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En Virginie-Occidentale, la paralysie partielle du gouvernement cause des dommages collatéraux

Le centre de Clarksburg, en Virginie-Occidentale, ville où se trouve un important centre du FBI.

Le centre de Clarksburg, en Virginie-Occidentale, ville où se trouve un important centre du FBI.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Raphaël Bouvier-Auclair

Loin de Washington, la paralysie partielle du gouvernement, la plus longue de l'histoire, suscite des inquiétudes dans des communautés où les fonctionnaires fédéraux sont des acteurs importants de l'économie locale. C'est le cas en Virginie-Occidentale.

« Il y a un ralentissement dans la région », constate Rocco Mauriale, propriétaire depuis 1969 d’un restaurant italien de Fairmount. Il fait porter le blâme au froid des derniers jours, mais surtout à la paralysie partielle du gouvernement américain.

Il est assis à une table.

Rocco Muriale, propriétaire d'un restaurant en Virginie-Occidentale.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Si mon travail ne me fournit pas de chèque de paie pour un deuxième mois de suite, je vais nécessairement être prudent avec tous les dollars que j’ai.

Rocco Muriale, propriétaire de restaurant de Fairmount en Virginie-Occidentale

« Nous avons certainement coupé dans les sorties au restaurant ou au cinéma », confirme Richard Heldreth.

Cet homme doit encore se rendre au travail, dans un pénitencier, même s'il n'est pas payé depuis le 22 décembre. Sa femme, également une employée fédérale, est en congé forcé.

Dans cette région du nord de la Virginie-Occidentale, on trouve le pénitencier, qui embauche à lui seul 720 travailleurs, et aussi un centre important du FBI, qui compte plus de 2500 employés.

Selon la mairesse de Clarksburg, ville d’environ 15 000 habitants où se trouvent les locaux de l’agence, il s’agit de très bons emplois qui sont venus combler un vide créé par les fermetures d’usine et de mines de charbon.

« Quand le gouvernement et le FBI sont venus s’installer ici, ça a fourni du travail à nos concitoyens, en plus d’attirer de nouvelles personnes dans la région », explique Catherine Goings.

Catherine Goings, la mairesse de Clarksburg

Catherine Goings, la mairesse de Clarksburg.

Photo : Radio-Canada

L’élue, elle-même entrepreneure, juge que l’impact de la paralysie du gouvernement demeure pour l’instant limité pour les commerces de Clarksburg, mais elle craint les effets négatifs si l’impasse perdure.

Elle souligne par ailleurs qu’en raison de fonds gouvernementaux qui ne peuvent pas être transférés pour le moment, la ville a dû contracter un prêt auprès d’une institution financière pour un projet de restauration d’édifice qui doit aller de l’avant.

La Virginie-Occidentale en chiffres :

  • 1,8 million d'habitants
  • Taux de chômage de 5,1 %
  • 49e sur 50 États pour le taux de chômage

Différentes régions, différents impacts

Vue de montagnes enneigées

La forêt nationale Monogahela, en Virginie-Occidentale.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier Auclair

À une heure de Clarksburg, dans la petite ville d’Elkins, située au pied des Appalaches, on vit différemment les conséquences de la paralysie partielle du gouvernement.

Ici, le gouvernement fédéral est notamment représenté par les employés du service des forêts, dont certains sont en congé forcé depuis plus de quatre semaines.

Dans la région, l’organisme The Nature Conservancy travaille en étroite collaboration avec le gouvernement fédéral pour mettre sur pied des initiatives de préservation des forêts nationales située en Virginie-Occidentale.

Photo de lui en gros plan

Thomas Minney, directeur pour la Virginie-Occidentale, The Nature Conservancy.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Thomas Minney, le directeur local de l’organisme, explique que si les projets sont mis en branle plus tard au printemps, le mois de janvier est idéal pour la planification. Or, depuis quelques semaines, rien ne bouge.

« S’il n’y a personne dans le bureau, c'est difficile de faire des plans », note-t-il.

À quand une entente?

En Virginie-Occidentale, comme ailleurs, l’impatience croît de jour en jour.

Il est temps que les divers acteurs agissent en adultes professionnels et parviennent à un compromis.

Catherine Goings, mairesse de Clarksburg

Si elle souhaite un retour à la normale des activités du gouvernement fédéral, la mairesse de Clarksburg est consciente qu’il faut s’attarder à la question de la sécurité à la frontière et elle souligne que l’enjeu est important pour plusieurs de ses concitoyens.

Elle n’est pas seule. Le sénateur démocrate de l’État, Joe Manchin, est l’un des rares élus de son parti à avoir montré un intérêt après l’offre présentée par le président samedi dernier.

La Virginie-Occidentale est après tout l’un des États qui ont le plus largement appuyé Donald Trump lors des élections présidentielles de 2016. Le républicain y avait récolté près de 68 % des voix.

« Je ne suis pas certain à propos du mur, mais il faut absolument de la sécurité à la frontière », affirme Robert Demotto, un citoyen rencontré au centre-ville de Clarksburg.

À près de 350 kilomètres de là, à Washington, un compromis semble encore hors de portée.

« Je me réveille tous les matins en espérant qu’aujourd’hui sera la bonne journée », lance le restaurateur Rocco Mauriale, qui se dit inquiet de la situation « en tant que citoyen, et en tant qu’entrepreneur ».

Donald Trump, président des États-Unis

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