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L’Américain emprisonné en Russie pour espionnage reste incarcéré

Paul Whelan, devant une étendue d'eau, regarde la caméra.
L’avocat de l’Américain Paul Whelan affirme qu’il détenait des « secrets d'État » russes à son insu. Photo: Reuters / Photo fournie par la famille Whelan
Radio-Canada

L'avocat de l'ex-marine américain Paul Whelan, soupçonné d'espionnage par la Russie, où il est détenu, a déclaré mardi que son client avait reçu une clé USB contenant des « secrets d'État » russes avant d'être arrêté, mais ignorait qu'il les avait en sa possession.

Me Vladimir Zherebenkov a fait cette déclaration aux journalistes après que son client eut comparu pour la première fois en cour, où un juge a rejeté sa demande de libération sous caution.

Il devra rester derrière les barreaux au moins jusqu'à la fin février.

L’audience s’est déroulée à huis clos, mais son avocat a indiqué que son client s’était adressé au tribunal pendant 15 minutes pour rejeter les accusations.

Me Zherebenkov a reconnu que son client avait en sa possession de l’information classifiée, mais a soutenu qu'il l'ignorait.

L'avocat allègue qu’une personne non identifiée lui a remis une clé USB contenant ce qu'il croyait être de l'information touristique sur le pays. Il n’a même pas eu le temps d'accéder au contenu en raison de son arrestation, a-t-il ajouté.

Plus tôt ce mois-ci, le site d’information russe Rosbalt a affirmé que Paul Whelan a été arrêté après avoir reçu un petit périphérique contenant la liste de tout le personnel d’une agence d’État russe.

« Nous ne savons pas comment le matériel renfermant des secrets d'État est arrivé là », a soutenu Me Zherebenkov.

Un homme aux multiples passeports

L'avocat de Paul Whelan a par ailleurs précisé que les enquêteurs n’avaient pas indiqué le pays pour lequel il est accusé d’avoir espionné.

L’ancien marine américain, arrêté dans une chambre d’hôtel de Moscou par les services de sécurité russes en décembre dernier, possède les nationalités américaine, canadienne, britannique et irlandaise.

Me Zherebenkov a ajouté qu'il ignorait ce qu’il était advenu de l’individu qui aurait donné la clé USB à son client, mais a refusé de dire si ce dernier le connaissait.

Paul Whelan risque une sentence de 20 ans d’emprisonnement.

Renvoyé des marines pour mauvaise conduite, l'homme de 48 ans est aujourd'hui directeur de la sécurité internationale du groupe BorgWarner, un fabricant de pièces détachées dans le secteur automobile, dont le siège social est au Michigan.

Sa famille maintient son innocence

Son frère David Whelan, qui vit au Canada, a indiqué dans un communiqué que sa famille était déçue que le juge ne l’ait pas libéré sous caution.

« Nous sommes certains qu’il a été piégé et qu’il n’est pas coupable d’espionnage », a affirmé son frère.

Selon lui, Paul Whelan éprouve des problèmes de santé mineurs et craint de ne pas pouvoir assurer sa défense en anglais.

La décision des autorités russes de refuser aux diplomates britanniques de rendre visite à son frère en prison et l’annulation d'une visite consulaire des autorités américaines la semaine dernière sont préoccupantes, a-t-il indiqué, ajoutant toutefois que des diplomates canadiens devraient lui rendre visite jeudi.

La famille de Paul Whelan soutient qu'il était à Moscou pour assister à un mariage.

D'après l’ancien directeur de l'antenne de la CIA à Moscou, Daniel Hoffman, il est possible que le président russe Vladimir Poutine ait ordonné son arrestation en vue de procéder à un éventuel « échange d’espions » avec Maria Butina.

En décembre dernier, la jeune Russe a plaidé coupable à une accusation de complot en vue d'agir comme agent étranger, reconnaissant avoir voulu s'infiltrer dans les cercles politiques républicains et la National Rifle Association (NRA), le principal lobby proarmes des États-Unis.

Le président Poutine a prétendu que l'affaire était fabriquée de toutes pièces et que Maria Boutina a plaidé coupable en raison de la menace d'une longue peine de prison.

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

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