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La rupture d'un barrage minier au Brésil fait 9 morts et 300 disparus

Vue aérienne du terrain inondé; des gens observent l'étendue des dégâts.

Une véritable marée de boue de couleur marron aux reflets grisâtres a recouvert d'immenses surfaces de végétation et détruit des maisons.

Photo : Reuters / Washington Alves

Agence France-Presse

La rupture d'un barrage du géant minier Vale a tué au moins neuf personnes au Brésil et le bilan pourrait considérablement s'alourdir : 300 personnes sont encore disparues, avec des « chances minimes » de retrouver des survivants, selon les autorités, qui ont revu à la hausse leur bilan.

Un précédent bilan provisoire faisait état de sept morts et près de 150 personnes portées disparues.

« Nous avons neuf personnes décédées. Nos données nous indiquent qu'il y a environ 300 disparus », a déclaré un porte-parole des pompiers.

« La police, les pompiers et les militaires ont tout fait pour tenter de secourir d'éventuels survivants, mais nous savons qu'à partir de maintenant les chances sont minimes et nous ne trouverons probablement que des corps », avait déclaré auparavant à la presse Romeu Zema, gouverneur de l'État de Minas Gerais, où une tragédie similaire avait fait 19 morts en 2015.

Les autorités locales ont précisé que 270 des 427 personnes qui se trouvaient sur le site de Vale avaient été retrouvées en vie.

La rupture d'un barrage du complexe minier de Córrego do Feijão, qui en compte trois au total, a eu lieu en début d'après-midi à Brumadinho, commune de 39 000 habitants située à 60 km au sud-ouest de Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais.

Une véritable marée de boue de couleur marron aux reflets grisâtres recouvrait d'immenses surfaces de végétation, et de nombreuses maisons ont été détruites, a constaté un photographe de l'AFP qui a survolé la zone.

« La plupart des personnes touchées sont nos employés », a affirmé le PDG de Vale, Fabio Schvartsman, lors d'une conférence de presse.

« Nous ne connaissons pas encore le bilan [final] des victimes, mais nous savons qu'il sera élevé », a-t-il ajouté. Il a précisé que la cantine avait été engloutie par la coulée de boue à l'heure du déjeuner.

« La tragédie environnementale devrait être moindre que celle de 2015, mais la tragédie humaine bien plus importante », a conclu le dirigeant, dont l'entreprise était également impliquée dans le drame d'il y a trois ans et deux mois.

Les secouristes fouillent le site complètement englouti dans la boue, à la recherche de survivants.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

D'après la brigade des pompiers de Belo Horizonte, plusieurs centaines de personnes ont été surprises par la coulée de boue libérée par le barrage.

Photo : Reuters / Washington Alves

Les actions de Vale ont chuté de plus de 8 % à la clôture de la Bourse de New York, après avoir plongé dans un premier temps de plus de 11 % à l'annonce de cette nouvelle tragédie.

Le site internet d'informations G1 a affirmé que la Justice du Minas Gerais avait ordonné de bloquer des comptes bancaires totalisant un milliard de reals (350 millions de dollars) en prévision de l'indemnisation des victimes.

À Brumadinho, de nombreux proches de salariés de la mine attendaient des nouvelles avec anxiété et ne cachaient pas leur révolte face au peu d'informations obtenues auprès des autorités.

« Ils ne veulent rien dire! Ce sont nos fils, nos maris, et personne ne dit rien. Mon neveu de cinq ans m'a demandé si son père était mort. Qu'est-ce que je vais lui dire? », a déclaré à l'AFP Olivia Rios.

Selon le gouvernement du Minas Gerais, une centaine de pompiers a été mobilisée et plusieurs dizaines hélicoptères ont été utilisés pour les secours. L'un d’eux apparaît dans une vidéo hissant une femme semblant blessée, tandis que deux personnes étaient enlisées dans la boue jusqu'à la taille.

Le président Jair Bolsonaro a affirmé qu'il se rendrait au Minas Gerais samedi pour survoler la zone du désastre dans la matinée.

« Nous allons constater les dégâts pour prendre toutes les mesures nécessaires pour atténuer la souffrance des familles de possibles victimes, ainsi que les problèmes environnementaux », a affirmé le chef de l'État lors d'un point presse depuis Brasilia.

Une vue aérienne d’un pont effondré après une inondation déclenchée par l'effondrement d'un barrage près de Brumadinho, au Brésil, le vendredi 25 janvier 2019. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les autorités locales ont précisé que 270 des 427 personnes qui se trouvaient sur le site de Vale avaient été retrouvées en vie.

Photo : Associated Press / Bruno Correia

À une quinzaine de kilomètres du barrage, le site d'Inhotim, plus grand musée à ciel ouvert du monde avec sa collection d'art contemporain, a été évacué « par précaution ». Ce haut lieu du tourisme brésilien accueille environ 35 000 visiteurs par mois.

En novembre 2015, la rupture du barrage de Samarco, une copropriété de Vale et du groupe anglo-australien BHP, avait fait 19 morts et provoqué un drame écologique sans précédent au Brésil, près de Mariana, à environ 150 km de Belo Horizonte.

« C'est incroyable que trois ans et deux mois après Mariana, un autre accident avec les mêmes caractéristiques ait lieu dans la même région », s'est insurgée Greenpeace dans un communiqué.

À l'époque, des centaines de kilomètres carrés avaient été submergés par un tsunami de boue, qui avait traversé deux États brésiliens et s'était répandu sur 650 kilomètres jusqu'à l'océan Atlantique à travers le lit du fleuve Rio Doce, l'un des plus importants du Brésil.

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