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Dépotoir de Coventry: l'audience sur l'environnement fait salle comble

Un avocat (debout dans la foule) embauché par la MRC Memphrémagog a longuement questionné les experts de la compagnie Casella Waste Systems.
Un avocat (debout dans la foule) embauché par la MRC Memphrémagog a longuement questionné les experts de la compagnie Casella Waste Systems. Photo: Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseua
Radio-Canada

Signe que le projet polarise élus et citoyens, l'audience de la commission environnementale du Vermont responsable d'étudier le dossier de l'agrandissement du site d'enfouissement de Coventry a fait salle comble mardi. Une fois de plus, des représentants de l'Estrie ont partagé de vive voix leur crainte de voir l'eau du lac Memphrémagog contaminée. Ils espèrent que leur message sera entendu.

Mardi soir, des élus locaux, mais aussi des dizaines de citoyens et des membres d’organismes américains et canadiens ont pris tour à tour la parole pendant cinq minutes pour présenter leur point de vue.

Les opposants avaient un message semblable : le traitement du lixiviat – le jus des ordures en provenance du dépotoir - ne doit plus se faire à l’usine de filtration de Newport.

Selon eux, ce liquide contribuerait à la dégradation de la qualité de l’eau du lac Memphrémagog.

La ville Newport avait auparavant acquiescé à cette demande avant de revenir sur sa décision avant les Fêtes.

Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, le préfet de la MRC Memphrémagog, Jacques Demers et le député d’Orford, Gilles Bélanger, ont aussi fait la route pour assister à cette audience.

D’entrée de jeu, un avocat de l’entreprise propriétaire du dépotoir, Casella Waste Systems, a pris la parole.

Il a déclaré que les opposants au projet d’expansion n’avaient aucune preuve des possibles impacts environnementaux liés au projet.

Dans sa déclaration aux membres du comité, le président de Memphrémagog Conservation, Robert Benoit, a dit parler au nom des 175 000 personnes qui utilisent quotidiennement le lac Memphrémagog comme source d’eau potable.

Il a rappelé que la station d’épuration de Newport ne disposait pas de la technologie nécessaire pour assurer le traitement adéquat et sans danger du lixiviat.

Le principe de précaution doit s’appliquer, a-t-il insisté.

On est venu leur dire qu’il est immoral, voire illégal de déverser des milliers de gallons de lixiviat tous les jours de l’année dans notre lac, a-t-il martelé.

Memphrémagog Conservation s’est également officiellement opposé à l’agrandissement du dépotoir.

Un camion qui déverse des déchets dans un dépotoir. Le projet demande le droit de déposer 500 000 tonnes de déchets par année pendant 22 ans soit l'équivalent de 71 000 camions. Photo : Radio-Canada

L’information : le nerf de la guerre

Lors de l’audience, un avocat embauché par la MRC Memphrémagog et la ville de Sherbrooke a longuement questionné les quatre experts présentés par l’entreprise.

La MRC a tenté de démontrer la nécessité d’obtenir davantage de données scientifiques avant d’approuver le projet.

Sa représentante, Alexandra Roy, juge que le nombre actuel d’échantillonnages de la qualité de l’eau réalisés à l’usine d’épuration est insuffisant pour s’assurer que les rejets sont sécuritaires pour l’environnement.

Notre avocat a tenté de mettre le doigt sur les petits trous dans l’information pour voir où la commission pourrait aller demander plus d’informations avant d’aller de l’avant avec le plan, explique la chimiste de formation.

C’est sûr que le risque zéro n’existe pas, on en est bien conscients, mais on est d’avis qu’on peut aller chercher plus d’engagements de la part de la compagnie pour réduire au minimum les risques, précise-t-elle.

Carte du site Conventry qui est situé à 1 km du lac MemphrémagogCarte du site Conventry qui est situé à 1 km du lac Memphrémagog Photo : Radio-Canada

Un traitement industriel

Alexandra Roy a souligné que les installations municipales ne sont généralement pas conçues pour traiter les composantes chimiques présentes dans le lixiviat.

À son avis, un traitement industriel à même le site de Coventry serait la bonne solution.

Cette alternative est aussi soutenue par le maire Sherbrooke Steve Lussier qui souhaitait être présent pour discuter en face à face avec le maire de Newport.

J’étais curieux d’entendre les réponses des experts, a-t-il dit. Il y a peut-être un danger que le lixiviat ne soit pas être traité de la bonne façon, ça devrait être traité ailleurs.

En assistant à l’audience, le député d’Orford Gilles Bélanger espérait lui aussi obtenir plus de réponses afin de rassurer ses citoyens.

Avec toute l’information, je vais pouvoir créer un climat de confiance qui, pour le moment, n’est pas à 100%, croit-il.

Un projet bien accueilli à Coventry

Des citoyens de Coventry se sont exprimés en faveur du projet. D'ailleurs, les élus soutiennent Casella Waste Systems. Ils estiment que l'entreprise fait preuve de transparence. « Nous n'avons reçu aucune plainte de résidents. Il n'y a pas eu d'opposition formelle », explique la directrice générale de Coventry, Amanda Carlson.

La présence de ce site d'enfouissement majeur permet à la municipalité de 1086 habitants de percevoir d'importants revenus fonciers, si bien que les citoyens n'ont pas à assumer de taxes municipales. En 2019, la municipalité recevra environ 1,2 million de dollars de l'entreprise.

« Ce n'est définitivement pas la raison pour laquelle le conseil municipal a pris la décision d'appuyer le projet. Les élus ne mettraient pas la sécurité des citoyens en danger pour de l'argent », poursuit Amanda Carlson.

La Commission environnementale aura quinze jours pour analyser les arguments de toutes les parties afin de décider si un permis d’agrandissement sera accordé. La compagnie pourrait aussi devoir fournir davantage d'information avant la décision finale.

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