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L'impact du don d'organes dans un contexte d'aide médicale à mourir

Une femme médecin consulte des dossiers.
Dre Marie-Josée Bériault, médecin coordonnatrice des dons d'organes et de tissus pour la Mauricie et le Centre-du-Québec Photo: Radio-Canada
Marie-Pier Bouchard

Marcel Boucher a non seulement été le premier en Mauricie à faire un don d'organes après avoir reçu l'aide médicale à mourir, mais c'était aussi la première fois qu'on prélevait des organes dans les murs de l'hôpital de Shawinigan.

S’il a touché beaucoup de gens avec son témoignage, le cas de Marcel Boucher a aussi été très significatif pour la communauté médicale de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

La Dre Marie-Josée Bériault, médecin coordonnatrice des dons d’organes et de tissus pour la Mauricie et le Centre-du-Québec, affirme que grâce à M. Boucher, l’équipe médicale de Shawinigan a maintenant une corde de plus à son arc.

Une homme portant des lunettes en entrevue dans sa chambre d'hôpital.Marcel Boucher est la première personne en Mauricie qui a donné ses organes après avoir reçu l'aide médicale à mourir. Photo : Radio-Canada

« Il faut savoir que c'est des chirurgiens de l'extérieur qui viennent faire le prélèvement avec une équipe qui n'est pas habituée de faire ça », explique-t-elle.

Donc ça prouve qu’avec l'encadrement que Transplant Québec offre et les chirurgiens qui viennent encadrer l’équipe, c'est accessible. Qu'on va être capable de le faire, peu importe où on est dans la région.

Dre Marie-Josée Bériault, médecin coordonnatrice des dons d'organes et de tissus, Mauricie-Centre-du-Québec
Une dame portant un chandail noir et une veste de jeans dans une chambre d'hôpitalDre Marie-Josée Bériault. médecin coordonnatrice des dons d'organes et de tissus pour la Mauricie et le Centre-du-Québec Photo : Radio-Canada

Le don d’organes chez les patients qui demandent l’aide médicale à mourir est encore très méconnu selon la Dre Bériault, dans la population, mais aussi dans toute la communauté médicale.

Pourtant, il y aurait des donneurs d’organes à grand potentiel chez les gens qui ont recours à l’aide médicale à mourir, surtout les gens qui souffrent de maladies neurologiques. Dans ces cas, les organes ne sont bien souvent pas affectés selon la Dre Marie-Josée Bériault.

Elle admet que c’est un sujet délicat, dans le contexte où le monde médical est toujours en adaptation face à la loi sur l’aide médicale à mourir,

Il y aurait par contre des donneurs à grand potentiel parmi les gens qui ont recours à l’aide médicale à mourir selon la Dre Bériault.

« Un donneur de plus ça peut sauver jusqu'à 8 vies. C'est sûr qu'on ne peut pas négliger personne dans sa demande. Ce serait dommage de ne pas accéder à sa demande parce que c'est dans un contexte d'aide médicale à mourir », dit-elle.

Un ambulancier porte une glacière bleue pour un don d'organes. Une civière se trouve en avant-plan.Un don d'organes Photo : iStock

Transplant Québec abonde dans le même sens et son comité d’éthique « recommande d’informer les donneurs potentiels dont la demande d’aide médicale à mourir a été acceptée », peut-on lire dans un document produit dans la foulée de la loi qui est entrée en vigueur en décembre 2015.

Cependant, la directrice des services cliniques et soins infirmiers chez Transplant Québec, Marie-Josée Simard, tient à préciser que les deux processus sont indépendants.

« Il faut faire attention. Nous on demande chez Transplant Québec de faire en sorte que le sujet du don d'organes soit abordé seulement quand le processus d'aide médicale à mourir est vraiment décidé, autorisé avec toutes les signatures légales requises pour que la personne n’ait pas deux sujets importants en tête », explique Mme Simard.

Un don d’organes pas comme les autres

Par ailleurs, le rôle de Transplant Québec est différent dans le cadre de ce type de don qui présente plusieurs particularités selon Marie-Josée Simard.

« La première particularité, c’est que la relation, le contact, les démarches se font directement avec le donneur. Dans les autres types de dons d’organes, généralement c’est avec la famille et les proches », explique-t-elle.

Transplant Québec doit aussi s’assurer que le patient est au fait de toutes les contraintes que cette décision implique.

Par exemple, la personne est contrainte de recevoir l’aide médicale à mourir à l’hôpital où on a accès à un bloc opératoire rapidement et la famille ne peut pas rester avec la personne après que le décès ait été constaté. Le patient doit aussi se soumettre à différents tests de médicaux avant de recevoir l’aide médicale à mourir afin de vérifier s’il se qualifie pour le don d’organes, ce qui peut bousculer sa fin de vie.

Des chirurgiens procèdent à une transplantation d'organe. Des chirurgiens procèdent à une transplantation d'organe. Photo : iStock

Choisir de faire un don d’organes quand on reçoit l’aide médicale à mourir, c’est donc aussi accepter qu’on n'aura pas totalement le contrôle sur nos derniers moments.

Selon les plus récentes données de Transplant Québec, 786 personnes étaient en attente d’une transplantation au Québec le 31 décembre 2017, dont 39 en Mauricie-Centre-du-Québec.

Grâce au don de Marcel Boucher, des personnes ont pu être retirées de cette liste.

Mauricie et Centre du Québec

Aide médicale à mourir