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Une Érythréenne d’Edmonton menacée d’expulsion

Une jeune femme noire est assise dans l'herbe. Elle porte un manteau noir et des lunettes de soleil sont posées sur sa tête.
Zebib Mengustu risque d'être renvoyée de force en Érythrée, le 25 février 2019. Photo: Tiebe Mengustu
Nafi Alibert

En s'installant à Edmonton, Zebib Mengustu pensait avoir trouvé un refuge où refaire sa vie. Aujourd'hui, la demandeuse d'asile originaire d'Érythrée craint d'être forcée de retourner dans ce pays qu'elle a fui, victime de persécutions religieuses.

« Comment pourrait-elle rentrer en Érythrée? Ce n’est pas sûr d’y retourner », clame Tiebe Mengustu, la soeur de Zebib. « Il n’y a pas de libertés ni de démocratie [là-bas]. »

Les autorités canadiennes qui ont étudié la demande de statut de réfugié de Zebib n’ont pas eu les mêmes préoccupations quand elles ont débouté la femme de 31 ans à deux reprises, en 2012 et en 2016.

Compte à rebours

Zebib Mengustu est incarcérée depuis le 3 janvier au centre de détention provisoire d'Edmonton pour avoir refusé de signer l’ordre d’expulsion prévue pour le 25 février, car elle était effrayée à la simple idée de retourner en Érythrée.

L'autre raison évoquée par les autorités pour la détenir est qu'elle pourrait prendre la fuite pour échapper à cette expulsion.

« Elle s’est impliquée dans la communauté dès son arrivée. Elle n’a commis aucun délit dans ce pays », s’indigne celle qui ne comprend pas que sa soeur se retrouve derrière les barreaux aux côtés de criminels potentiels.

Tiebe est d’autant plus inquiète qu’elle sait que Zebib souffre de dépression.

Une femme à la peau marron est assise sur une chaise. Elle porte des tresses et un chandail en laine rouge.Des membres de la famille de Zebib Mungustu sont déjà des résidents légaux canadiens. Sa soeur Tiebe (sur la photo) est résidente permanente et une autre de ses soeurs a obtenu sa citoyenneté canadienne, selon Zedingle Ghebremusse, un membre de la communauté érythréenne d'Edmonton. Photo : CBC / Travis McEwan

Une longue attente

Le parcours de Zebib Mengustu au Canada commence en 2011. Dès son arrivée, elle est arrêtée temporairement, car les autorités ont des doutes sur son identité.

La jeune femme se voit refuser le statut de réfugié en juillet 2012, car sa carte d’identité est « probablement contrefaite », peut-on lire dans les justificatifs que lui ont remis Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada (IRCC).

Quatre ans plus tard, durant l’été 2016, c’est au tour de sa demande de résidence permanente pour des raisons humanitaires d’être refusée. « Elle ne peut pas prouver sa nationalité érythréenne », indique un autre document de l'IRCC.

Au même moment, les autorités jugent qu'« elle ne risque pas de faire l’objet de persécutions, de torture, d’attentats à la vie, de peines ou traitements cruels » si elle est renvoyée en Érythrée.

L'IRCC estime que ce n’est pas parce que Zebib a été victime de persécutions dans son pays parce qu'elle est de confession protestante qu’elle revivra la même situation aujourd’hui.

La demandeuse d’asile qui est chauffeuse de taxi et femme de ménage restera incarcérée jusqu’au 8 février, date de la prochaine audience relative à sa détention préventive.

L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a décliné toute demande d'entrevue.

L'ASFC gère trois centres de surveillance de l'Immigration (CSI) au pays, à Laval, à Toronto et à Vancouver. Dans les provinces comme l'Alberta, où il n'y a pas de CSI, l'Agence a conclu des ententes avec les gouvernements pour incarcérer certains candidats à l'immigration dans un centre de détention provisoire.

Avec les informations de Travis McEwan

Alberta

Immigration