•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Michael Cohen reporte son audition au Congrès sous les « menaces » de Trump

Michael Cohen.
Michael Cohen reporte son audition au Congrès. Photo: Reuters / Jeenah Moon
Sophie-Hélène Lebeuf

L'ex-avocat et homme de confiance de Donald Trump veut reporter son audition au Congrès, prévue le 7 février, invoquant des « menaces » du président et de son avocat Rudy Giulani. Les démocrates pourraient toutefois vouloir le forcer à comparaître.

Dans une déclaration faite mercredi, l'avocat de Michael Cohen indique que son client ne comparaîtra pas devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants dans deux semaines, en raison, notamment, « de menaces contre sa famille de la part du président Trump et de M. Giulani, aussi récemment que ce week-end ».

« M. Cohen doit accorder la priorité à sa famille et à leur sécurité », poursuit Me Lanny Davis.

Il rappelle aussi « la coopération continue de M. Cohen avec des enquêtes en cours ».

Michael Cohen, qui s'était par le passé dit prêt à « prendre une balle » pour protéger le président, a accepté de coopérer avec l'équipe du procureur spécial Robert Mueller, responsable de l'enquête sur l'ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016 et sur une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.

Michael Cohen « a hâte de témoigner à un moment approprié », assure Me Davis, qui n'a précisé aucune échéance.

Forcé à témoigner?

Les démocrates envisagent cependant la possibilité de l'assigner à comparaître.

Dans un communiqué, le président de la commission de surveillance de la Chambre, Elijah Cummings, a dit s'attendre à ce que Michael Cohen témoigne comme prévu devant la commission qu'il dirige de même que devant la commission judiciaire.

Interrogé ensuite par les journalistes sur la possibilité de le faire comparaître une fois en prison, le représentant du Maryland a répondu : « Bien sûr, nous le pouvons! » La détention de Michael Cohen, d'une durée prévue de trois ans, doit débuter en mars prochain.

Dans son communiqué, Elijah Cummins disait cependant « comprendre » que la famille de Michel Cohen « craint pour [sa] sécurité après ces attaques ».

Au cours d'une entrevue accordée le mois dernier au réseau Fox News, le Donald Trump a sous-entendu qu'il avait des renseignements dommageables sur le beau-père de son ex-avocat, en mentionnant son argent et en invitant les enquêteurs à s'intéresser à lui.

Il a aussi écrit sur Twitter à son sujet à plusieurs reprises.

Le week-end dernier, l'avocat du président a affirmé sur les ondes de CNN que celui-ci ne faisait que se défendre. Le beau-père de Michael Cohen « pourrait avoir des liens avec le crime organisé », a déclaré Rudy Giulani.

« Nous ne laisserons pas les tactiques du président empêcher le Congrès d'assumer ses responsabilités constitutionnelles de surveillance », a affirmé M. Cummings.

Les efforts pour intimider les témoins, effrayer les membres de leur famille ou les empêcher de témoigner devant le Congrès sont des tactiques utilisées par la mafia, que nous condamnons avec la plus grande fermeté.

Elijah Cummings, président de la commission de surveillance de la Chambre des représentants, dans un communiqué

L'avocat de Michael Cohen a condamné la sortie de Donald Trump la semaine dernière. « C'est la définition même de l'intimidation et de la subornation de témoins », a-t-il lancé, accusant le président de se servir de sa fonction pour faire de l'intimidation.

Menacé « par la vérité »

Michael Cohen est « seulement menacé par la vérité », a réagi le président Trump devant les journalistes.

Le mois dernier, il a traité son ancien avocat de « rat », parce qu'il collaborait avec les enquêteurs. Il l'a aussi accusé de mentir pour voir sa peine de prison réduite.

En décembre 2018, Michael Cohen a été condamné à une peine de plus de trois ans de prison pour s'être rendu coupable d'évasion fiscale, avoir menti au Congrès et avoir enfreint les règles du financement électoral en versant de l'argent, en pleine campagne présidentielle, à la playmate Karen McDougal et à l'actrice de cinéma pornographique Stormy Daniels, qui allèguent toutes deux avoir eu une liaison avec le milliardaire républicain avant son entrée en politique.

L'avocat déchu avait indiqué avoir acheté le silence de ces deux femmes, « principalement afin d'influencer l'élection présidentielle de 2016 » et avoir agi « à la demande du candidat », qui n'était pas spécifiquement nommé.

Il avait aussi reconnu que les négociations qu'il a contribué à mener avec la Russie au nom de Donald Trump pour faire aboutir le projet de construction d'une Trump Tower à Moscou se sont poursuivies jusqu'en juin 2016, alors que son client faisait campagne pour devenir président des États-Unis, admettant avoir menti à ce sujet au Congrès.

Avec les informations de Reuters

International