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Une vingtaine de soldats canadiens subissent des engelures lors d'un entraînement

Des soldats marchent dans la forêt avec leurs équipements.

Les soldats sont partis jeudi matin et sont revenus vendredi.

Photo : corporal jeff smith / Master Corporal Jeff Smith

Radio-Canada

Une vingtaine de soldats des Forces armées canadiennes ont subi des engelures, dont certaines ont nécessité une hospitalisation, à la suite d'un entrainement militaire à Petawawa par temps de froid extrême.

Le 17 janvier dernier, 120 soldats de l'Unité d'intervention immédiate (UII) ont participé à un entraînement de base en survie hivernale alors qu'il faisait -31 degrés Celcius.

Les soldats ont entre autres parfait leurs connaissances pour établir un campement d'hiver. Ils sont partis en matinée jeudi pour une marche de 12 kilomètres et sont revenus le lendemain après avoir passé la nuit dehors.

Le major Kevin Wong faisait partie des soldats qui ont reçu un préavis quelques heures avant de devoir se rendre à Petawawa. On fait ça plus d'une fois par année , a indiqué M. Wong en entrevue, précisant du même coup que ces entrainements sont toujours planifiés dans les moindres détails.

Kevin Wong en entrevue devant un véhicule des Forces armées canadiennes.

Kevin Wong raconte son expérience à l'entrainement de base en survie hivernale à Petawawa.

Photo : Radio-Canada

Cette fois-ci, toutefois, le froid a joué des tours aux soldats. Vingt d'entre eux ont rapporté des engelures ou une hypothermie mineure alors qu'un très petit nombre d'entre eux ont dû être hospitalisés pour des blessures plus sérieuses liées au froid, a confirmé le capitaine Daniel Mazurek, dans un échange courriel avec Radio-Canada.

Le capitaine Mazurek a souligné que du personnel médical et trois ambulances avaient été prévus en cas de besoin. Il a aussi mentionné que les engelures ont été traitées immédiatement et qu'on était prêt à retirer des soldats si leurs blessures étaient sérieuses.

Par ailleurs, aucune amputation n'a été nécessaire et les soldats hospitalisés sont tous retournés chez eux ou au travail, a confirmé M. Mazurek.

Avec le recul, le Major Wong affirme que c'était un exercice exigeant en raison du froid et qu'une réflexion s'impose. Selon lui, il y a toujours un moyen d'améliorer les entrainements.

La meilleure façon de s'améliorer en hiver, c'est de faire plus d'exercices de ce genre.

Kevin Wong, Major
Les soldats préparent leurs équipements avant de quitter.

L'équipement dont les soldats auront besoin pour leur entrainement de base en survie hivernale.

Photo : corporal jeff smith / Master Corporal Jeff Smith

Le capitaine Mazurek maintient pour sa part que ce type d'exercice, bien que difficile, est nécessaire, puisque les soldats de l'Unité d'intervention immédiate doivent être prêts à être déployés dans ce genre de conditions.

Notre travail est de protéger les Canadiens, peu importe l'environnement ou la situation. Pour nous préparer pour cette incroyable responsabilité, nous devons accepter certains risques, a affirmé le capitaine Mazurek.

De la négligence, croit un ancien colonel

Michel Drapeau explique son point de vue devant la bibliothèque de son bureau.

Michel Drapeau croit que les soldats ont été exposés à un trop grand risque d'engelure.

Photo : Radio-Canada

Le colonel à la retraite Michel Drapeau, avocat de formation, n'est pas du même avis. Il n'a pas hésité à employer le terme négligence totale en parlant des hauts gradés responsables des troupes.

C'est un manque de leadership sérieux et on ne devrait pas placer nos jeunes à risque de cette façon-là.

Michel Drapeau, colonel à la retraite et avocat de formation

Pour avoir lui-même mené d'anciens camarades à des températures encore plus froides, Me Drapeau concède que les troupes canadiennes doivent être prêtes à se déployer, à opérer, à survivre dans les climats arctiques, d'où l'importance de s'entrainer dans des conditions similaires.

Les militaires canadiens sont entraînés pour ce genre d'exercices et sont bien mieux équipés que l'ensemble de la population, mais parfois, les commandants veulent pousser leurs troupes, a-t-il expliqué en entrevue.La ligne est mince entre pousser ses soldats [...] et abuser de son pouvoir de commandant.

Le major à la retraite Richard Blanchette, aussi président du comité Défense et sécurité de la Légion royale canadienne, admet que les blessures subies par les militaires lors de cet exercice ne sont pas « normales ».

Ceci dit, cela peut arriver si les conditions sont extrêmement difficiles ou si les pièces d'équipement ne convenaient pas à la situation donnée, a-t-il jugé.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Ottawa-Gatineau

Défense nationale