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Le manque de supervision et de formation ont causé l'électrocution de Louis Ouellet

Les trois membres de la CNESST Bas-Saint-Laurent présentent devant les médias leur rapport d'enquête.

La CNESST a rendu publique son rapport d'enquête concernant l'homme mort électrocuté à La Rédemption en juillet 2018.

Photo : Radio-Canada

Maya Arseneau

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a rendu public aujourd'hui son rapport d'enquête sur l'accident de travail mortel à La Rédemption le 18 juillet dernier. Louis Ouellet a été électrocuté lors de manœuvre de déchargement à l'aide d'un camion-grue.

Le rapport précise que les manœuvres de déchargement à l’aide d’un camion-grue se sont effectuées directement sous les lignes électriques et que le manque de supervision et de formation ont causé la mort de Louis Ouellet, opérateur pour Les Ateliers de Rénovation R.P. Ltée.

Michel Ross, inspecteur-enquêteur pour la CNESST, explique qu’après l’accident, des mesures correctives ont été exigées.

À la suite de l’accident, il y a une interdiction qui a été donnée à l’employeur, de faire de la livraison avec un camion-grue. Et il y a une demande de formation qui a été faite pour les autres travailleurs qui auront à oeuvrer sur les chantiers de construction, notamment de suivre une formation sur la santé et sécurité générale sur les chantiers de construction, explique l'inspecteur-enquêteur.

Le camion-grue stationné devant une résidence.

L'opérateur Louis Ouellet est mort électrocuté alors qu'il effectuait des travaux à l'aide d'un camion-grue.

Photo : Radio-Canada

L’interdiction est toujours en vigueur. Une demande a également été émise pour instaurer une nouvelle politique pour que les travailleurs signalent les situations potentiellement dangereuses lors de la livraison de matériaux résidentiels.

Une meilleure formation exigée

Le rapport de la CNESST souligne que Louis Ouellet avait suivi une formation informelle par l’ancien opérateur, qui avait une dizaine d’années d’expérience dans le domaine.

Impossible par contre de savoir en quoi elle consistait, puisqu'aucune documentation n’a été complétée après la formation.

On n’est pas en mesure de dire s’il [Louis Ouellet] était sensibilisé [aux] risques reliés aux fils électriques.

Michel Ross, inspecteur-enquêteur pour la CNESST

Michel Ross explique que si l’entreprise désire continuer à offrir le service de livraison avec un camion-grue, elle devra donner des formations spécifiques aux employés, qui aborderont l’ensemble des risques reliés à l’utilisation de l’équipement.

La suite de l’enquête

En plus du rapport d’enquête dévoilé, la CNESST pourrait donner des constats d'infractions, jusqu'à un an après l'accident. Elle pourrait donc, d’ici le 18 juillet, en imposer au maître d'œuvre du chantier ainsi qu'à l'entreprise Les Ateliers de Rénovations R.P. Ltée.

Le directeur régional par intérim de l'organisme pour le Bas-Saint-Laurent, Sébastien Tanchoux, affirme qu'une analyse est en cours.

En fonction de l'article 236 notamment de la loi sur la Santé et sécurité au travail, les contrevenants peuvent s'exposer à des amendes qui peuvent pour une première offense varier entre 1600 et 3300 dollars. Et en fonction de l'article 237, des amendes peuvent dépasser les 16 000 dollars jusqu'à 60 et quelques mille dollars, affirme-t-il.

La CNESST entend transmettre les conclusions de cette enquête à l'Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction.

Une copie du rapport d'enquête sera également remise à des fins pédagogiques aux établissements de formation pour sensibiliser les futurs travailleurs.

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