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Forum économique mondial : les partisans de la coopération ripostent

La chancelière allemande, Angela Merkel, prend la parole au sommet économique de Davos.

La chancelière allemande, Angela Merkel, prend la parole au sommet économique de Davos.

Photo : The Associated Press / Markus Schreiber

Associated Press

Les dirigeants du monde favorables à la coopération internationale et au libre-échange ont riposté mercredi à la vague de nationalisme populiste qui occupe une place plus importante que d'habitude lors du rassemblement des élites à Davos, en Suisse.

Alors que les chefs d'État se relayaient pour s'adresser aux magnats de la politique et des affaires, la question de la coopération mondiale est apparue comme une ligne de démarcation.

Les dirigeants du Japon et de l'Allemagne, des pays qui ont connu un commerce florissant depuis leur dévastation sous les dirigeants nationalistes de la Deuxième Guerre mondiale, ont martelé le besoin de coopération.

Il s'agissait d'une riposte évidente aux discours précédents du président populiste brésilien et du secrétaire d'État américain Mike Pompeo, qui ont dit que les gouvernements devraient se concentrer davantage sur l'intérêt national au détriment des règles internationales.

Je pense qu'il est utile de réunir des personnes partageant les mêmes idées à travers le monde, car tout le reste nous mènerait au désespoir.

Angela Merkel, chancelière d'Allemagne

Elle a ajouté que les efforts pour lutter contre les problèmes mondiaux, du ralentissement économique aux tensions sur le commerce, le Brexit et les migrations, « ne fonctionneront que si nous sommes capables de faire des compromis ».

Elle a cité comme exemple positif un accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Japon, qui entrera en vigueur le 1er février.

Le conflit entre la Chine et les États-Unis inquiète

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a mis l'accent de la même manière sur la collaboration, évoquant un autre accord commercial entre les pays du littoral du Pacifique. Il a toutefois averti qu'il y avait des risques.

« Les frictions commerciales entre les États-Unis et la Chine sont l'un de ces risques et le Japon a toujours déclaré que les représailles commerciales ne servent à rien », a-t-il déclaré lors de sa première présence à Davos en cinq ans.

Les États-Unis et la Chine, les deux plus grandes économies du monde, sont aux prises avec un important différend commercial et ont imposé des droits de douane sur des centaines de milliards de dollars de biens.

L'administration du président américain Donald Trump a déclaré que la Chine ne faisait pas preuve de transparence en ce qui concerne les subventions gouvernementales octroyées aux entreprises chinoises et qu'elle s'appropriait la propriété intellectuelle des entreprises occidentales.

Bien que M. Abe et Mme Merkel aient carrément mis en garde contre l'adoption de mesures punitives comme celles de M. Trump, sans passer par des institutions internationales telles que l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour régler leurs différends, le Japon et des pays européens se sont également plaints de la Chine.

Réorganisation

M. Abe a déclaré que l'OMC devait être réorganisée. Des efforts sont en cours pour désamorcer le différend entre les États-Unis et la Chine, une délégation chinoise de haut niveau devant se rendre à Washington le 30 janvier.

Des changements majeurs sont en cours et l'OMC est en retard, elle ne suit pas le rythme. Nous devons la réformer.

Shinzo Abe, premier ministre du Japon

Le niveau de tension reste toutefois élevé, et le vice-président chinois a utilisé son propre discours à Davos pour tirer sur M. Trump et son administration.

« Transférer la responsabilité de ses propres problèmes sur les autres ne résoudra pas les problèmes », a déclaré Wang Qishan.

Il a cherché à présenter la Chine un promoteur des marchés libres, même si, en réalité, elle contrôle étroitement l'accès aux investisseurs et aux entreprises étrangers.

« Ce que nous devons faire, c'est élargir le gâteau tout en cherchant des moyens de le partager de manière plus équitable, a-t-il illustré. La dernière chose que nous devrions faire est de cesser de faire la tarte et engager un débat futile sur la façon de la diviser. »

L'incertitude entourant le Brexit a également été au centre des discussions à Davos en tant que risque majeur pour le commerce mondial et la coopération.

Mme Merkel a déclaré qu'elle travaillait pour un Brexit « bien ordonné » et souhaitait un « bon » partenariat futur avec le Royaume-Uni, non seulement sur le commerce, mais également sur des questions telles que la sécurité et la défense.

« Plus la relation est cordiale, plus c'est simple pour nous tous », a-t-elle dit.

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