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Le trafic sur le Saint-Laurent demeure suspendu au moins jusqu’à jeudi matin

Le brise-glace Amundsen navigue sur le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Québec.

Le brise-glace Amundsen navigue sur le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le trafic sur le Saint-Laurent demeurera suspendu au moins jusqu'à jeudi matin, indique la Garde côtière. Un embâcle paralyse depuis mardi la circulation maritime à l'embouchure du lac Saint-Pierre, dans le fleuve.

Les bateaux qui tentent de descendre ou de remonter le fleuve Saint-Laurent sont contraints de rebrousser chemin à l’embouchure du lac Saint-Pierre, à l’est de Sorel-Tracy, en raison d’un barrage de glace qui s’est formé avec les grands froids des derniers jours.

Mercredi matin, la Garde côtière avait réussi à dégager tous les bateaux qui étaient pris dans les glaces du lac Saint-Pierre, mais toute circulation est toujours impossible en raison de l'embâcle de plus de 13 kilomètres qui bloque le Saint-Laurent.

Alors que trois brise-glaces de la Garde côtière mettent les bouchées doubles pour percer l'amoncellement de glace, les armateurs, eux, doivent composer avec des délais de livraison et d’importants retards qui se traduisent par des coûts supplémentaires élevés, déplore Nicole Trépanier, PDG de la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES).

L'embâcle est situé à la hauteur de l'île des Barques, à l'est de Sorel-Tracy.

L'embâcle est situé à la hauteur de l'île des Barques, à l'est de Sorel-Tracy.

Photo : Radio-Canada

Des coûts et des retards imprévus

Interrogée sur les ondes d’ICI RDI, Nicole Trépanier a expliqué qu’une telle situation force les armateurs à payer et parfois à loger les équipages plus longtemps que prévu. Il faut prévoir des pilotes qui viennent appuyer les équipages pour franchir les passages difficiles sur le fleuve, ajoute la PDG de la SODES.

Plus en amont sur le fleuve, le nombre de bateaux contraints de faire demi-tour force les autorités portuaires de Montréal à réaménager les quais.

La prévisibilité, c’est le nerf de la guerre en transport. Toute la chaîne logistique est nécessairement touchée et quand on n’a pas le nombre de brise-glaces suffisants pour effectuer ces services, ça nous affecte énormément.

Nicole Trépanier, PDG de la Société de développement économique du Saint-Laurent

« Au bout de tout ça, il y a évidemment le relais qui est pris par les services ferroviaires ou encore par des services de camionnage », ajoute Nicole Trépanier, qui déplore le nombre insuffisant de brise-glaces déployés dans le Saint-Laurent pour maintenir le corridor de navigation ouvert tout l’hiver.

Selon elle, cela crée de l’incertitude chez les armateurs pour qui la planification est un élément stratégique déterminant.

Mauvais pour la réputation

Ce genre de situation nuit également à la réputation de la route maritime du Saint-Laurent à l’international, où l'on vante la possibilité d'y transporter tout au long de l'année des marchandises au cœur du continent nord-américain.

Ce qui nous préoccupe, c’est la réputation de l’axe fluvial à l’international parce que, souvent, les compagnies maritimes s’interrogent à savoir si le fleuve est ouvert à l’année et si les services de la Garde côtière sont adéquats pour fournir ces services et maintenir le chenal de navigation ouvert.

Nicole Trépanier, PDG de la Société de développement économique du Saint-Laurent

Au port de Montréal, la direction fait face à la situation avec philosophie. « Des suspensions de navigation, c’est assez commun, que ce soit pour un embâcle […] des tempêtes, des phénomènes climatiques ou de grands vents. [...] Ce qu’on ne veut pas, c’est que la situation perdure. Ça nous prend naturellement le support de la Garde côtière pour briser la glace », explique Daniel Dagenais, vice-président aux opérations de l'Administration portuaire de Montréal.

Ce qui préoccupe les autorités portuaires de Montréal, ce n'est pas tant le manque de brise-glaces que le vieillissement de la flotte.

« Je pense qu’il n’y a pas de souci sur la condition des navires, ils sont en bonne condition pour travailler et les équipages sont en sécurité […] mais les navires ont 45, 50 ans. Des projets de renouvellement de flotte, il y en a eu plusieurs, malheureusement ils ne se sont jamais matérialisés », regrette Daniel Dagenais.

En ce qui a trait au nombre de brise-glaces sur le Saint-Laurent, Daniel Dagenais explique qu'on ne manque pas de bateaux pour briser les embâcles, mais pendant qu'ils se concentrent sur ce problème, ils ne font pas le travail auquel ils étaient affectés ailleurs.

Navigation périlleuse sur le Saint-Laurent

Des brise-glaces sur le fleuve Saint-Laurent.

Des brise-glace sur le fleuve Saint-Laurent

Photo : Environnement et Changement climatique Canada/Philip Mann

Pendant ce temps sur le fleuve, les pilotes qui sont responsables d’assister les équipages dans leur navigation doivent faire des heures supplémentaires pour aider les navires à rebrousser chemin ou se maintenir dans le chenal en attendant l’ouverture.

Actuellement, la Garde côtière interdit la circulation des navires du lac Saint-Pierre jusqu’en amont de Sorel-Tracy.

De telles manœuvres sont complexes, voire parfois périlleuses, dans cette partie du fleuve étroite et parsemée d’îles, explique Alain Arseneault, président de la Coporation des pilotes du Saint-Laurent.

Tous les bateaux qui remontaient le fleuve ont quant à eux été redirigés vers le port de Trois-Rivières. D’autres navires sont aussi retenus en aval de Québec.

Toute la nuit, nos pilotes ont été à pied d’œuvre pour tenter de maintenir les navires dans le chenal de navigation. C’est extrêmement difficile en ce moment, la glace circule très très peu.

Alain Arseneault, président de la Coporation des pilotes du Saint-Laurent.

Des pilotes ont dû être déplacés en urgence sur tous les bateaux coincés à la hauteur de Sorel, tandis que d’autres ont dû faire des manœuvres d’urgence à l’approche de l’embâcle, rapporte Alain Arseneault.

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