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Les « superinfirmières » encore sous-utilisées, malgré leur efficacité

une superinfirmière ausculte une patiente
La loi québécoise limite les actes que peuvent poser les infirmières praticiennes spécialisées, tandis qu'ailleurs dans le pays, elles peuvent poser un diagnostic. Photo: Radio-Canada

Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) déplorent le fait qu'elles ne soient pas assez sollicitées à cause des restrictions que leur impose la loi. Pourtant, malgré leur petit nombre, elles permettent déjà de désengorger le système de santé québécois.

Les résultats du projet pilote lancé en avril 2017 par le gouvernement du Québec pour faire plus de place aux « superinfirmières » sont probants, du moins si on se fie aux exemples du groupe de médecine de famille (GMF) de Saint-Vallier, à Québec, ou encore de celui des Basses-Laurentides, à Saint-Jérôme.

Le nombre de patients a par exemple augmenté de 30 % depuis l’arrivée des infirmières praticiennes spécialisées au GMF Saint-Vallier. « La présence des IPS nous permet de consacrer du temps à des cas plus complexes, plus lourds, tout en restant disponible si les praticiennes ont besoin de nous », explique le Dr André Fréchette.

Dr FréchetteLe Dr Fréchette assure que la présence dans sa clinique des superinfirmières lui a permis de se dégager du temps pour d'autres cas plus lourds. Photo : Radio-Canada

« La majorité [de nos patients] ont des problèmes de santé qui cadrent dans les limites de notre pratique. Nous pouvons assurer le suivi de manière autonome », confirme l’IPS Valérie Huot.

Limitées par la loi

Les limites de la pratique des IPS dont parle Mme Huot sont fixées par une loi québécoise. Ailleurs au Canada, les IPS peuvent poser un diagnostic, alors qu'au Québec, cet acte est réservé aux médecins.

Pourtant, dans certaines situations, les IPS pourraient le faire grâce à leur maîtrise en sciences infirmières ainsi qu'à leur diplôme d’études supérieures spécialisées, affirme Christine Laliberté, présidente de l’Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec.

« Au niveau des problèmes de santé chronique, on peut amorcer un traitement. Selon le règlement, on devrait en informer le médecin partenaire, puis le patient devrait voir un médecin dans un délai de 30 jours », explique-t-elle. Si les IPS avaient des prérogatives élargies, cette visite qui « embourbe le système » ne serait pas nécessaire.

« Je pourrais faire le parallèle avec les infirmières en GMF. Il y a à peu près 15 ans, quand ça a été introduit dans le réseau de la santé, il y avait des réticences de certains médecins par rapport à la venue des infirmières. Avec le temps, ils se sont habitués », plaide de son côté Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Il y a actuellement 460 IPS au Québec. Le gouvernement Couillard s’était fixé l’objectif de porter ce chiffre à 2000 d’ici 2024-2025.

Avec les informations de Marie-Laurence Delainey

Établissement de santé

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