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Quelle est la valeur d'un court métrage qui se rend aux Oscars?

Une illustration du visage de Béatrice Picard, qui joue le personnage de Marguerite, avec un fond vert-gris et des dessins de feuilles.

Détail de l'affiche du film Marguerite, de Marianne Farley, sélectionné parmi les 10 titres en lice pour l’Oscar du meilleur court-métrage

Photo : Distribution H264

Angie Landry

L'annonce de la nomination de trois films canadiens finalistes à la 91e cérémonie des Oscars a fait vibrer le coeur des artisans. La place du court métrage au Québec, ce mal-aimé du 7e art, vient-elle de prendre un tournant?

C’est ce que croit le distributeur de films H264 et cocréateur du festival de courts métrages sur Facebook Pleins écrans, Jean-Christophe Lamontagne.

Sur les trois courts métrages qui se trouvent sur la fameuse liste des nommés de la soirée, deux films – Fauve de Jérémy Comte et Marguerite de Marianne Farley – sont sous l’égide du jeune distributeur.

Jean-Christophe Lamontagne

Jean-Christophe Lamontagne

Photo : H264 Distribution

C’est entre autres (mais surtout) parce qu’il s’est buté à un manque flagrant de ressources lorsqu’il a réalisé son premier film post-université que Jean-Christophe Lamontagne a décidé de prendre le court métrage québécois par la main.

« Je me suis rendu compte assez rapidement qu’au Québec, il se fait de très bons courts métrages, mais que, malheureusement, ils ne sont pas vus », constate-t-il.

[Les courts métrages] ne sont pas appréciés à leur juste valeur, et j’en ai fait un peu mon cheval de bataille.

Jean-Christophe Lamontagne

Selon Jean-Christophe Lamontagne, il faut faire tomber le préjugé selon lequel les courts métrages nécessitent moins de préparation et de temps de préparation qu'un long métrage. Parfois, c'est même le contraire, fait-il valoir.

Il se donne donc comme mission, au quotidien, de démocratiser cette forme d’art qui se cache un peu dans l’ombre d’une industrie qui se porte très bien.

Malheureusement, le court métrage n’a pas toujours eu une bonne réputation. Les gens pensent parfois que ce sont de "petits films". Des fois, je me fais dire : "Quand est-ce que tu vas faire un vrai film"?

Jean-Christophe Lamontagne

Sortir la grosse machine

Pour Jean-Christophe Lamontagne, ce n’est pas une fois en salle de montage qu’il faut penser à promouvoir ses films, long métrage ou pas. C’est un énorme travail en amont.

L'Idée, explique-t-il, est d’imaginer un parcours idéal pour chacun des titres et d’échelonner les inscriptions en festivals afin que chaque film soit vu et circule le plus possible partout dans le monde.

Ce travail se fait notamment à l’aide de la presse locale et internationale. Il faut qu’on parle des films, résume-t-il.

Une dame d'un certain âge se fait laver les cheveux, dans un bain, par une préposée.

L'actrice Béatrice Picard dans le film « Marguerite » de Marianne Farley.

Photo : Tou.tv : Marguerite

On a eu la chance de travailler sur les deux films [Fauve et Marguerite] dès la réception du scénario. Pendant que l’équipe de production était en tournage, on a pu commencer à réfléchir à la stratégie.

En fin de compte, oui, ce sont les meilleurs courts métrages de l’année aux Oscars. Mais ce n’est plus assez d’avoir "juste" des bons films. Il faut que tu fasses un travail sur le terrain.

Jean-Christophe Lamontagne

Sans l’apport de la publiciste britannique Catherine Lyn Scott, reconnue mondialement pour son travail, Fauve et Marguerite ne seraient probablement pas en lice pour les Oscars, croit le jeune distributeur.

Catherine a fait un travail colossal. Je dirais que ça a probablement fait pencher la balance en notre faveur, affirme-t-il, convaincu que le court métrage est une porte d’entrée inévitable pour tout cinéaste.

Deux jeunes garçons jouent dans une mine à ciel ouvert.

Fauve raconte les jeux de pouvoir malsains entre deux garçons sur le site de la mine à ciel ouvert de Thetford Mines. Il compte dans sa distribution Félix Grenier, Alexandre Perreault et Louise Bombardier.

Photo : Vimeo : Fauve, par Jérémy Comte

Une victoire du cinéma québécois

Mais le tour du chapeau du Canada avec les nominations annoncées mardi apportera-t-il un vent de changement pour le court métrage au pays? Et surtout, outre une mention sur un curriculum vitae, quelle valeur une nomination – et peut-être une victoire – à la plus importante cérémonie du cinéma peut-on associer à l’œuvre?

D’un point de vue pécuniaire, c’est sûr qu’on va vendre les deux films un peu plus, mais on ne deviendra certainement pas riches avec ça, avoue humblement Jean-Christophe Lamontagne.

Cela dit, pour le cinéphile, les nominations aux Oscars ne sont pas qu’une victoire pour Fauve ou pour Marguerite, mais pour le court métrage québécois.

Je pense que la véritable valeur, c’est la reconnaissance au Québec, mais aussi à l’international, de notre cinéma.

Jean-Christophe Lamontagne

Ça donne comme impression qu’on dit : watch out, attendez, au Québec, il se passe quelque chose d’extraordinaire. On a un système qui fonctionne. Tu regardes les Jean-Marc Vallée, les Denis Villeneuve, les Xavier Dolan... Il y a quelque chose au Québec qui fonctionne. Mais il y a encore beaucoup à faire, c’est sûr, dit-il, bien au fait des défis de l’industrie.

Selon lui, la multiplication des nominations de films canadiens à un gala prestigieux comme celui des Oscars permet au court métrage en soi de trouver une notoriété dans l’univers cinématographique.

« Depuis mardi, dans les médias, on parle de courts métrages. Pas juste des gens qui les font. »

Pour voir ces courts métrages :

Cinéma

Arts