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Les policiers en uniforme ne pourront finalement pas participer au défilé gai à Toronto

Photo du chef de police de Toronto qui salue la foule lors du défilé gai en 2016.
Le chef de police de Toronto Mark Saunders participe au défilé gai en 2016. Photo: La Presse canadienne / Mark Blinch
Myriam Eddahia

Pour une troisième année consécutive, aucun policier en uniforme ne participera au défilé gai de Toronto, en juin. Une mince majorité des membres de l'organisation Pride Toronto (163 contre 161) ont voté, mardi soir, contre la proposition du comité organisateur de permettre aux policiers de prendre part à l'événement.

C'est un revers pour les organisateurs du défilé qui avaient annoncé en octobre dernier qu'ils permettraient aux policiers de participer à l'événement en 2019, après une interdiction de deux ans liée à l'affaire McArthur et des allégations de racisme et de discrimination contre le corps policier.

La décision avait semé la controverse et divisé la communauté LGBTQ+ de Toronto.

Dans une lettre partagée à l’interne avant le vote, Pride Toronto avance que la baisse du financement était l'un des facteurs ayant contribué à sa décision de réexaminer son interdiction de faire participer la police au défilé.

J'ai été perturbé quand j'ai entendu dire que c'était une question d'argent, dit Tim McCaskell, un membre de la communauté LGBTQ+ qui s'oppose à la participation au défilé des policiers en uniforme.

Notre festival n'est pas un événement de relations publiques pour dire aux Torontois que tout va bien. C'est notre moment pour célébrer nos luttes et notre fierté.

Tim McCaskell, opposant à la présence de policiers au défilé

De nombreux membres de la communauté gaie accusent les policiers de faire du profilage et d’avoir bâclé les enquêtes liées à la disparition d'hommes du quartier gai, qui auraient été assassinés par le présumé tueur en série Bruce McArthur.

Une femme.Nancy Irwin, 58 ans, n'a pas pu avoir accès à la salle de réunion, mais elle est restée jusqu'à la fin du vote pour défendre son souhait de ne pas inclure des policiers en uniforme dans le défilé. Photo : Radio-Canada

Certains d’entre nous ne se sentent pas en confiance ou en sécurité en voyant tous ces policiers en uniforme. Leur présence peut être menaçante pour certains membres de la communauté LGBTQ, dit une membre de la coalition « Pas fier de la police » (No Pride in Policing Coalition), Nancy Irwin qui n'a pas réussi à avoir une place dans la salle de réunion, mardi soir.

Je suis reconnaissante pour cette victoire, mais frustrée que nous nous soyons battus si durement pour l'obtenir. Cela aurait dû être une évidence. Il avait déjà été convenu que la police ne serait pas accueillie tant que la relation entre la police et la communauté noire et les personnes queer ne se serait pas améliorée.

Nancy Irwin, participante du défilé de la fierté gaie
Un homme.Richard Fung est déçu d'en être arrivé là. Photo : Radio-Canada

Leur présence en uniforme n’est pas appropriée. Ça ressemble à un défilé militaire, dit le cofondateur de « Gay Asians of Toronto », Richard Fung.

Les membres de la communauté LGBTQ+ ne sont pas seulement gais, lesbiennes et trans. Ce sont aussi des personnes noires, des personnes à mobilité réduite, des personnes pauvres et des travailleurs du sexe. Plusieurs membres de notre communauté sont vulnérables et souvent victimes de la violence policière, ajoute-t-il.

James Dubro, membre de longue date de Pride Toronto, ne croit pas que la solution soit d'empêcher quiconque de participer au défilé, mais avoue que la police a manqué son coup dans le dossier du présumé tueur en série Bruce McArthur.

Pour ce qui est de la police de Toronto, elle dit rester à l'écoute des membres de la communauté LGBTQ+.

Nous restons déterminés à entretenir un dialogue avec Pride Toronto ainsi qu’avec l’ensemble de la communauté LGBTQS afin de fournir des services de police inclusifs et adaptés aux besoins de la communauté, quel que soit le résultat d’un vote ou d’un événement en particulier.

Déclaration de la police de Toronto

Pas de commentaires des organisateurs

De nombreux membres de la coalition « Pas fier de la police » dénoncent le manque de transparence de la direction de Pride Toronto.

Selon eux, la directrice générale de Pride Toronto, Olivia Nuamah, n’est pas à l’écoute de ses membres. Ils demandent sa démission.

La direction et les membres du conseil d'administration devraient tous démissionnés , lance une autre membre de la coalition « Pas fier de la police », Cami Chisholm.

Olivia Nuamah a dit ne pas vouloir commenter la situation avant mercredi, au lendemain du vote.

Pour la première fois, les membres de Pride Toronto ont voté en ligne pour se prononcer sur la question. Ni le public ni les médias ne pouvaient assister à l'assemblée extraordinaire de Pride Toronto, mardi soir.

Le défilé de la Fierté de Toronto se déroulera le 23 juin prochain.

Toronto

Communauté LGBTQ+