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Sortez! Le froid, c'est bon pour vous et c'est plaisant, disent des experts

La tête de Jean-Mathieu Chénier apparaît à travers des branches et des arbres enneigés.

Jean-Mathieu Chénier embrasse l'hiver à bras ouverts.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Janvier, le froid est bien installé. Pendant que certains sont en quasi-hibernation jusqu'aux beaux jours, d'autres embrassent la vie nordique avec sang-froid. Ces amoureux de l'hiver nous partagent leurs conseils. Qui sait, ils convaincront peut-être certains de sortir de leur tanière avant l'arrivée du printemps.

Un texte de Geneviève Guilmette pour Les malins

Jean-Mathieu Chénier, Caroline Desrosiers et Denis Blondin sont de ces gens qui ne se plaignent pas de la température hivernale. Au contraire, ils en profitent.

Il n’y a pas de plus belle lumière que celle d’une journée à -30! Le ciel est bleu, le soleil se reflète sur la neige et l’air est sec, s’exclame Jean-Mathieu Chénier, un féru de course à pied quatre saisons et créateur de la page Facebook, Dans mes shoes.

Il n’y a pas de mauvaises températures, juste de mauvais vêtements, renchérit Caroline Desrosiers, propriétaire d'Escapade Eskimo, une entreprise de l’Outaouais spécialisée dans les excursions en traîneau à chien.

Nos deux adeptes d’activités hivernales s’entendent pour le dire : en hiver, il faut oublier la mode. L’important, c’est d’être convenablement vêtu, souligne Jean-Mathieu.

Leurs astuces

Il est vrai que bien s’équiper peut s’avérer dispendieux, fait remarquer Jean-Mathieu.

Ayant travaillé plusieurs années dans une boutique de plein air, notre joggeur s’y connait un peu.

Les gens cherchent souvent un seul manteau qui fera l’affaire pour toutes les circonstances, mais c’est rarement le cas.

Jean-Mathieu Chénier, Dans mes shoes

Le gros parka en duvet bien chaud, c’est bon pour la marche, mais ne sera pas recommandé pour la raquette en montagne, par exemple. Tu vas suer et finir par avoir froid , explique notre passionné de course à pied.

La femme est debout dans le rayon d'un magasin de vêtement

Sydney de chez MEC

Photo : Radio-Canada

Jean-Mathieu propose une solution à moindre coût : multiplier les couches.

Pour arriver à ne pas avoir trop froid et s’adonner à son activité préférée, il nous conseille de porter une mince combinaison sous le jeans pour la marche. Pour les activités plus cardiovasculaires, on ajoute deux couches, la dernière étant un coupe-vent, et surtout on évite le coton.

Si le thermomètre affiche -30 °C, pas de problème pour Jean-Mathieu : C’est juste un défi à relever! J’enfile deux cache-cou et des lunettes de ski pour éviter les engelures. Je prends un bon repas avant de sortir, car ton corps en a besoin pour dégager de la chaleur.

De son côté, Caroline Desrosiers accueille une clientèle internationale dans son entreprise récréotouristique. Si elle constate qu’ils sont mal vêtus, elle leur prête mitaines de ski, bonnes bottes, bon parka et des chauffe-orteils. Il n’y a aucune excuse pour ne pas aller dehors, selon elle.

Je trouve ça fantastique de voir des gens pas habitués à nos hivers, avoir le grand sourire aux lèvres malgré un -27 °C au thermomètre! Et surtout nous dire qu’ils ont dormi comme des bébés par après, raconte Caroline avec fierté.

Les bienfaits

Hé oui, le froid a ses vertus! En plus de procurer une bonne nuit de sommeil, comme le souligne Caroline, c’est aussi bon pour la santé, selon le chercheur de l’Université de Sherbrooke, Denis Blondin.

C’est en essayant de mieux comprendre les stratégies pour survivre dans le froid, que le chercheur s’est rendu compte de son potentiel thérapeutique.

Les organes recrutés pour produire la chaleur afin de combattre le froid - les muscles qui frissonnent, et la graisse brune - absorbent et brûlent plus de glucose et de gras qu’au repos.

Denis Blondin, chercheur au centre de recherche du CHUS et professeur adjoint à l'Université de Sherbrooke

Tous les mammifères ont de la graisse brune qui s’active en étant exposée aux basses températures, et cette graisse aurait des bénéfices.

Le coyote a un beau pelage épais pour le protéger du froid.

Un coyote.

Photo : iStock

Selon les résultats de l’étude de M. Blondin, des gens atteints de diabète de type 2, par exemple, ont vu leur concentration de glucose dans le sang diminuée d’environ 10 % après trois heures d’exposition au froid.

Le froid aurait donc des avantages métaboliques importants - meilleur contrôle du glucose et de la circulation des gras - et c’est la science qui le dit.

En plus de poursuivre ses recherches, Denis Blondin met en pratique ses découvertes. Il prend ses douches froides, dort à 17 °C sans couverture et déneige en t-shirt quand il n’y a pas de risque d'engelures.

Finalement, comme le soulignent nos trois fervents de l’hiver, notre corps s’adapte au froid, alors pourquoi ne pas essayer de tester un peu nos limites?

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