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Un enquêteur d’Halifax est très critique de la décision d'expulser un prédateur sexuel

William Shrubsall marche dans un couloir du palais de justice escorté par un shérif américain.

William Shrubsall lors de sa comparution au palais de justice du comté de Niagara, mardi, dans l'État de New York, suivant son expulsion du Canada.

Photo : Tim Fenster/The Union-Sun & Journal via AP

Radio-Canada

Un enquêteur qui a contribué à mettre derrière les barreaux un prédateur sexuel américain William Shrubsall, après une série d'agressions sexuelles à Halifax, croit que le Canada a fait fausse route en l'expulsant vers les États-Unis, cette semaine.

Shrubsall, 47 ans, a été libéré d’une prison canadienne lundi et remis aux autorités américaines. Il doit purger aux États-Unis une peine de sept ans de prison pour une autre agression sexuelle commise en 1995 dans l’État de New York.

Le détective à la retraite Tom Martin, anciennement de la police d’Halifax, avait mené l’enquête sur trois agressions sexuelles particulièrement violentes qu’il avait commises à Halifax, où il s’était réfugié pour fuir la justice américaine, à partir de 1996.

Shrubsall a été arrêté pour ces crimes et pour un cas de harcèlement criminel en 1998, et condamné par la suite. En 2001, la Couronne a réussi à le faire déclarer délinquant dangereux.

Tom Martin, enquêteur à la retraite de la police d'Halifax.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tom Martin avait dirigé l'enquête qui avait mené à l'arrestation de William Shrubsall à Halifax.

Photo : CBC/Elizabeth Chiu

Il est un prédateur sexuel, s’indigne Tom Martin. De voir la Commission des libérations conditionnelles le libérer, ça me dégoûte et c’est à la limite de la négligence en ce qui me concerne.

Shrubsall pourrait être libre d'ici 5 ans

Aux États-Unis, William Shrubsall pourrait être admissible à une libération conditionnelle d’ici 5 ans.

L’étiquette « délinquant dangereux » aurait pu permettre de le garder en prison plus longtemps au Canada.

La procureure de district du comté de Niagara, dans l’État de New York, Caroline Wojtaszek, affirmait plus tôt cette semaine que le Canada aurait été mieux placé pour garder Shrubsall derrière les barreaux et l’empêcher de faire d’autres victimes.

Tom Martin est d’accord. Il a parlé à trois des quatre victimes haligoniennes de Shrubsall qui ont exprimé leur colère et leur incompréhension.

Ce que ces femmes ont enduré, d’abord en étant les victimes [de Shrubsall] et ensuite à travers le processus judiciaire… Et ensuite la Commission des libérations conditionnelles - qui apparemment ne répond à personne - le laisse tout simplement filer…

La Commission des libérations conditionnelles interpellée

La Commission n’a pas voulu s’expliquer sur le cas précis de Shrubsall. Elle s’est contentée d’expliquer, par voie de courriel, qu’elle donnait la grande importance à la protection du public en rendant ses décisions.

Tom Martin est très critique de cette position. Il s’agit d’un organisme public. La cause a été entendue par les tribunaux… Pourquoi ne peuvent-ils pas en discuter? [...] Pourquoi ne divulguent-ils pas le compte-rendu de leur audience ou même l’enregistrement de la discussion?

Shrubsall a changé de nom et entrepris des études de séminaire en prison, dans l’optique, peut-être, de devenir prêtre. Selon M. Martin, cela correspond à son modus operandi habituel.

Il est très manipulateur; il dit ce qu’il croit que les gens veulent entendre!

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