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Les camps de travailleurs de Fort McMurray provoquent de vifs débats

Quatre blocs de rangées de logements industriels identiques sont aménagés entre des routes et de la forêt.

Les employés vivent en communauté dans les camps de travailleurs, situés à proximité des installations pétrolières.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Le vote entourant le moratoire sur les camps de travailleurs de Fort McMurray a été reporté au 28 janvier, après deux jours de débats houleux au conseil municipal de Wood Buffalo.

Les représentants de l’industrie pétrolière ont manifesté leur opposition à l’idée d’imposer un moratoire sur les camps de travailleurs à Fort McMurray.

« Ce moratoire va nous mener à notre perte », a indiqué le responsable des relations avec la communauté de MEG Energy, Rory O'Connor.

Comme bien d’autres, cette entreprise qui exploite les sables bitumineux dans le sud de Fort McMurray, héberge ses travailleurs dans ces camps qui donnent à la municipalité une allure de ville-champignon.

Faire vivre une ville

Le maire de Wood Buffalo, Don Scott, veut interdire la construction de nouveaux camps de travailleurs dans un périmètre de 120 km autour de la zone urbaine de Fort McMurray et limiter le renouvellement des permis pour les 109 camps qui existent déjà.

 C’est inacceptable que 30 % de notre population vive dans ces camps. 

Don Scott, maire de Wood Buffalo

Le maire déplore que les travailleurs originaires d’autres villes utilisent les infrastructures de la région, comme les routes et le système de traitement des eaux usées, mais ne paient pas d'impôts fonciers.

Notre région souffre.

Keith McGrath, conseiller municipal

Don Scott aimerait qu'un plus grand nombre de travailleurs s'installent dans sa ville, où de nombreux logements sont vacants. Cela permettrait d’augmenter la valeur des propriétés et de soutenir les commerces locaux, croit-il.

« Mes voisins font des pieds et des mains pour décrocher un emploi et ils n’en trouvent pas », indique le conseiller municipal Keith McGrath.

M. Scott affirme que les pétrolières devraient, en outre, s’engager à recruter davantage de travailleurs au sein de la population locale.

Présents lors des débats, de nombreux habitants de Fort McMurray ont exprimé leur soutien aux propositions du maire.

Plus facile à dire qu’à faire

Lors de la rencontre du conseil municipal, les représentants de l’industrie pétrolière et les gestionnaires de ces camps ont largement vanté les avantages des camps de travailleurs.

« Ces camps isolés garantissent la sécurité de nos travailleurs et offrent une certaine quiétude au voisinage », explique le responsable des relations avec les communautés de Cenovus, Trent Zacharias.

Les entreprises pétrolières ont indiqué au maire que leurs efforts de recrutement avaient eu peu de succès auprès de la population locale.

Les représentants de MEG Energy et de Cenovus faisaient partie d’une des sept délégations en faveur des camps à avoir fait entendre haut et fort leur voix auprès du conseil municipal.

Mardi soir, la salle de réunion du conseil municipal était tellement pleine que des « salles de débordement » ont été ouvertes pour accueillir tous les participants.

« Je n’aime pas les tensions qui existent ici ce soir, a déclaré Keith McGrath. On se croirait dans un procès plutôt que dans un débat. »

Les débats ont duré tellement longtemps qu’ils se sont prolongés jusqu'au lendemain.

La décision sur le moratoire demandé par Don Scott devrait être prise le 28 janvier lors d’une séance extraordinaire du conseil municipal.

Avec les informations de David Thurton, CBC News

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