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Le NPD veut mettre fin aux dons de plasma sanguin rémunéré

Une femme s'adresse à des journalistes qui tiennent des micros lors d'une mêlée de presse. Un homme se trouve derrière elle, il écoute ce qu'elle dit.
La directrice et cofondatrice de l’organisme BloodWatch.org, Kat Lanteigne, et le chef du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan, Ryan Meili Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan veut mettre un terme aux dons de plasma en échange d'argent dans la province. Son chef, Ryan Meili, pense que cette pratique réduit le nombre de donneurs volontaires ainsi que la quantité de ce produit disponible au Canada, au profit de compagnies pharmaceutiques étrangères.

Ryan Meili joint sa voix à celle de Kat Lanteigne, la directrice et cofondatrice de l’organisme à but non lucratif BloodWatch.org, de passage en Saskatchewan.

Lors d’un point de presse, ils ont tous deux critiqué le modèle d’affaires de l'entreprise Canadian Plasma Resources, qui exploite, depuis 2016, une clinique à Saskatoon et, depuis 2017, un établissement à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

L’entreprise offre 40 $ par don de plasma aux patients qui satisfont à ses critères médicaux.

Qu'est-ce que le plasma?

Le plasma est un liquide riche en protéines dans lequel circulent les cellules sanguines. Son rôle est de protéger le corps contre les maladies et les infections et de contrôler le saignement. Le plasma est utilisé pour fabriquer des médicaments pour les personnes ayant un système immunitaire déficient et pour traiter d'autres maladies comme l'hémophilie.

Sources : Société canadienne du sang et Héma-Québec

Selon Kat Lanteigne, les dons de plasma ont diminué à Saskatoon depuis l’ouverture de la clinique, particulièrement chez les 17 à 24 ans. Elle souligne qu’il s’agit d’un groupe démographique important parce qu’il constitue la nouvelle génération de donneurs et que c’est parmi eux qu’on retrouve le plasma de la meilleure qualité.

« L’entreprise [Canadian Plasma Resources] repose sur le principe qu’elle produit plus de plasma pour la population de la Saskatchewan, mais cela est faux », déplore Kat Lanteigne.

Elle affirme que tout le plasma recueilli par cette entreprise est vendu sur le marché international et que ce système entrave les efforts de la Société canadienne du sang qui, elle, recueille du plasma sans rémunération.

La Société canadienne du sang n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue, mais son PDG, le Dr Graham Sher, a déjà affirmé ne pas voir d’un bon oeil les intentions de l’entreprise Canadian Plasma Resources, alors que celle-ci s’apprêtait à s’installer à Moncton.

Canadian Plasma Resources réplique

Le directeur général de Canadian Plasma Resources, Barzin Bahardoust, s’est une fois de plus défendu contre les critiques portées contre son modèle d’affaires.

Selon lui, les besoins des Canadiens pour les transfusions sont comblés, et le plasma recueilli par son entreprise est destiné à la fabrication de produits pharmaceutiques dérivés qui sont en grande partie importés au Canada en provenance des États-Unis.

Barzin Bahardoust est d’avis que le système public et l’industrie privée peuvent cohabiter. Il espère ouvrir d’autres cliniques, tant en Saskatchewan que dans le reste du Canada, d’ici deux ou trois ans.

De graves problèmes éthiques, selon le NPD

Kat Lanteigne encourage la Saskatchewan à interdire les dons de plasma en échange d’argent. Selon le site BloodWatch.org, le Québec, l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique interdisent déjà cette pratique.

À la suite du point de presse, la province a indiqué par courriel qu’elle appuie la participation de la Société canadienne du sang et du secteur privé à la collecte de plasma, afin de répondre aux besoins vitaux des patients.

Le ministre de la Santé de la province, Jim Reiter, a aussi renvoyé le NPD à une page du site web de Santé Canada datée de mai 2018, qui fait état de certains mythes et faits au sujet des dons de plasma.

On peut, entre autres, y lire : « Les dons de plasma au Canada ne sont pas suffisants pour répondre à la demande de produits plasmatiques. La réalité actuelle est que le plasma des donneurs rémunérés est nécessaire pour répondre à la demande canadienne de produits du plasma. »

De son côté, Ryan Meili estime que ce système soulève de graves problèmes éthiques.

Dans une province fortement touchée par la pauvreté, au lieu d'aider les gens à s'en sortir, nous avons un gouvernement qui leur dit qu’au moins ils peuvent vendre leur sang.

Ryan Meili, chef du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan

Ryan Meili envisage de présenter un projet de loi à l'Assemblée législative pour mettre fin à cette pratique.

À l’échelle fédérale, la sénatrice saskatchewanaise Pamela Wallin a proposé le projet de loi S-252, sur les dons de sang volontaire pour mettre fin aux dons de sang en échange de rémunération. Une première lecture du projet de loi a eu lieu au Sénat en mai 2018.

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