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Un mineur accusé de terrorisme à Kingston

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Le surintendant Peter Lambertucci, responsable de l'équipe de la sécurité nationale à la GRC, en compagnie du surintendant principal Michael LeSage et de la chef de police de Kingston Antje McNeely.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des accusations liées au terrorisme ont été déposées contre l'un des deux suspects arrêtés jeudi à Kingston, en Ontario, a annoncé vendredi la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il s'agit d'un mineur qui ne peut être identifié. Le second suspect a été relâché après avoir été arrêté et interrogé.

L'adolescent arrêté devra répondre à des accusations d'avoir « facilité sciemment une activité terroriste » et d'avoir « conseillé à une personne de livrer, poser, faire exploser ou détoner un engin explosif ou un autre engin meurtrier dans ou contre un lieu public, dans l'intention de provoquer la mort ou des dommages corporels graves ».

Il a brièvement comparu devant un juge vendredi après-midi, en présence de membres de sa famille. Il restera incarcéré pendant la fin de semaine et reviendra en cour lundi, à 14 h.

Aucun engin explosif n'a toutefois été confectionné, au bout du compte, a indiqué en conférence de presse le surintendant Peter Lambertucci, l'officier responsable de l'Équipe intégrée de la sécurité nationale (EISN). Une substance qui aurait pu permettre d'en fabriquer a cependant été découverte et neutralisée.

« C'était un complot pour une attaque, qui était substantiel et crédible. Toutefois, il n'y avait aucune indication quant à l'endroit où l'attaque aurait eu lieu. »

— Une citation de  Peter Lambertucci, officier responsable de l'EISN

Aucune date de l'attaque n'avait été arrêtée non plus, selon le surintendant Lambertucci, qui n'a pas voulu commenter les motivations pouvant expliquer l'attaque.

Une enquête ouverte après un renseignement du FBI

La GRC a lancé son enquête sur les deux hommes en décembre, après avoir reçu des informations crédibles du FBI, la police fédérale américaine. Un total de 300 agents de la GRC ou d'autres corps policiers ont participé à l'enquête.

Cela inclut des agents de la police provinciale de l'Ontario, de la police de Kingston ainsi que des agents du Service canadien du renseignement de sécurité, de l'Agence des services frontaliers du Canada et du Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada.

La police fédérale a également confirmé qu'elle avait utilisé un avion de surveillance pour survoler Kingston dans le cadre de son enquête. Le bruit de l'appareil a incommodé des résidents de Kingston pendant des semaines.

« Je tiens à rassurer les citoyens de la région de Kingston et la population de tout le pays qu'au long de l'enquête, notre préoccupation première a été leur sécurité et leur protection. »

— Une citation de  Michael LeSage, surintendant de la GRC

Le surintendant Lambertucci est demeuré avare de détails sur les liens unissant les deux individus arrêtés, se contentant d'évoquer une « amitié informelle ».

Trudeau et Goodale demeurent circonspects

Le premier ministre canadien Justin Trudeau n'a pas directement commenté l'affaire. Il a salué le « travail extraordinaire des policiers » et s'est félicité de ce que le Canada soit « une nation parmi les plus sûres de la planète ».

Le ministre canadien de la Sécurité publique, Ralph Goodale, n'a pas voulu se prononcer sur cet événement au terme d'une rencontre sur la gestion des urgences avec ses homologues provinciaux et territoriaux. Il s'est contenté de dire que la situation avait été maîtrisée grâce au travail de la GRC et de différents partenaires.

M. Goodale avait mentionné jeudi soir que le niveau de menace terroriste au pays demeurait « modéré », comme c'est le cas depuis octobre 2014. Cela indique qu'un attentat terroriste violent « pourrait survenir ».

D'après l'expert en sécurité Michel Juneau-Katsuya, du groupe Northgate, cela signifie que les suspects ont probablement agi de leur propre chef, qu'ils n'avaient pas de réseau.

Pour lui, l'implication du FBI dans cette enquête n'est pas sans rappeler le cas d'un autre Ontarien, Aaron Driver, qui avait été arrêté pour terrorisme en 2016 grâce à des renseignements fournis par les autorités américaines.

Le 2e suspect libéré

L'homme qui a été arrêté sans être formellement accusé est un étudiant de 20 ans d'origine syrienne, a confirmé son père à CBC, tout en clamant l'innocence de son fils. Il a été relâché après avoir été interrogé par la police, qui n'a pas porté des accusations contre lui.

Les renseignements obtenus par CBC indiquent que le jeune homme tentait de terminer son diplôme d'études secondaires.

Son père a raconté au réseau anglais de Radio-Canada que la famille, originaire de Syrie, avait vécu au Koweït de 2008 à 2017 avant d'immigrer au Canada.

Selon CBC, la famille est arrivée au Canada en 2017 grâce au programme fédéral pour les réfugiés, après avoir été parrainée par un groupe d'églises de la région de Kingston.

Chantel Cole, une étudiante qui habite à quelques pas de l'un des deux domiciles fouillés par la police, affirme qu'il s'agit d'un quartier tranquille et qu'elle n'a jamais eu de craintes quant à sa sécurité.

C'est très épeurant [d'entendre ça], lance le résident Aaron Miller. On ne s'attendrait pas à ça dans une petite ville comme Kingston.

Scheer s'empare de l'affaire

Dans un communiqué, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a salué le travail de la GRC dans ce dossier. Il a accusé par la même occasion le gouvernement Trudeau et a ajouté qu'il continuera de se battre contre « les tentatives du gouvernement Trudeau d'affaiblir les lois canadiennes en matière de sécurité nationale ».

« Ces sortes d'incidents permettent de souligner à quel point il est important d'avoir de fortes lois antiterroristes et des sanctions appropriées pour ceux qui les violent », a-t-il écrit. « Il est également clair que le processus de sélection des réfugiés du Canada a besoin d'être sérieusement réexaminé. »

« Nous avons récemment été mis au courant d'exemples de dangereux individus entrant au pays en raison de procédures laxistes », poursuit M. Scheer, en évoquant un audit de l'Agence des services frontaliers du Canada, qui a conclu en 2017 que 39 dossiers n'avaient pas fait l'objet d'une vérification de sécurité. « C'est inacceptable et ça doit être immédiatement corrigé. »

« Il [Andrew Scheer] connaît déjà le résultat de l'enquête policière ou il le présume », lui a répondu le ministre Goodale, interrogé à ce sujet. « Je crois qu'il est plus sage dans les circonstances de laisser la police faire son travail, plutôt que de sauter aux conclusions. Mettons les faits sur la table, et ensuite nous déterminerons une façon appropriée de procéder. »

Avec les informations de CBC News, Associated Press, et Reuters

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