•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le pape et la communauté musulmane condamnent l’attentat contre une église philippine

Des militaires sont debout dans les débris à l'entrée d'une église dont les portes ont été détruites lors de l'explosion d'une bombe.

Des militaires observent l'entrée de l'église où est survenue l'explosion.

Photo : Getty Images / Nickee Butlangan

Agence France-Presse

Le pape François et le secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique, Yousef Al-Othaimeen, ont condamné l'attentat à la bombe contre une église catholique aux Philippines dont le bilan grimpe à 20 morts et 81 blessés.

En visite au Panama, le souverain pontife a condamné l’attaque, invitant les auteurs à « changer leurs manières de faire » et a espéré une meilleure cohabitation entre musulmans et catholiques aux Philippines.

De son côté, M. Al-Othaimeen a fait valoir son « indignation profonde » face aux deux explosions qui ont eu lieu lors d’une messe dans la ville de Jolo, sur l’île du même nom, au sud de l’archipel.

Au total, 20 personnes ont perdu la vie alors que la première bombe a explosé à l’intérieur de la cathédrale de Notre-Dame du Mont-Carmel et qu’une deuxième explosion s’est produite peu de temps après dans le stationnement, à l’arrivée de militaires.

« Nous poursuivrons jusqu'au bout du monde les cruels auteurs de ce crime ignoble jusqu'à ce que chacun des tueurs soit amené devant la justice et mis derrière les barreaux, a déclaré dans un communiqué un porte-parole du président Rodrigo Duterte. La loi sera sans pitié pour eux. »

Les principaux suspects demeurent les membres du groupe islamiste Abou Sayyaf, l’attaque étant survenue deux jours après l'approbation massive, lors d'un référendum lundi dernier, de la création dans le sud de l'archipel de la région autonome de Bangsamoro, dans le cadre du processus de paix avec l'insurrection musulmane.

Quand vous parlez de terrorisme dans la province de Sulu, le premier suspect est toujours Abou Sayyaf, mais nous ne pouvons exclure la possibilité d'autres responsables.

Le lieutenant-colonel Gerry Besana
Des militaires armés se promènent sur une route, à la nuit tombée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jolo fait partie de la région autonome Bangsamoro, dont la création vient d'être plébiscitée lors d'un référendum. (Archives, 20 janvier 2018)

Photo : Getty Images / Jes Aznar

Récent référendum

L’île de Jolo est une place forte d’Abou Sayyaf, regroupement extrémiste issu du mouvement séparatiste musulman. En 2004, il avait fait la manchette en étant accusé d’être à l’origine d’un attentat ayant fait 100 morts sur un traversier.

Depuis les années 1970, des musulmans mènent une campagne armée pour obtenir l’indépendance du sud des Philippines et 150 000 personnes sont mortes lors de ce conflit.

Lors d’un accord de paix signé en 2014 avec le principal groupe rebelle, le Front Moro islamique de libération (FMIL), il avait été conclu que les habitants de la grande île de Mindanao et des îles de l’extrême sud-ouest pourraient se prononcer sur la création d’une nouvelle région autonome nommée Bangsamoro.

Or, le processus de paix n’incluait pas Abou Sayyaf, et la province de Sulu, où se trouve l’île de Jolo, a globalement voté contre la création de la nouvelle région.

« La paix doit l'emporter sur la guerre », a déclaré de son côté le conseiller à la sécurité nationale Hermogenes Esperon, qui a attribué l'attentat à des « criminels extrémistes ».

« Nous ne les laisserons pas gâcher l'aspiration à la paix de la population », a-t-il dit.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Terrorisme

International