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Comment l'Île-du-Prince-Édouard fait-elle face aux tempêtes hivernales?

Deux déneigeuses orange s'activent à retirer la neige sur l'une des pistes de l'aéroport de Charlottetown.
Le déneigement d'une piste à l'aéroport de Charlottetown peut prendre jusqu'à deux heures. Photo: Aéroport de Charlottetown

Chaque année, des dizaines de tempêtes balaient les provinces maritimes en hiver. Ces conditions météorologiques ont poussé l'Île-du-Prince-Édouard à s'adapter afin de réagir rapidement et d'assurer la sécurité des résidents. Trois exemples à suivre : les routes, le pont de la Confédération et l'aéroport de Charlottetown.

Un texte de Julien Lecacheur

En ce mois de février, des bourrasques accompagnées de neige balaient le pont de la Confédération. Une météo habituelle à cette période de l'année qui pousse les responsables de l'infrastructure à réagir.

Pendant que les déneigeuses sont de sorties, Michel Le Chasseur, directeur du pont, scrute avec attention ses écrans de contrôles.

On a les services de météo pour nous avertir à l'avance qu'une tempête est à l'horizon. On a aussi notre propre système sur le pont pour nous dire quelles sont les conditions immédiates, incluant la température de la chaussée, la direction et la vitesse des vents.

Michel Le Chasseur, directeur général, Strait Crossing Bridge Limited
Michel Le Chasseur, le directeur général de Strait Crossing Bridge Limited, qui gère le pont, scrute les 20 caméras situées sur l'infrastructure ainsi que les capteurs donnant des informations sur le vent.Michel Le Chasseur, le directeur général de Strait Crossing Bridge Limited, qui gère le pont, scrute les 20 caméras situées sur l'infrastructure ainsi que les capteurs donnant des informations sur le vent. Photo : Julien Lecacheur

Sur les 13 kilomètres de route que M. Le Chasseur contrôle, le vent est son pire ennemi, car il peut forcer la fermeture partielle ou totale du pont.Le système active une alarme à chaque fois que le vent dépasse les 60 km/h, mais on sait que c'est à 70 km/h que l'on ferme pour les camions. Enfin on ferme complètement le pont quand le vent dépasse les 105 km/h, souligne Michel Le Chasseur.

Afin de réduire les risques, une équipe de 12 personnes se relaie 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, du 1er décembre au 31 mars. Les employés conduisent l'un des nombreux engins prévus pour sécuriser la chaussée. Parmi eux, deux déneigeuses spécialement utilisées pour les besoins du pont et qui peuvent déverser jusqu'à 250 tonnes de sel et de sable chaque hiver. Des engins onéreux.

Le sel mange le métal, alors on parle de 8 à 10 ans pour un camion comme celui-ci. Et chaque camion coûte 300 000 $.

Michel Le Chasseur, directeur général, Strait Crossing Bridge Limited
Michel Le Chasseur montre du doigt l'arrière d'une déneigeuse.Michel Le Chasseur explique que chaque déneigeuse coûte 300 000 $. Elles déversent sur la chaussée près de 250 tonnes de sable et de sel chaque hiver. Photo : Julien Lecacheur

15 millions de dollars pour sécuriser les routes de la province

Sur les routes de la province, ce sont plus de 55 engins similaires qui sillonnent les différents axes routiers. Ils sont prêts à intervenir dès le 15 novembre. Afin de les répartir au mieux, Stephen Sczwarc, le directeur des opérations au ministère des Transports, reste constamment à l'affût : Nous regardons en permanence la météo pour connaître au mieux la situation. Nous nous assurons ainsi que nos équipements et nos sous-traitants soient prêts en tout temps.

Stephen Szwarc est assis à son bureau, il consulte son ordinateur.Stephen Szwarc, le directeur des opérations au ministère des Transports de l'Île-du-Prince-Édouard, s'informe en permanence de la météo afin de préparer ses équipes à intervenir sur les routes. Photo : Julien Lecacheur

Et tempête ou pas, au moins une déneigeuse circule en permanence sur les routes de la province. Un important dispositif qui coûte en moyenne 15 millions de dollars chaque année à la province.

15 millions de dollars, c'est une moyenne. Mais ce chiffre peut être plus ou moins important suivant les années. Et cette année, il sera plus important.

Stephen Szwarc, directeur des opérations, ministère des Transports de l'Île-du-Prince-Édouard
55 déneigeuses peuvent intervenir à tout moment sur les routes de la province de l'Île-du-Prince-Édouard.55 déneigeuses peuvent intervenir à tout moment sur les routes de la province de l'Île-du-Prince-Édouard. Photo : Julien Lecacheur

Aéroport de Charlottetown : des yeux pour les pilotes d'avion

À l'aéroport de Charlottetown, les employés sont aussi en alerte pour la prochaine tempête. En attendant, ils s'activent à réparer et à entretenir leur matériel. Une tâche indispensable afin d'être fin prêt pour les jours de tempête. Cinq personnes travaillent en permanence sur le site, un nombre qui peut doubler en cas de conditions climatiques extrêmes.

Vue depuis la cabine d'une déneigeuse d'une piste d'atterrissage à l'aéroport de Charlottetown.Cela peut prendre plus de deux heures aux déneigeuses pour enlever la neige en cas de forte tempête. Photo : Aéroport de Charlottetown

Les pistes sous toujours contrôlées. L'objectif est d'informer chaque avion avant son atterrissage afin que le pilote décide de se poser ou non.

Durant une tempête, nous sommes en contact permanent avec les pilotes. Ils décident ou non de se poser ici grâce à nos informations.

Wade MacMillan, directeur de la maintenance, aéroport de Charlottetown
Wade MacMillan, répond aux questions. Une déneigeuse orange se trouve derrière lui.Wade MacMillan, le directeur de la maintenance à l'aéroport de Charlottetown explique que ces employés donnent des informations sur l'état des pistes aux pilotes d'avion. Photo : Julien Lecacheur

En cas de tempête de neige, des souffleuses et autres déneigeuses s'activent sur les pistes d'atterrissage pour enlever la neige. Ils déposent aussi des produits chimiques pour lutter contre la glace sur les pistes. Ce travail peut durer plusieurs heures, selon Wade MacMillan : Cela peut prendre plus de deux heures pour déneiger une piste d'atterrissage en cas de forte tempête. Dans ce cas-là, nous utilisons deux déneigeuses et deux souffleuses en même temps.

Ce processus est de plus en plus efficace et sécuritaire à l'aéroport de Charlottetown. En effet, chaque employé suit de nombreuses formations à l'automne pour parer à toute éventualité, y compris pour intervenir dans des conditions extrêmes. Un travail qui a porté ses fruits : l'aéroport n'a pas connu de fermeture totale depuis de nombreuses années.

Une souffleuse à neige s'active sur l'une des deux pistes d'atterrissage de l'aéroport de Charlottetown.Une souffleuse à neige s'active sur l'une des deux pistes d'atterrissage de l'aéroport de Charlottetown. Photo : Aéroport de Charlottetown

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