•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Roger Stone, conseiller de longue date de Trump, arrêté en Floride

Roger Stone à sa sortie d'un tribunal de la Floride.

Photo : La Presse canadienne / Lynne Sladky/AP

Radio-Canada

Arrêté vendredi matin dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence de la Russie lors de la présidentielle de 2016, l'ex-conseiller et ami de Donald Trump a rejeté toutes les accusations portées contre lui et réitéré qu'il ne témoignera jamais contre le président dont il est « l'un des plus fervents partisans ».

Selon l’acte d'accusation publié par les services du procureur spécial Robert Mueller, Roger Stone devra répondre à sept chefs d’accusation, dont obstruction à une procédure officielle, subornation de témoin et fausses déclarations.

Certaines de ces déclarations ont été faites devant le comité des renseignements du Congrès, selon l'acte d'accusation.

Des déclarations « mensongères »

L'homme, qui a brièvement comparu devant un juge vendredi, a été libéré en échange du versement d'une caution de 250 000 $, en attendant la suite des procédures intentées contre lui.

Lors d’une conférence de presse improvisée sur le parvis du palais de justice, Roger Stone a qualifié les accusations portées contre lui de « mensongères » et « motivées par des considérations politiques ».

Il a par ailleurs dénoncé la façon dont les forces policières, lourdement armées, ont investi sa demeure.

Ils ont débarqué en pleine nuit chez moi à 17 voitures, ils ont terrorisé ma femme, ils ont terrorisé mes chiens alors qu’ils n’avaient qu’à demander à mes avocats de me présenter au poste de police.

Roger Stone

Roger Stone a ajouté qu’il entend plaider non coupable à toutes les accusations portées contre lui. Des accusations purement politiques selon lui.

Assurant qu’il n’a rien à voir avec l’ingérence russe dans la campagne présidentielle, il s’est dit sûr de voir ces accusations renversées une à une lors du procès.

Comme il l’avait déjà fait devant le Congrès, Roger Stone a réitéré qu’il n'ira pas livrer de faux témoignage à la barre contre Donald Trump, son ami de longue date.

Âgé de 66 ans, Roger Stone est un personnage aussi coloré que controversé qui gravite autour du Parti républicain depuis de nombreuses années. Il était notamment membre de l'équipe de campagne du président Trump jusqu'à août 2015 et a toujours soutenu publiquement le président par la suite.

Vol de courriels

D’après l'acte d'accusation, Roger Stone s’est retrouvé dans les filets de la justice pour le rôle qu’il aurait joué dans la publication par WikiLeaks de courriels piratés lors de la campagne électorale de 2016.

L'acte d'accusation décrit en détail des conversations de Roger Stone à propos d’un vol de milliers de courriels personnels de membres du Parti démocrate par les services secrets russes. Les courriels ont été publiés ensuite sur le site de WikiLeaks pour discréditer la candidate Hillary Clinton lors des semaines précédant l’élection présidentielle.

Selon les services secrets américains, Roger Stone aurait communiqué avec le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, et avec un pirate informatique lié aux services secrets russes, pour faire publier ces documents et courriels compromettants.

D'après le bureau du procureur Mueller, les courriels volés provenaient des boîtes de courrier d’Hillary Clinton et de son président de campagne, John Podesta.

Lorsqu'il avait été questionné sur ce piratage par les élus du comité des renseignements du Congrès en décembre dernier, Stone avait affirmé qu'il n'avait pas de liens avec WikiLeaks.

Or, l'acte d'accusation contient plusieurs échanges entre Roger Stone et un de ses contacts qui démontrent le contraire. L'homme aurait aussi été félicité par des acteurs de la campagne Trump qualifiés « d'importants » après la divulgation de certains courriels piratés dans les médias.

Trump « n'a rien à voir » avec cette histoire, martèle la Maison-Blanche

Sarah Sanders parle à la caméra.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, explique que l'arrestation de Roger Stone n'a rien à voir avec le président Trump.

Photo : Radio-Canada

À Washington, la Maison-Blanche a pris ses distances de cette arrestation. Au cours d'une interview à la chaîne CNN, la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a déclaré que tout cela « n'a rien à voir avec le président et certainement pas avec la Maison-Blanche ».

Sans répondre aux questions des journalistes lui demandant si le président Trump a demandé à un haut responsable de sa campagne de contacter Roger Stone pour établir des contacts avec WikiLeaks, Sarah Sanders a rétorqué : « Je n'ai pas lu ce document [l'acte d'accusation]. Je ne suis pas avocate. Je ne suis pas en mesure d'entrer dans les détails. »

Le procureur spécial Robert Mueller tente de déterminer depuis plus d'un an et demi s'il y a eu collusion ou coordination entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou en 2016.

Jusqu'ici, les investigations tentaculaires supervisées par M. Mueller ont abouti à plusieurs inculpations, dont celles de l'avocat du président Trump, Michael Cohen, condamné à trois ans de prison pour des infractions à la loi sur le financement des campagnes électorales, ainsi que Paul Manafort, ex-directeur de son équipe de campagne, reconnu coupable de malversations financières liées à des activités en Ukraine.

Une arrestation qui en dit long

Questionnée par NBC sur l'arrestation de Roger Stone, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a expliqué que la saga entourant l'ingérence de la Russie lors des élections de 2016 en dit long sur le genre de personnes que choisit Donald Trump pour l'entourer et le conseiller.

C’est très intéressant de voir le genre de personnes dont le président des États-Unis s’est entouré. Ce lien impliquant l'intégrité de nos élections est évidemment une chose sur laquelle nous devons connaître la vérité.

Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants au Congrès américain

« Mais il est aussi gênant de voir ce lien avec la Russie et les suggestions du président selon lesquelles nous devrions plutôt nous demander s'il faut demeurer au sein de l'OTAN, ce qui est un rêve devenu réalité pour Vladimir Poutine », a ajouté la présidente de la Chambre des représentants.

Qui est Roger Stone?

Il vaut mieux être tristement célèbre que de ne pas être célèbre du tout.

Roger Stone

Roger Stone est arrivé sur la scène politique américaine en 1972, à titre de conseiller du président Richard Nixon.

Reconnu pour son discours irrévérencieux et provocant, Roger Stone a aussi fait partie de l’équipe de campagne de Ronald Reagan et de Bob Dole avant de se joindre à celle de Donald Trump.

Selon le New York Times, Stone était, entre autres, chargé de tester les éléments de langage des discours de campagne de Donald Trump.

Dans un documentaire de Netflix sorti en 2017, on apprend aussi que Stone, qui faisait à l’époque du lobbying à Washington pour les casinos de Donald Trump, aurait été le premier, en 1998, à lui suggérer de briguer la présidence des États-Unis.

Éclaboussé par l’enquête du procureur Robert Mueller sur l’existence d’une collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump et les services secrets russes lors de la présidentielle de 2016, il avait nié en décembre dernier être lié à cette affaire.

Il avait alors déclaré haut et fort qu’il ne témoignera jamais contre Donald Trump.

Politique américaine

International