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18 000 dossiers d’immigration non traités : un casse-tête pour le plan Legault

Entrevue avec Simon Jolin-Barrette

Mandaté pour réformer le système québécois d'immigration, Simon Jolin-Barrette doit composer avec une dure réalité. Son ministère peine à traiter les candidatures de ceux qui veulent s'établir au Québec. Quelque 18 139 dossiers, non encore ouverts, s'empilent sur les bureaux des fonctionnaires. Le ministre ne comprend pas pourquoi tant de demandes se sont accumulées au fil des années.

Un texte de Véronique Prince, correspondante parlementaire à Québec

« Il y a certains dossiers qui datent de 2005 », laisse tomber le nouveau ministre, surpris par l’ampleur du problème. « Ce sont des dossiers qui doivent être traités, à savoir si les gens se qualifient pour venir au Québec ».

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, il confie que cette situation particulière lui met des bâtons dans les roues. Il se dit à la recherche d’une solution rapide, sans quoi tous ces dossiers non traités pourraient ralentir considérablement le plan de son gouvernement pour mieux « arrimer les immigrants aux besoins du marché du travail ».

Actuellement, les employés du ministère québécois de l’Immigration réussissent à traiter en moyenne près de 600 dossiers par mois du Programme régulier des travailleurs qualifiés du Québec (PRTQ). Ce programme est à l’origine de la venue de près de la moitié des nouveaux arrivants dans la province. Pour traiter toutes les demandes en attente, il faudra donc au moins deux ans et demi.

Le système de déclaration d’intérêt suspendu

Ce délai de traitement important a des conséquences majeures sur certaines mesures, comme le système de déclaration d’intérêts. « La loi nous oblige à traiter les dossiers dans l’ordre [chronologique] dans lequel ils sont arrivés […] Le système de déclaration d’intérêts est présentement fermé à cause, notamment, du fait qu’il y a un inventaire de 18 000 dossiers. Pour démarrer ce système-là, il faut traiter l’inventaire », explique le ministre Jolin-Barrette.

Le système de déclaration d’intérêt, qui demeure accessible sur le site du ministère de l'Immigration, vise à permettre un arrimage entre les besoins du marché du travail et les immigrants. Pour que le système fonctionne, le ministère québécois de l’Immigration doit forcément détenir toutes les informations nécessaires sur les candidats potentiels prêts à immigrer au Québec.

Récemment, le gouvernement n’a pas eu le choix de suspendre le système de déclaration d’intérêts. Avec 18 139 dossiers qui n’ont pas encore été examinés, il est impossible de connaître l’origine, l’âge ou les qualifications des candidats. Pourraient-ils pallier la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs? Le ministre n’arrive pas à le savoir.

« C’est une situation problématique qui nous empêche en quelque sorte d’avancer. Moi, je me retrouve avec ce legs-là […] en raison des ressources qu’on donnait au ministère de l’Immigration », mentionne le ministre.

Vous savez, c’est un choix pour un gouvernement de prioriser l’immigration ou de s’assurer que le ministère fasse son travail. Les précédents gouvernements nous ont laissé un inventaire de plusieurs milliers de dossiers à traiter.

Simon Jolin-Barrette, ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'inclusion du Québec

Simon Jolin-Barrette se donne six mois pour résoudre ce problème du traitement des dossiers. Le ministre refuse de nous faire part des scénarios qu’il évalue, mais tout indique que la solution passera forcément par l’ajout ou la réorganisation de ressources dans son ministère.

« Il faut que je m’assure d’avoir un système d’immigration qui est efficace, qui est efficient et qui corresponde aux besoins du marché du travail. Présentement, je suis à pied d’œuvre pour trouver une solution et essayer de corriger la situation », résume le ministre.

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