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Des proches d'une victime de la tuerie de la mosquée de Québec seront indemnisés

Khadija, la veuve d'Aboubaker Thabti est inconsolable depuis l'attaque du Centre culturel islamique de Québec, faisant six victimes.

Photo : Radio-Canada / Cathy Seney

David Rémillard

Après deux ans de combat face aux fonctionnaires du programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC), Khadija Thabti et ses deux enfants sont finalement considérés comme des victimes de la tuerie au Centre culturel islamique de Québec. Ils seront donc admissibles à une indemnisation.

La famille de trois a vécu la perte d'Aboubaker Thabti, père et mari, tombé sous les balles d'Alexandre Bissonnette, le 29 janvier 2017.

Le soir de l'attaque, Mme Thabti, sans nouvelles de son mari, s'est mise à sa recherche dans tous les hôpitaux de la ville. Ce n'est que le lendemain qu'elle a su pour son conjoint.

Malgré leurs symptômes post-traumatiques, les Thabti ont essuyé deux refus après des demandes d'indemnisation à l'IVAC, n'étant pas considérées comme des victimes directes.

« Il a fallu attendre deux ans. Deux ans de mépris, deux ans d'incompréhension, alors qu'à l'évidence, ces trois personnes-là sont des victimes au sens de la loi », a déploré dimanche leur avocat Marc Bellemare, en conférence de presse.

L'avocat Marc Bellemare, en compagnie de Khadija Thabti, veuve d'Aboubaker Thabti, et leur fils MohammedAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'avocat Marc Bellemare, en compagnie de Khadija Thabti, veuve d'Aboubaker Thabti, et son fils Mohamed

Photo : Radio-Canada / Camille Simard

Ce n'est que vendredi en fin d'après-midi que Me Bellemare a reçu une missive indiquant que la procureure générale du Québec, à savoir la ministre de la Justice Sonia Lebel, reconnaissait Mme Thabti, son fils et sa fille comme des victimes.

Se battre contre des machines gouvernementales, ce n'est jamais une partie de plaisir.

Marc Bellemare, avocat

« Si tu n'es pas victime, tu n'as droit à rien », a insisté Me Bellemare.

Indemnisations liées au statut de victime

  • Pertes de revenus après l'acte criminel (incapacité totale temporaire)
  • Traitements psychologiques, sans limite de temps
  • Une rente mensuelle à vie

Poids à porter

Mme Thabti dit toujours craindre de sortir seule, et affirme penser à la mosquée chaque fois qu'elle voit ou entend des sirènes de véhicules d'urgence.

Elle a cessé de travailler durant huit mois après la tuerie et travaille actuellement à temps partiel.

Son fils Mohammed, qui dit avoir croisé Alexandre Bissonnette quelques jours avant le drame, a aussi subi un choc post-traumatique.

Définition à changer

Selon Marc Bellemare, l'IVAC laisse « faussement croire » que, pour se qualifier comme victime, il faut avoir assisté à l'acte criminel.

« L'IVAC continue d'appliquer une notion très conservatrice de la définition de victime », a-t-il poursuivi.

Selon lui, la mention « à l'occasion » d'un crime, dans la loi, « n'implique pas de présence sur les lieux du crime, n'implique pas qu'on a été témoin visuel du crime ».

On peut avoir simplement imaginé le pire et avoir vécu un choc mental.

Marc Bellemare invite la ministre Sonia Lebel à réclamer de l'IVAC une modification de sa définition de victime, du moins sur son site Internet.

Plus que 48 h

Une demande d'indemnisation doit être envoyée à l'IVAC dans les deux ans suivants la perprétration d'un acte criminel, a rappelé Me Bellemare. La date limite est donc dans deux jours, le 29 janvier, dans le cas du crime commis au CCIQ.

L'avocat invite toutes les personnes qui se considèrent comme des victimes de l'attaque, à l'instar des Thabti, à se manifester.

« J'en appelle à toutes les victimes potentielles, de la communauté musulmane, particulièrement. Ceux et celles qui ont été confrontés à la scène de crime [...] et qui ont vécu un choc mental, elles se qualifient comme victime. »

Me Bellemare s'est engagé à traiter leurs dossiers gratuitement.

Outre les Thabti, Marc Bellemare s'occupe déjà des dossiers de sept autres familles actuellement et en sont « à différentes étapes ». « Le dénominateur commun, c’est une confrontation à la scène de crime à la recherche désespérée d’un proche. »

Avec les informations de Camille Simard

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Justice et faits divers