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Pas de nouvelle taxe ni de gel de dépenses, promet Rachel Notley

Rachel Notley parle à partir d'un podium. Une foule est visible devant elle.

Rachel Notley promet que son gouvernement atteindra l'équilibre budgétaire en 2023.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La première ministre de l'Alberta a profité de son allocution devant la Chambre de commerce d'Edmonton pour attaquer la stratégie économique de l'opposition officielle tout en vantant la sienne. Son discours centré sur la protection des services publics a toutefois laissé plusieurs membres de l'industrie pétrolière sur leur faim.

La première ministre Rachel Notley n’a pas hésité à s’en prendre au Parti conservateur uni (PCU) dans un discours à saveur distinctement préélectorale, jeudi.

Elle s’est spécifiquement attaquée à son plan de réduire ou geler les dépenses gouvernementales.

« Notre population n’est pas “gelée” [....], le nombre d’aînés qui ont besoin de soins non plus n’est pas “gelé”, ni le coût des médicaments d'ordonnance » argumente-t-elle.

Selon elle, cette stratégie entraînerait inévitablement des coupes dans les services publics, un piège que son parti est déterminé à éviter.

Elle a néanmoins martelé que celui-ci atteindrait l’équilibre budgétaire en 2023 et qu’il le ferait sans piger dans les poches des citoyens.

« Si je suis élue, je n’ajouterai pas de taxe de vente ni d'impôt sur la masse salariale ni de taxe sur les soins de santé », précise Rachel Notley.

Son discours a certes été bien accueilli par la chambre de commerce d’Edmonton, mais il était loin de répondre à toutes les inquiétudes du monde des affaires ou de l’industrie pétrolière.

Une baisse d’impôts réclamée

La Chambre de commerce de Calgary a publié les recommandations qu’elle souhaite voir adoptées par les partis politiques albertains en vue des élections provinciales du printemps.

Celles-ci incluent une baisse d’impôts des entreprises, une révision de plusieurs politiques, comme le salaire minimum et la taxe sur le carbone, ainsi qu’un engagement envers un budget équilibré et une défense du libre-marché.

Selon la présidente Sandip Lalli, les investisseurs ont perdu confiance en les entreprises de Calgary en raison de décisions prises depuis de nombreuses années par différents gouvernements.

« Il y a 15 ans, les entreprises ont mis de l’avant un plan d’action, car elles savaient qu’elles auraient des problèmes d’accès au marché », illustre-t-elle. « Pourtant, les politiques des différents gouvernements nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui et nous n’aurions jamais dû nous retrouver dans la situation actuelle. »

Sandip Lalli donne une allocution devant un podium de la Chambre de commerce de Calgary.

La présidente de la Chambre de commerce de Calgary juge que le pipeline Trans Mountain n'est qu'un exemple des problèmes auxquels font face les entreprises calgariennes.

Photo : Radio-Canada / Audrey Neveu

Sandip Lalli juge crucial de rehausser la compétitivité des entreprises grâce à une « meilleure gouvernance ».

L’Association canadienne des producteurs pétroliers a aussi publié une plateforme électorale qui priorise l’énergie albertaine. Son président, Tim McMillan, déplore la baisse des investissements au Canada, plus particulièrement en Alberta, qu’il attribue aux politiques provinciales et fédérales.

Il souhaite une baisse du taux d’imposition des entreprises et un premier ministre albertain qui sera le « champion des nouveaux pipelines ».

La première ministre Rachel Notley juge toutefois inutile la compétition pour le plus bas taux d’imposition des entreprises. « L’Alberta bénéficie déjà d’un avantage fiscal de 11 milliards de dollars. Nous devons diversifier notre économie et la rendre plus résiliente », affirme-t-elle.

Elle se montre toutefois ouverte à des crédits d’impôts et davantage de formation pour les employés.

Protéger les services publics

Selon le politologue Frédéric Boily, Rachel Notley ne pourra pas facilement répondre aux griefs de l’industrie. Il est donc préférable pour elle de continuer à miser sur la protection des services publics et du filet social.

« C’est certainement une des meilleures cartes que le parti peut jouer », remarque-t-il. « Elle est un peu coincée par la situation économique, elle est un peu coincée par le déroulement du projet Trans Mountain, donc tout ce qui lui reste à faire, c'est montrer que son gouvernement s'occupe des services sociaux ».

Alberta

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