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Le gouvernement Legault était au courant des difficultés de Téo Taxi

Alexandre Taillefer avec une voiture de la flotte Téo Taxi

Photo : Radio-Canada / Andréanne Plante

Radio-Canada
Mis à jour le 

Les déboires financiers de Téo Taxi étaient connus du gouvernement provincial, qui va attendre une demande de la direction de l'entreprise avant d'évoquer des mesures d'aide.

C’est le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, qui a indiqué jeudi avoir rencontré les dirigeants de l’entreprise de taxis électriques.

« Quelle sera la suite des choses? Je vais attendre de voir spécifiquement ce que les dirigeants vont annoncer dans les prochains jours ou les prochaines semaines, a-t-il dit lors d’un point de presse en marge d’un événement à Montréal. C'est prématuré de savoir quelle sera la suite. »

Même son de cloche du côté du premier ministre François Legault qui, à Davos, en Suisse, pour le Forum économique mondial, a indiqué attendre une invitation de la direction de Téo Taxi, propriété de Taxelco.

« On n'a pas eu de demandes officielles de leur part, a indiqué M. Legault. Si la direction et les actionnaires nous demandent une rencontre, on va les rencontrer. »

Selon plusieurs sources, Téo Taxi aurait accusé des pertes de plusieurs dizaines de millions de dollars. Une situation financière si périlleuse que ses principaux créanciers refusent tout investissement supplémentaire.

L’entreprise pourrait donc annoncer prochainement une importante restructuration en plus de se placer sous la protection des tribunaux face à ses créanciers.

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Photo : Radio-Canada/Simon-Marc Charron

Il y a environ un an, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), le Fonds de solidarité FTQ, Fondaction CSN, ainsi que le fonds XPND Capital avaient injecté 17 millions de dollars dans Taxelco dans le cadre d'une nouvelle ronde de financement afin d'acheter notamment de nouveaux véhicules et embaucher du personnel.

La société mère, également propriétaire de Taxi Diamond et Taxi Hochelaga, a aussi compté sur 9,5 millions de dollars en subventions de la part de différents ministères, et le gouvernement libéral précédent avait également donné le feu vert à un prêt totalisant 4 millions l'an dernier.

Selon les mêmes sources, Taxi Diamond et Taxi Hochelaga seraient toutefois toujours rentables, à la différence de leur contrepartie électrique.

Jeudi, Taxelco n’a pas voulu commenter le dossier, tout comme la CDPQ et le Fonds de solidarité FTQ.

Un modèle d’affaires à revoir

C’est le modèle d’affaires même de l’entreprise qui serait au cœur du problème.

Étant donné que les chauffeurs employés par Téo Taxi sont payés à un tarif horaire, peu importe si leur véhicule transporte un client ou non, l’entreprise doit maximiser l’occupation de ses véhicules, ce qu’elle tente de réaliser à l'aide de l’intelligence artificielle, a expliqué à RDI Économie Jean-François Ouellet, professeur agrégé au Département d'entrepreneuriat et d'innovation à HEC Montréal.

Téo Taxi vit donc « un défi de données », selon M. Ouellet, puisque l’entreprise doit avoir accès à un ensemble de données très important pour que son algorithme fonctionne efficacement.

« Vous ne savez jamais à l'avance combien de temps cela va prendre [avant d’avoir un bon algorithme] », ajoute le professeur qui souligne que c’est pour cette raison que Téo Taxi doit se doter de plusieurs nouveaux véhicules électriques.

Ce faisant, Téo Taxi doit avoir beaucoup de financement de disponible pour acquérir des véhicules qui coûtent généralement plus cher.

« C'est sûr et certain qu'en fermant le robinet et en empêchant Téo d'aller plus loin avec plus de taxis, on vient de le condamner à mort », se désole M. Ouellet, qui se dit tout de même fier d’avoir vu une initiative de taxis électriques émerger à Montréal.

Avec les informations de Maxime Bertrand

Avec les informations de La Presse canadienne

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