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Vêtements sexistes au Temple de la renommée du hockey

Montage photo avec des vêtements pour nouveau-né.

Les vêtements pour nouveau-né créés par la Ligue nationale de hockey n'ont pas la même inscription ni la même couleur, selon le sexe auquel ils sont destinés.

Photo : Radio-Canada

Mathieu Simard

Des vêtements pour nouveau-né, vendus à la boutique du Temple de la renommée du hockey à Toronto, créent le malaise en raison de leur caractère sexiste. Les pyjamas genrés semblent renforcer des clichés largement répandus : le modèle bleu vante le potentiel athlétique du bébé, mais celui de couleur rose ne s'attarde qu'à l'apparence.

Les pyjamas en question sont disponibles jusqu'à la grandeur neuf mois et sont destinés aux fans des Maple Leafs. L'ensemble rose, visiblement destiné aux petites filles, arbore l'inscription cutie qu'on pourrait traduire par mignonne. L'ensemble est accompagné d'un pantalon et d'un tutu roses. Sur la version bleue, on peut lire l'inscription future légende du hockey. L'ensemble bleu est aussi plus fonctionnel, puisqu'il est accompagné d'un bonnet.

Un ensemble pour enfant de couleur rose. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le modèle rose est accompagné d'un pantalon avec tutu intégré.

Photo : Radio-Canada

Il est à noter que les prix de vente sont différents : le modèle rose coûte 24,95 $ tandis que le bleu est à 22,95 $, une différence de deux dollars.

Façade de la boutique du Temple de la renommée du hockey. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La boutique du Temple de la renommée du hockey à Toronto vend toutes sortes de produits dérivés des équipes de la LNH.

Photo : Radio-Canada

Le Temple de la renommée du hockey a refusé notre demande d'entrevue. Dans une déclaration laconique, la porte-parole Kelly Masse indique n'avoir reçu aucune plainte concernant ces produits. Mme Kelly précise qu'il s'agit de produits dérivés de la Ligue nationale de hockey destinés aux bébés. Les produits sont distribués à travers le Canada par Outerstuff, une société soeur du géant Reebok.

Décevant et frustrant

La plupart des hockeyeuses des Furies, l'équipe professionnelle féminine de Toronto, se sont souvent heurtées à ces stéréotypes omniprésents dans l'univers sportif. Sur la glace du centre MasterCard à Toronto, à la veille de leur départ pour la Chine, où elles doivent affronter les KRS Vanke Rays de Shenzhen, les joueuses ont été unanimes : si elles sont déçues par la maladresse vestimentaire, elles n'en sont toutefois pas étonnées.

Ce n'est pas surprenant, mais à un moment donné, j'aimerais voir plus de changement, explique Carolyne Prévost, qui en est à sa septième saison dans la Ligue canadienne de hockey féminin (CWHL). En plus de sa carrière sur la glace, l'athlète originaire de Sarnia est enseignante au secondaire, où elle est devenue un modèle pour les jeunes filles. Comme enseignante, le message que j'envoie aux filles c'est d'être forte, d'avoir de la confiance en soi et de briser vraiment ces stéréotypes-là. Donc de voir du linge qui représente les clichés chez les femmes, c'est frustrant.

La hockeyeuse ontarienne Carolyne Prévost devant une patinoire. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'Ontarienne Carolyne Prévost évolue dans la Ligne canadienne de hockey féminin depuis sept ans.

Photo : Radio-Canada

Ce n'est pas surprenant, mais à un moment donné, j'aimerais voir plus de changements.

Carolyne Prévost, hockeyeuse professionnelle

La gérante de l'équipe et médaillée olympique, Sami Jo Small, croit pour sa part que cette problématique des vêtements genrés est le reflet des iniquités hommes femmes qui persistent au hockey. Il y a beaucoup de personnes à Toronto qui ne savent pas qu'on a une équipe professionnelle de filles [...] C'est vraiment à nous de faire une différence et de changer ça, lance-t-elle.

Le Temple de la renommée du hockey n'est plus un club sélect réservé aux hommes. Six femmes y ont été intronisées, donc l'actuelle commissaire de la CWHL Jayne Hefford, qui a reçu l'honneur en novembre dernier.

Cette mixité devrait aussi se refléter dans la boutique, selon les joueuses. On devrait avoir des vêtements en bleu et en rose qui disent la même chose, propose plutôt Sami Jo Small.

Une petite fille et un petit gars devraient avoir des espoirs et des rêves dans le hockey, peu importe qu'ils soient une fille ou un garçon.

Sami Jo Small, médaillée olympique et gérante des Furies
Sami Jo Small devant une patinoire. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La gérante des Furies, Sami Jo Small, n'est pas surprise que des vêtements de hockey sexistes soient encore vendus en 2019.

Photo : Radio-Canada

Sami Jo Small sait cependant que la réalité est tout autre. La dominance du rose lors des séances de magasinage avec sa fille de trois ans la décourage souvent. Ses visites dans les boutiques pour enfants se soldent souvent par un sentiment d'incompréhension.

La défenseure Shannon Moulson-Nap est du même avis : C'est rose contre bleu, pourquoi une fille ne peut-elle pas être une superstar de hockey. Pourquoi doit-elle porter une petite jupe. Je ne comprends pas pourquoi, explique celle qui porte le numéro 23.

Le prochain match à domicile des Furies aura lieu le 13 février.

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