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« Les gens ne connaissent pas Jagmeet », selon le vétéran du NPD Svend Robinson

Premier élu canadien ouvertement homosexuel, Svend Robinson s'est battu pour les droits de la communauté LGBT et l'aide médicale à mourir.
Svend Robinson, ancien député et candidat du NPD dans Burnaby-Nord–Seymour Photo: Radio-Canada / Toni Choueri
Louis Blouin

À quelques mois des élections fédérales, le chef du Nouveau Parti démocratique est encore méconnu des Canadiens. C'est le constat d'une figure marquante de la gauche au Canada : Svend Robinson. Cet ancien député du NPD, qui tentera de faire un retour en politique l'automne prochain, croit que le Québec demeure capital pour le succès de son parti.

C'est un vieux routier de la politique qui le dit : Jagmeet Singh doit mieux faire connaître ses priorités, son passé politique et sa carrière « d'avocat brillant » aux Canadiens. Svend Robinson a siégé au Parlement entre 1979 et 2004, et défendra à nouveau les couleurs du NPD dans Burnaby-Nord–Seymour en 2019.

Je crois que les gens ne connaissent pas vraiment Jagmeet Singh. C'est vraiment un défi aussi au Québec, soyons clairs.

Svend Robinson, ancien député et candidat du NPD dans Burnaby-Nord–Seymour

Les Québécois « connaissent les Alexandre Boulerice, Ruth Ellen Brosseau, les députés de proue comme ça, mais pas Jagmeet », explique M. Robinson.

Le militant de longue date est convaincu que Jagmeet Singh relèvera le défi, mais il doit d'abord se concentrer sur l'élection partielle dans Burnaby-Sud le 25 février pour obtenir un siège au Parlement. Les difficultés connues par le nouveau chef ces derniers mois ne l'inquiètent pas outre mesure.

« Ça a pris du temps à Jack Layton de s'établir », rappelle-t-il. « Je crois que quand Jagmeet sera élu, quand il [fera] face à Justin Trudeau sur les grands dossiers, les gens reconnaîtront qu'on a un chef qui appuie leurs priorités », ajoute l'ancien député.

Le chef néo-démocrate a fait des questions du logement social, de l'opposition à l'expansion du pipeline Trans Mountain et de l'accès aux médicaments les thèmes de sa campagne.

Un homme avec un turban jaune est photographié plan épaule sur fond bleu.Jagmeet Singh Photo : The Canadian Press / DARRYL DYCK

Quel avenir pour le NPD?

Svend Robinson ne se fait pas d'illusions sur l'état de sa formation politique à moins d'un an des élections générales, mais reste optimiste. Le NPD stagne dans les sondages, les finances du parti sont dans le rouge et plusieurs députés d'expérience songent à ne pas se représenter.

Il y a des difficultés, les sondages ne sont pas encourageants, mais une semaine, c’est long en politique.

Svend Robinson, ancien député et candidat du NPD dans Burnaby-Nord–Seymour

Il espère que sa longue feuille de route comme militant et politicien profitera au parti. « J'ai pas mal d'expérience, pas mal de cicatrices après 25 ans comme député, et si ça peut aider l'équipe, j'espère que ce sera un atout », explique M. Robinson.

Le retour de Svend Robinson

Svend Robinson a représenté la circonscription de Burnaby pendant 25 ans. Il est officiellement candidat dans la circonscription Burnaby-Nord–Seymour pour l'élection fédérale de 2019. Premier élu canadien ouvertement homosexuel, il s'est battu pour les droits de la communauté LGBT et l'aide médicale à mourir. Il a quitté la vie politique abruptement en 2004 après avoir admis le vol d'une bague d'une grande valeur. Il avait obtenu une absolution sous conditions après avoir expliqué son geste par des problèmes de santé mentale. En 2006, il avait perdu contre la libérale Hedy Fry.

Svend Robinson lors du lancement de sa campagne dans Burnaby-Nord-Seymour.Svend Robinson lors du lancement de sa campagne dans Burnaby-Nord–Seymour Photo : Radio-Canada / Julie Landry

Comment convaincre le Québec?

Avec ses 16 députés néo-démocrates, « le Québec doit être absolument central », déclare sans détour l'homme de 66 ans.

À son avis, le NPD doit prendre une position « claire et forte » sur les changements climatiques, un enjeu qui résonne auprès des Québécois. Il cite en exemple la mobilisation et les manifestations entourant le réchauffement climatique dans la province, tout comme l'opposition du nouveau premier ministre François Legault au projet de pipeline Énergie Est.

Si les gens reconnaissent le fait que Justin Trudeau a complètement abandonné le leadership sur la question des changements climatiques et celle des droits des Autochtones, je crois qu'on peut vraiment faire des percées importantes.

Svend Robinson

 Par ailleurs, le candidat rejette tout nouveau projet de pipeline au Canada, alors que son chef a limité son opposition aux projets Trans Mountain et Énergie Est. Jagmeet Singh ne s’est pas montré aussi catégorique à propos du projet de Gazoduc Coastal GasLink dans le nord de la Colombie-Britannique.

« C'est très clair, on ne peut pas augmenter le niveau d'émissions, on ne peut pas ajouter une infrastructure, il faut des changements de fond vers l'énergie renouvelable », fait-il valoir.

Louis Blouin est correspondant parlementaire pour Radio-Canada à Ottawa.

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