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Statistiques alarmantes sur les candidats à la prestation sur le revenu minimum de base en Ontario

Un porte-feuille vide

Selon le sondage, 43% des personnes interrogées disent qu'elles ne s'en sortent pas financièrement.

Photo : Radio-Canada

Jean-Philippe Nadeau

Un sondage réalisé auprès des Ontariens qui avaient été approchés pour recevoir le revenu minimum garanti (RMG) dans la province montre qu'ils éprouvaient à l'époque des difficultés particulières au chapitre du logement, de la santé mentale et de la sécurité alimentaire.

L'étude a été réalisée en 2017 par une équipe de l'Hôpital St. Michael de Toronto à la demande de l'ancien gouvernement libéral, mais les résultats n'ont été divulgués que mardi par la Table ronde de Hamilton sur la réduction de la pauvreté.

Il s'agissait d'un projet pilote que les conservateurs ont annulé l'été dernier, mais dont les prestations continueront d'être versées jusqu'à la fin mars 2019. Le gouvernement Ford avait qualifié l'initiative de trop onéreuse.

Le revenu minimum de base, qui était distinct de l'aide sociale, était accordé à toute personne qui satisfaisait au critère d'admissibilité sur le revenu. Il pouvait aussi être attribué à une personne active sur le marché du travail, mais qui gagnait moins que le revenu de base dont le maximum avait été fixé à 16 989 $ par année.

Le sondage analyse donc en détail la vie des quelque 4000 candidats au RMG qui y ont répondu en deux étapes dans les trois villes où le projet pilote avait été implanté, soit Hamilton, Lindsay et Thunder Bay. Il porte donc sur la période d'inscription qui a suivi l'annonce du gouvernement Wynne en avril 2017.

  • près de 35 % d'entre eux sont âgés de 18 à 29 ans ; 37 % de 30 à 49 ans; 28 % de plus de 50 ans
  • 52 % sont des femmes, 46 % des hommes et 1 % transgenres ou non genrés
  • 13 % sont mariés ou conjoints de fait et 27 % ont au moins un enfant à charge

Emploi

Environ 70 % des répondants disent qu'ils ne sont pas en mesure de travailler à cause d'un handicap physique ou mental.

Par ailleurs, 12 % soutiennent qu'ils ne travaillent pas, parce qu'ils sont retournés aux études à temps partiel ou à temps plein.

Au sujet de l'éducation justement, plus du quart des répondants n'avaient pas fini leurs études secondaires. Moins du tiers d'entre eux avaient un DES. Enfin, 40 % avaient un diplôme d'études collégiales (général ou technique) ou universitaires.

Ceux qui travaillent empochaient par ailleurs un salaire moyen de 16 $/heure tous emplois confondus.

Sécurité alimentaire

À la création du projet pilote, les candidats sélectionnés disaient qu'un tel revenu leur permettait de se refaire une santé, de regagner leur estime de soi et d'envisager de meilleures perspectives d'emploi. Les résultats du sondage montrent que le logement et la sécurité alimentaire représentaient de sérieuses barrières à leur épanouissement.

Moins du tiers seulement des répondants disent par exemple manger à leur faim, contre les deux tiers qui peinent à se nourrir convenablement chaque semaine, faute de pouvoir payer l'épicerie.

Plus de 40 % affirment d'ailleurs qu'ils ne s'en sortent pas financièrement tandis que 50 % disent y arriver tout juste. Seulement 6 % précisent qu'ils n'ont aucun problème financier.

On voit Tom Cooper de la Table Ronde sur la réduction de la pauvreté de Hamilton.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Maxime Beauchemin

Le responsable de la Table ronde de Hamilton, Tom Cooper, ne se dit pas surpris. Cela signifie que certains prestataires se passent d'un ou deux repas dans la journée ou s'abstiennent de manger pour pouvoir nourrir leur enfant.

Outre le loyer, l'étude montre que les répondants ont comme premiers soucis de payer l'épicerie, puis leur mode de transport (voiture ou transport en commun), puis leurs factures de télécommunications (internet, téléphone et télévision).

À l'inverse, les personnes interrogées sacrifiaient en premier lieu les cadeaux, puis les dépenses reliées au divertissement, les activités pour enfants et enfin les vêtements.

Logement

Fait intéressant : le sondage a été rempli par des sans-abri. Plus de 2 % des répondants vivaient dans la rue au moment où ils ont répondu aux questions du ministère. L'étude énumère les endroits inusités que certains d'entre eux fréquentaient, comme la banquette arrière d'une voiture, un abri de fortune dans un parc, un refuge pour personnes violentées ou une maison de transition.

Peu importe le type de logement conventionnel, le coût moyen d'un loyer s'élève par ailleurs à 743 $ par mois selon le rapport (ce qui inclut les services d’aqueduc, d'électricité et de chauffage). La moitié des répondants soutiennent que leurs frais de logement étaient sérieusement inabordables. Un nombre important de personnes disent dépenser jusqu'à 50 % de leurs revenus dans leur loyer, explique M. Cooper.

Le sondage révèle par ailleurs la prédominance des problèmes de santé mentale dans les questions sur le bien-être. Environ 80 % des personnes interrogées disent par exemple vivre une période de détresse psychologique plus ou moins prononcée. Approximativement, 60 % des répondants disent enfin qu'ils sont insatisfaits de la vie.

L'étude ne fait que confirmer que beaucoup de personnes vivent une situation désespérée dans leur foyer, conclut Tom Cooper.

Pauvreté

Société