui connaît bien la région.

    Il relève toutefois que le pouvoir colombien a changé pour un gouvernement de droite, en juin dernier. À la tête du pays, Ivan Duque a déjà accusé le président Nicolas Maduro d'être à l'origine de la crise humanitaire qui frappe durement le Venezuela.

    Au sein du Groupe de Lima, une organisation qui rassemble 13 pays d'Amérique latine et le Canada, la Colombie fait figure de chef de file pur et dur contre le régime de Caracas. Bogota a clairement exprimé son soutien au président intérimaire autoproclamé, Juan Guaido, et réclamé des élections « dans les plus brefs délais [et] avec les garanties et normes internationales nécessaires à un processus démocratique ».

    Autre source de frictions : l’essentiel de la diaspora politique vénézuélienne se trouve en Colombie. Tous les leaders de l’opposition qui ont dû fuir le pays s’y sont réfugiés et continuent à travailler à partir de la Colombie contre le régime de Maduro. C'est notamment le cas de l'opposant et ex-président du parlement vénézuélien, Julio Borges, qui vit en exil en Colombie depuis février.

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