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Santé : 4 fois plus de griefs en lien avec le temps supplémentaire obligatoire en Abitibi-Témiscamingue

Une infirmière
Une infirmière (archives) Photo: Radio-Canada / Julie Tremblay
Jean-Marc Belzile

Le nombre de griefs en lien avec le temps supplémentaire obligatoire dans les hôpitaux est en forte hausse depuis trois ans en Abitibi-Témiscamingue.

En 2015, 10 griefs avaient été déposés par la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) sur ce sujet.

Entre 2016 et 2018, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) en a reçu quatre fois plus en moyenne, soit 42 griefs par année.

Les 129 griefs déposés au cours des trois dernières années sont la preuve que le temps supplémentaire obligatoire (TSO) inquiète plusieurs employés.

Selon le président de la FIQ, Michael Bouchard, la situation est si fréquente que pratiquement tous ses membres ont été forcés à faire du TSO à un certain moment.

Nous, ce qu'on dit à l'employeur, c'est qu'on n'est pas convaincu des motifs que vous utilisez pour obliger les gens à rester, donc d'utiliser le temps supplémentaire obligatoire. Maintenant, on le dit clairement que c'est rendu un mode de gestion, c'est une façon de gérer les horaires.

Dès la sortie de l'horaire

Selon Michael Bouchard, dès la réception des horaires, le syndicat peut déjà identifier des endroits où le temps supplémentaire obligatoire sera requis.

Par le passé, c'était une mesure exceptionnelle d'obliger quelqu'un à rester, ce n'était pas quelque chose qu'on avait à rester, mais maintenant c'est quotidien, presque tous les secteurs y touchent. Le grief en soi, c'est de prévaloir les droits des membres, mais c'est aussi un message clair à l'employeur : les gens sont tannés que cette pratique soit utilisée pour gérer les horaires de travail.

Le CISSS-AT réplique

La directrice des ressources humaines au CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue, Isabelle Benoît, n'est pas de cet avis.

C'est possible qu'on voie qu'il y a des besoins de temps supplémentaire, mais de là à dire qu'on aurait besoin automatiquement de TSO, ça non, parce qu'avant de se rendre jusque là, on va utiliser tous les moyens possibles qu'on a. Quand on dit obligatoire, c'est vraiment parce qu'on a passé à travers tous les moyens possibles et imaginables avant de demander à quelqu'un d'être obligé de rester.

Isabelle Benoît admet tout de même que le temps supplémentaire obligatoire a augmenté au cours des dernières années.

Il y a plusieurs raisons, c'est certain que le fait qu'on a de la difficulté à recruter dans nos marchés, ce n'est pas facilitant. Le fait que les cohortes d'étudiants sonent en baisse de façon assez importante, particulièrement dans le domaine de la santé, le fait aussi qu'on a un taux d'assurance-salaire élevé, c'est plusieurs éléments qui font en sorte qu'on a augmenté le temps supplémentaire, nomme-t-elle.

La bonne nouvelle, c'est que tant le syndicat que le CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue se disent confiants que la nouvelle convention collective signée au début du mois de janvier contient des éléments qui pourraient permettre d'améliorer la situtation.

Abitibi–Témiscamingue

Relations de travail