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Des médecins réclament une meilleure couverture des traitements pour cesser de fumer

Des traitements pour aider à cesser de fumer sur une tablette de pharmacie

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dans une lettre ouverte, une soixantaine de médecins québécois demandent au ministère de la Santé et des Services sociaux de changer les règles afin que plus d'un traitement pour cesser de fumer soit couvert par l'assurance maladie chaque année.

Un texte de Solveig Miller

Au Québec, l'aide pharmaceutique − qu’il s’agisse de timbres de nicotine, de tablettes de médicaments ou de pastilles − n’est subventionnée que pour une seule tentative de sevrage par année.

S'il y a rechute, le fumeur doit attendre l'année suivante pour pouvoir acheter un traitement qui sera remboursé.

Selon le groupe de médecins, les règles de remboursement des thérapies de remplacement de la nicotine sont peu adaptées aux réalités de la dépendance et aux connaissances scientifiques sur la cessation, qui démontrent que l’aide pharmacologique triple le taux de succès à long terme.

« Actuellement, on n’a que 12 semaines par année pour le traitement de remplacement de nicotine et 24 semaines pour un traitement comme le Champix », dit le directeur du programme de cessation tabagique au CUSM, le pneumologue Sean Gilman.

On a besoin d’enlever les limites qui empêchent les fumeurs de faire un deuxième ou un troisième essai dans l’année.

Dr Sean Gilman, CUSM
Un médecin parle avec un patient dans un bureau

Le Dr Sean Gilman parle avec un patient à la clinique du programme de cessation tabagique au CUSM

Photo : Radio-Canada

Fumer ou arrêter de fumer est aussi une question financière

À la clinique du programme de cessation tabagique, l'infirmière clinicienne Siobhan Carney suit de près tous les grands fumeurs aux prises avec de sérieux problèmes de santé. Son rôle est de les aider à maintenir leur motivation d'arrêter de fumer.

L’argument qu'il en coûte plus cher de fumer que de se payer les médicaments ne tient pas la route selon elle, car sa clientèle fume souvent au rabais.

« 200 cigarettes [non-commerciales] peuvent coûter entre 10 $ et 20 $, déplore l’infirmière. Quand on est dépendant à un produit, on va trouver les moyens de payer. »

Elle explique que d’utiliser un timbre de nicotine ne donne pas la même satisfaction qu’une cigarette.

« Il faut avoir de la compassion », ajoute Siobhan Carney.

La difficulté d’arrêter de fumer

Pour Joanne Campbell, qui a commencé à fumer à l’âge de 12 ans, abandonner la cigarette n’est pas facile.

Souffrant aujourd’hui d'emphysème et d'asthme, elle a souvent tenté d'écraser pour de bon.

J’essaie, j’essaie, j’essaie… Il y a une fois où j’ai arrêté [pendant] deux ans, mais j’ai rencontré mon mari et il est un fumeur. Alors j’ai recommencé.

Joanne Campbell, fumeuse

Elle indique débourser 80 $ par semaine pour acheter ses timbres de nicotine et ses pastilles avec sa maigre paie de caissière à temps partiel dans un dépanneur.

Mme Campbell raconte avoir fait une rechute et devoir maintenant attendre jusqu'au printemps pour se faire rembourser ses traitements par l'assurance maladie.

Une infirmière et une patiente dans un bureau

L'infirmière clinicienne Siobhan Carney avec la patiente Joanne Campbell

Photo : Radio-Canada

Elle pense que le gouvernement devrait donner deux chances par année à ceux qui essaient de se libérer de l’emprise du tabac.

Les taxes sur le tabac permettent au gouvernement québécois d’ajouter près de 1 milliard de dollars dans ses coffres par année. Seul 1,7 % de cette somme est injecté pour donner un coup de pouce à ceux qui veulent abandonner le tabac.

Une situation qui n’est pas acceptable, selon le Dr Sean Gilman.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux s'est fixé comme objectif de faire baisser le nombre de fumeurs à 10 % de la population d'ici 2025. On en compte encore 18 %.

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