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Un expert de la sécurité ferroviaire demande des mesures après le déraillement de Saskatoon

Une vue aérienne de wagons qui bloquent une autoroute.

L'impressionnant accident de mardi près de Saskatoon concernait un train d'environ 30 wagons et n'a pas fait de blessés.

Photo : SPS Air Support Unit

Radio-Canada

Un expert en sécurité ferroviaire, Stephen Callaghan, estime que le gouvernement de la Saskatchewan et le Canadien National (CN) devraient « procéder à une évaluation complète des risques au sujet des passages à niveau » et notamment de celui où a eu lieu l'accident de mardi, lorsqu'un train du CN a déraillé et a pris feu juste au nord de Saskatoon.

Stephen Callaghan, qui a travaillé sur la catastrophe de Lac-Mégantic, au Québec, estime que le conducteur du train a bien réagi. « Les conducteurs du véhicule respectaient pleinement la signalisation et la ligne d'arrêt », explique-t-il.

« [La province et le CN] devraient réévaluer les critères actuels de sécurité de ce passage à niveau », ajoute l’expert.

Le train du CN victime du déraillement passe sur les deux voies parallèles de l'autoroute 11.

Les wagons du train barrent la route 11 à plusieurs voitures, de la fumée s'échappe de ces wagons cabossés.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plusieurs automobilistes ont dû mettre les freins sur l’autoroute 11 en raison du déraillement de train.

Photo : Tyler Stewart

Or, un spécialiste du Fonds mondial du patrimoine ferroviaire, Denis Allard, souligne que les croisements des routes avec les lignes ferroviaires sont particulièrement dangereux en hiver.

« Tant qu'il va y avoir des routes, et particulièrement des autoroutes, qui croisent les passages à niveau, il va se former de la glace », explique Denis Allard. « Alors, peu importe si les wagons sont chargés ou non, dès qu'il y a de la glace sur un passage à niveau, il y aura toujours la possibilité qu'un wagon déraille. »

Plusieurs explications possibles

De son côté, Gordon Lovegrove, professeur en ingénierie à l'Université de la Colombie-Britannique, estime qu'il est possible que l'accident ait été causé par un problème de roue ou d'essieu.

« Si l'une des roues a des problèmes, cela se répercute sur tout le wagon. Une fois que le wagon est arrêté, la locomotive et l’ensemble du train s'arrêtent, car tout est attaché ensemble », explique le professeur.

Une question de financement

Denis Allard déplore un manque de financement important de la part du gouvernement fédéral, notamment dans le cadre du Programme d'amélioration de la sécurité ferroviaire, qui fournit du financement de subventions et de contributions pour améliorer la sécurité ferroviaire et réduire les blessures et les décès liés au transport ferroviaire.

« Ça fait 51 ans qu'on exploite des trains rapides, explique-t-il. Et on n'a pas encore mis un sou dans les voies réservées aux trains à grande vitesse. C'est pareil pour les ponts, les structures, et l'élimination des passages à niveau. »

Selon M. Allard, la Ville de Saskatoon et la province sont en position de force pour négocier avec Ottawa afin de demander une étude sur l’élimination des passages à niveau. La province souhaiterait aussi plus de financement de la part du gouvernement fédéral.

Pour l'instant, l'enquête du Bureau de la sécurité des transports (BST) est toujours en cours.

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Saskatchewan

Déraillement de train