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Le Manitoba entreprend une revue en profondeur de son système scolaire

Trois personnes sont assises à une table. L'homme de gauche, le ministre, parle à un micro, pendant que la femme et l'homme situés à sa gauche regardent devant eux et sourient.

Le ministre de l'Éducation, Kelvin Goertzen, annonce la mise sur pied d'une commission indépendante présidée par Janice McKinnon (au centre) et Clayton Manness (à droite). La commission devra établir une nouvelle vision à long terme pour le système scolaire au Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement du Manitoba met sur pied une commission indépendante pour entreprendre une revue complète du système scolaire, de la maternelle à la 12e année. Le ministre de l'Éducation, Kelvin Goertzen, a annoncé mercredi matin la composition et le mandat de cette commission.

« Il y a plusieurs choses qui nous rendent fiers de notre système d’éducation, mais il y a aussi des défis, affirme Kelvin Goertzen. Nous voulons entendre ce que les Manitobains ont à dire à ce sujet. »

Le mandat de la commission est large. Selon le ministre, il s'agit d'établir une nouvelle vision à long terme pour l'ensemble du système scolaire.

Cela comprend notamment les méthodes d'apprentissage et d'enseignement ainsi que le mode de gouvernance. « Tout est sur la table », dit le ministre, y compris une possible restructuration des divisions scolaires.

La commission sera présidée par Janice McKinnon, qui a fait partie du Cabinet de la Saskatchewan, et Clayton Manness, ancien ministre des Finances et de l'Éducation au Manitoba dans les années 1980 et 1990.

La Commission comptera également parmi ses membres le député Ian Wishart, adjoint législatif du ministre de l’Éducation, qui dirigera les consultations.

Les six autres commissaires sont Terry Brown, Mark Frison, John Daniel Lees, Jill Quilty, Laurel Repski et Denis Robert.

Dans les prochains mois, ils rencontreront enseignants, élèves, parents et autres intervenants du monde de l'éducation. La consultation prendra aussi la forme d'un sondage en ligne auquel pourront participer tous les Manitobains.

« Nous nous concentrerons sur les résultats des élèves, la durabilité à long terme et l’accroissement de la confiance du public, et nous examinerons l'éventail des besoins relatifs à l’apprentissage des jeunes enfants, à l’éducation postsecondaire et au marché du travail », a ajouté Clayton Manness.

La commission espère présenter un rapport avec recommandations d'ici le mois de février 2020.

L'éducation en français

Le ministre admet que la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) a un statut particulier, mais encourage les parties prenantes du milieu de l'éducation en français à faire valoir leur opinion devant la commission.

« Nous allons tout faire pour nous assurer que le Bureau de l’éducation française (BEF) et les parties prenantes du milieu de l'éducation en français participeront activement au processus, car ils seront aussi touchés par des changements potentiels au cursus », affirme-t-il.

« Il y a des membres de la commission qui ont une expérience en matière d’éducation en français et il y aura un appui à cet endroit », ajoute le ministre.

Le président de la DSFM, Bernard Lesage, accueille favorablement cette nouvelle commission. « On veut toujours revoir notre système et s’assurer qu’on va dans la bonne direction », affirme-t-il.

Selon lui, la DSFM souhaitera rencontrer la commission pour lui faire part des « préoccupations, des défis et des succès de la DSFM ».

« Il reste à voir ce qui va sortir de là. L’éducation, comme n’importe quelle organisation, a besoin de revoir de temps à autre sa façon de livrer ses programmes. Mais de dire que nous avons besoin de faire des changements complets, c’est de mettre la charrue avant les bœufs », ajoute Bernard Lesage.

L'opposition se questionne

Selon le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) du Manitoba, Wab Kinew, le gouvernement cherche uniquement à faire des compressions budgétaires.

« Après 20 ans dans l’opposition, Brian Pallister applique les vieilles tactiques de son parti : des coupes. Kelvin Goertzen, qui a lancé un plan de fermeture des salles d'urgence, a recruté un ministre de l'Éducation de l'ère Filmon pour terminer le travail qu'il avait commencé dans les années 1990, affirme Wab Kinew. Sous Clayton Manness, les conservateurs ont éliminé des centaines de postes d'enseignants et augmenté considérablement le nombre d'élèves par classe. »

Le chef du Parti libéral du Manitoba, Dougald Lamont, déplore que les commissaires choisis par le ministre proviennent surtout du monde de la finance et des ressources humaines, et qu’on n’y trouve pas de représentants des parents, des enseignants, des commissions scolaires ou encore des spécialistes en éducation.

« Il n’y a personne du monde de l’éducation dans cette commission, mais nous avons Clayton Manness qui a été ressuscité des années 1980 et 1990 et qui a une expérience dans les compressions », lance-t-il.

Parmi les membres de la commission, Mark Frison est le président-directeur général du collège communautaire Assiniboine, à Brandon; John Daniels Lees est un ancien enseignant en science; Jill Quilty est une avocate qui détient aussi une maîtrise en éducation; et Denis Robert est un directeur d’école à la retraite qui a travaillé en immersion.

« Sans grande surprise, je ne comprends pas ce qui se passe. Cette commission d’enquête devait avoir lieu il y a deux ans et demi », ajoute Dougald Lamont.

Le président du syndicat des enseignants, la Manitoba Teacher's Society, est plus optimiste.

« En regardant les commissaires, je suis heureux de voir un groupe aussi éclectique et j'ai hâte que l'examen de l'éducation commence. Cela fait des décennies qu’une telle revue a eu lieu et les enseignants de toute la province participeront de tout cœur », dit-il dans une courte déclaration écrite.

Manitoba

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