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Pénurie de familles d’accueil francophones dans le sud de l’Ontario

Un enfant de dos
Les sociétés d'aide à l'enfance recherchent des familles d'accueil de différentes communautés linguistiques et culturelles. Photo: iStock
Marie-Hélène Ratel

Le recrutement de familles d'accueil est tout un défi au pays et il devient d'autant plus difficile du côté des minorités linguistiques et culturelles. Des sociétés d'aide à l'enfance en banlieue de Toronto ont peu, ou pas, de parents qui s'expriment couramment en français, et les efforts de recrutement se multiplient.

Dans la région de Durham, aucune des 106 familles d'accueil existantes ne se considère comme parfaitement bilingue, malgré le fait que de plus en plus de francophones s'y établissent.

Le constat est similaire dans la région de York, où l’on ne compte aucune famille d’accueil francophone actuellement.

Par conséquent, des enfants francophones se retrouvent parfois dans des familles anglophones, tant et aussi longtemps que le jeune peut communiquer aisément dans son environnement.

Si c’est un enfant qui ne parle pas anglais du tout, on peut faire une demande à d’autres agences. Mais c’est toujours mieux que l’enfant reste dans sa région.

Nancy Lessard, travailleuse sociale, Société d'aide à l'enfance de Durham
Portrait de la travailleuse sociale Nancy LessardLa travailleuse sociale Nancy Lessard de la Société d'aide à l'enfance de Durham Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Dans les régions de Simcoe et de Muskoka, le problème existe également. Bien qu’il y ait quelques familles bilingues sur le territoire, les ressources sont limitées.

Malheureusement, ces temps-ci, si on a de jeunes francophones, on est obligé de les placer dans des familles anglophones.

Catherine Morin, porte-parole, Connexions Familiales de Simcoe Muskoka

L’organisme Connexions Familiales de Simcoe Muskoka reconnaît que l’une de ses priorités cette année est de multiplier les efforts de recrutement en français.

Les défis du recrutement

Le groupe militant pour la protection des enfants Child Welfare PAC remarque un manque flagrant de familles issues de minorités linguistiques et culturelles, partout au pays.

Selon sa fondatrice, Jane Kovarikova, il est difficile de bâtir des relations avec les minorités. Elle ajoute que les sociétés d'aide à l'enfance doivent faire preuve de créativité pour tisser des liens avec les différentes communautés culturelles et linguistiques.

Elle-même a été élevée en famille d’accueil. Originaire de l’ex-Tchécoslovaquie, elle s’est retrouvée dans une famille anglophone à l’âge de 6 ans, alors qu’elle avait de la difficulté à s’exprimer en anglais.

Mme Kovarikova croit que l’une des solutions au défi du recrutement serait d’approcher les gens qui, comme elle, connaissent déjà le système.

C’est si important que les sociétés d’aide à l’enfance commencent à considérer certaines personnes qui ont été élevées dans le système comme de potentiels, et excellents, parents d’accueil.

Jane Kovarikova, fondatrice, Child Welfare PAC

Être encadré en français

Si des familles francophones sont recrutées, encore faut-il pouvoir les encadrer en français. Il s’agit d’un enjeu que soulève la Société d’aide à l’enfance de la région de York.

Depuis la désignation de Markham en tant que ville bilingue, qui est officiellement entrée en vigueur le 1er juillet 2018, l’organisme est tenu d'offrir des services dans les deux langues officielles, en vertu de la Loi sur les services en français.

Des employés bilingues doivent encore être embauchés. Pour le moment, toute la formation et l’accompagnement de familles d’accueil s’effectuent en anglais

Aujourd’hui, si quelqu’un [qui parle seulement français] nous approchait et souhaitait devenir famille d’accueil, nous aurions besoin d’un interprète. Ça ne serait pas un processus aussi simple que si nous avions un employé qui parle français, explique la superviseuse Lori Ireland Mills, qui encourage tout de même les francophones à montrer leur intérêt.

Affiche de la Société d'aide à l'enfance de Durham à l'extérieur.La Société d'aide à l'enfance de Durham tient chaque année une campagne de recrutement de familles d'accueil. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Séances d’information

Les difficultés liées au recrutement en général sont reconnues par les différentes sociétés d’aide à l’enfance.

Dans Durham, une série de séances d’information a été lancée la semaine dernière dans le but de recruter une vingtaine de nouveaux candidats cette année. La prochaine rencontre se tiendra ce mercredi à la bibliothèque municipale de Pickering, à 19 h.

Connexions Familiales de Simcoe Muskoka organise régulièrement des séances similaires. La prochaine aura lieu ce lundi, à 18 h 30, dans ses bureaux de Barrie.

Ces activités se déroulent principalement en anglais.

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