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Intentions fédérales d'Andrew Swan : quel impact pour le NPD du Manitoba?

Un homme, grand, à lunettes, debout en chambre, s'exprime en bougeant les mains.

Andrew Swan est député du NPD du Manitoba depuis 2004.

Photo : Radio-Canada

Camille Gris Roy

Le député provincial Andrew Swan l'a officialisé lors d'une conférence de presse lundi soir : il tentera le saut en politique fédérale cette année, en briguant l'investiture néo-démocrate dans la circonscription de Winnipeg-Centre. Il n'est pas le seul député du Nouveau Parti démocratique (NPD) du Manitoba à avoir, ces derniers mois, soit quitté le parti ou annoncé un changement de cap.

L'ancien ministre de la Justice du Manitoba représente la circonscription de Minto à l’Assemblée législative provinciale depuis près de 15 ans. Une autre candidate, Leah Gazan, éducatrice à l’Université de Winnipeg et activiste, entend représenter le NPD du Canada dans Winnipeg-Centre cet automne.

Le professeur émérite à l’Université de Saint-Boniface, Raymond Hébert, rappelle qu’Andrew Swan allait perdre son siège de Minto, tel qu'il existe maintenant, aux prochaines élections, puisque la circonscription doit disparaître dans le cadre d’un redécoupage de la carte électorale provinciale. Cette nouvelle dynamique a certainement motivé en partie la décision de M. Swan, note le politologue.

Mais pour le caucus NPD, c'est un autre départ à l'horizon. Récemment, les députés James Allum et Rob Altemeyer ont annoncé qu’ils n’avaient pas l’intention de se représenter en 2020. Le parti a également perdu le siège de Saint-Boniface l'été dernier, après le départ de Greg Selinger.

« Pour le parti à court terme, certainement ça indique une certaine faiblesse peut-être du leadership de Wab Kinew, estime Raymond Hébert. C’est sûr qu’il n’a pas eu un impact énorme depuis son arrivée comme chef néodémocrate. Ça augure peut-être mal pour les prochaines élections, parce qu’il reste de moins en moins de temps avant les prochaines élections provinciales et il semblerait que Brian Pallister est en bonne posture à l’heure actuelle pour être réélu avec une majorité. »

Ces départs, toutefois, laissent aussi la place à un renouvellement de l’intérieur pour le parti, l’occasion « peut-être de rajeunir, améliorer la diversification de la représentativité, notamment l’équilibre homme-femme comme l’a souligné M. Kinew lui-même », dit Raymond Hébert.

C’est aussi une vieille garde jouant un rôle dans les conflits internes du NPD qui s’en va progressivement, ajoute-t-il. Andrew Swan avait fait partie du groupe de cinq ministres qui ont critiqué publiquement leur chef, l'ex-premier ministre Selinger, en 2014.

De droite à gauche, Stan Struthers, Erin Selby, Jennifer Howard, Theresa Oswald et Andrew Swan annoncent leur démission du cabinet de Greg Selinger le 3 novembre 2014.

De droite à gauche, les ministres Stan Struthers, Erin Selby, Jennifer Howard, Theresa Oswald et Andrew Swan annoncent leur démission du cabinet de Greg Selinger le 3 novembre 2014.

Photo : Radio-Canada / Chris Glover

Tout ça remonte au grand conflit interne à l’intérieur du parti alors qu’il y avait des éléments qui contestaient fortement le leadership de M.Selinger [...]. Il reste maintenant un nouveau leadership potentiel renouvelé.

Andrew Swan

Pour l'instant, Andrew Swan dit qu'il gardera son siège à la législature provinciale et décidera quand il démissionnera s'il remporte l'investiture du NPD.

Course à surveiller

La circonscription fédérale de Winnipeg-Centre est détenue, depuis 2015, par le libéral Robert-Falcon Ouellette. Alors nouveau venu sur la scène politique, il avait battu le député néo-démocrate de longue date Pat Martin, qui représentait le comté depuis 1997.

La campagne dans Winnipeg-Centre sera intéressante à suivre, note Raymond Hébert.

« Le parti NPD fédéral également est en assez mauvais état à l'heure actuelle, en termes des sondages, donc je pense que la voie va être difficile. Ça va dépendre du leadership national et je pense qu’il y a des problèmes également à ce niveau-là, au niveau national. »

« Les fortunes locales suivent en partie les fortunes nationales », résume le politologue.

Robert-Falcon Ouellette, lui, se dit prêt pour la prochaine course, peu importe les candidats. « J’espère qu’on va avoir un débat positif au sujet des vrais enjeux qui affectent le monde de Winnipeg et Winnipeg-Centre. Il y a [beaucoup d’enjeux] qui sont reliés à la pauvreté et l’inclusion sociale », affirme-t-il en entrevue avec Radio-Canada.

Avec des informations de Christian Riou

Manitoba

Politique provinciale