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La hausse possible du nombre d'élèves par classe suscite bien des critiques

Un jeune étudiant du primaire rêvassant en classe.

Selon les ratios établis par le ministère de l'Éducation de l'Ontario, il ne peut y avoir plus de 29 enfants dans les classes de maternelle. Au primaire, le maximum est de 23 élèves.

Photo : iStock / monkeybusinessimages

Charlotte Mondoux-Fournier

Des intervenants en éducation critiquent vertement les consultations sur la taille des classes et les méthodes d'embauche des enseignants lancées mercredi en Ontario.

Le gouvernement provincial étudie la possibilité de ne plus limiter le nombre d'élèves par classe de la maternelle à la 3e année.

Selon les ratios établis par le ministère de l'Éducation, il ne peut y avoir plus de 29 enfants dans les classes de maternelle. Au primaire, le maximum est de 23 élèves. Certaines exceptions peuvent survenir.

La ministre de l'Éducation, Lisa Thompson, affirme qu'aucune décision n'a été prise pour le moment, mais espère trouver le moyen de faire des économies.

Vingt-neuf élèves par enseignant, c'est déjà énorme, déplore Louis Kdouh, parent, enseignant et président de la Commission nationale des parents francophones (CNPF).

Il estime qu'augmenter le nombre d'élèves dans les classes de l'Ontario serait un désastre et craint des environnements chaotiques pour les jeunes élèves. Selon lui, ce sont les élèves qui ont des besoins particuliers qui vont le plus en souffrir.

Louis Kdouh, parent, enseignant et président de la Commission nationale des parents francophones (CNPF)

Plusieurs intervenants du secteur de l'éducation ontarien pensent qu'augmenter le nombre d’élèves dans les classes de maternelle à la troisième année serait un désastre

Photo : Radio-Canada

Même son de cloche du côté d'Égide Royer, psychologue et professeur associé à la Faculté des sciences de l'éducation à l'Université Laval. Il s'agirait, selon lui, d'un retour en arrière.

C'est très surprenant que le gouvernement arrive avec une proposition d'augmenter le ratio maître-élèves à la maternelle, en 1re, 2e et 3e, dit-il. Ça va contre tout ce qu'on a établi comme tendance lourde par rapport au nombre d'élèves par classe.

Il explique qu'en Occident, la majorité des systèmes éducatifs maintiennent de plus petits groupes de la maternelle à la 3e année.

Plus on peut intervenir tôt chez les élèves qui présentent des difficultés de développement, d'apprentissage ou de comportement, plus l'intervention est puissante.

Égide Royer, psychologue et professeur associé à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval

De nombreuses études prouvent également que la qualité de l'apprentissage diminue à mesure que la taille des classes augmente, souligne le député néo-démocrate d'Ottawa-Sud, Joel Harden.

Le gouvernement Ford pense que les questions financières pour les grandes entreprises sont la priorité pour notre province et pas nos salles de classe, dit-il.

La nouvelle a également fait grand bruit sur les médias sociaux, où les parents ne cachent pas leur inquiétude.

Les enseignants prêts à se battre à la table de négociation

En entrevue à Y a pas deux matins pareils, Rémi Sabourin, président de l'Association des enseignants et enseignantes franco-ontariens (AEFO), déplore la tenue de consultations publiques sur la taille des classes et les méthodes d'embauche des enseignants en Ontario.

M. Sabourin rappelle que le ratio enseignants-élèves est un sujet au coeur des négociations de la convention collective des enseignants de l'Ontario.

On veut avoir des discussions à la table de négociation et non dans un document public.

Rémi Sabourin, président de l'AEFO

Il espère trouver des solutions lors des négociations qui doivent s'amorcer cette année. La convention collective des enseignants de l'Ontario arrive à échéance en août.

Rémi Sabourin, le président de l'AEFO

Rémi Sabourin, le président de l'AEFO

Photo : Radio-Canada

Les conseils scolaires prendront part aux consultations

L'Association des conseils scolaires des écoles publiques de l'Ontario a décliné notre demande d'entrevue, mais dit prendre part aux consultations.

Nous sommes heureux d'être impliqués dans la consultation comme les trois autres associations de conseils scolaires. Nous allons consulter nos membres, indique sa porte-parole Anne Gerson.

Toronto

Éducation