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Fuite de gaz à l'école des Découvreurs : plus de la moitié des enseignants en congé maladie

Les explications de Jacaudray Charbonneau.

Un peu plus de la moitié des 17 enseignants de l'école primaire des Découvreurs étaient toujours absents, mercredi, neuf jours après la fuite de monoxyde de carbone qui a provoqué l'évacuation de l'établissement scolaire, situé dans l'arrondissement montréalais de LaSalle.

La porte-parole de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), Gina Guillemette, a confirmé l’absence de plusieurs instituteurs, mercredi, dans un échange de courriels avec Radio-Canada. « Mais je ne peux vous répondre sur le motif [de leur absence], ce sont des renseignements personnels », a-t-elle indiqué.

Selon le syndicat, toutefois, la moitié du personnel enseignant de l'école n'est toujours pas de retour au travail.

« Il y a une dizaine d’enseignants, à peu près, qui seraient toujours en absence, en ce moment, pour des raisons de santé », a affirmé en entrevue Mélanie Hubert, présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Ouest de Montréal. « Des gens qui sont encore étourdis, qui ont des nausées, des difficultés à se concentrer. Certains ont été hospitalisés en début de semaine passée et sont restés absents depuis ce temps; d’autres ont eu des symptômes en cours de route, ont consulté et ont choisi de s’absenter pour prendre soin d’eux. »

Mme Hubert a souligné que plusieurs membres du personnel présentent des symptômes psychologiques. « Il y a aussi des gens qui disent : "Il nous vient en tête ce qui s’est passé ce matin-là, on repense aux événements, on revit le stress et l’angoisse de ce matin-là" », a-t-elle relaté.

Pour remplacer les professeurs malades, la CSMB s'est tournée vers ses conseillers pédagogiques – qui sont souvent d'anciens instituteurs – plutôt que vers des suppléants. Chacun d'eux s'est vu confier un groupe différent, qu'il accompagne jour après jour. Ainsi, ils apportent une certaine stabilité auprès des élèves, a expliqué la commission scolaire.

Les enfants de retour à l'école

Les enfants, pour leur part, se portent bien. L'Hôpital de Montréal pour enfants et le CHU Sainte-Justine confirment que ceux qui avaient été hospitalisés ont tous pu rentrer chez eux.

Gina Guillemette a même noté mardi que le taux d’absentéisme à l’école était « plus bas que d’habitude ».

Quelques parents nous ont néanmoins affirmé que leurs enfants continuent de présenter des symptômes. Ils s'inquiètent aussi de ne pas voir tous les enseignants de retour au travail.

Pour les rassurer, le CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal les a conviés mercredi soir à une séance d'information sur la gestion de l'anxiété au CLSC de LaSalle.

Plusieurs enquêtes

Pour faire la lumière sur ce qui s'est passé, la CSMB mène depuis la semaine dernière « une vérification de l’ensemble des faits et éléments relatifs à l’incident », a mentionné la porte-parole de la Commission scolaire.

Une enquête policière a également été ouverte à la suite des événements, selon Mme Guillemette, ce qu'a refusé de confirmer le Service de police de la Ville de Montréal.

La Direction de la santé publique de Montréal mènera de son côté une enquête épidémiologique pour suivre les enfants jusqu'au rétablissement complet et s'assurer que le processus de suivi fonctionne bien.

Enfin, l'Hôpital de Montréal pour enfants, qui avait émis un « code orange » dans la foulée de l'évacuation de l'école des Découvreurs, sondera les familles afin de connaître leur taux de satisfaction à l'égard du service qu'elles ont reçu.

Dommages au système de chauffage

Enfants comme adultes ont souffert de nausées, de vomissements et d'étourdissements, le 14 janvier dernier, après la rupture d'un joint du système de chauffage. Neuf enfants ont même perdu connaissance.

Une fois sur place, les pompiers de Montréal ont détecté des niveaux de monoxyde de carbone jusqu'à cinq fois plus élevés que le seuil commandant l'évacuation d'un bâtiment. Les détecteurs de l’école n’auraient pas fonctionné correctement.

L’école a rouvert ses portes le surlendemain, les analyses de la qualité de l’air ayant montré qu'il n'y avait plus aucun danger pour la santé des enfants.

Quelques jours plus tard, le ministère de l'Éducation sommait toutes les écoles du Québec de confirmer la présence et le bon fonctionnement de détecteurs de monoxyde de carbone dans chacun de leurs bâtiments. Cet ultimatum prenait théoriquement fin mardi.

Avec les informations de René St-Louis et Jacaudrey Charbonneau

Grand Montréal

Éducation