•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Royalmount : « Je n'ai pas à intervenir », dit Rouleau

Mme Rouleau, en entrevue à Radio-Canada.

La ministre Rouleau préfère pour l'instant se tenir à l'écart du projet Royalmount.

Photo : Radio-Canada

Jérôme Labbé

Ministre responsable de la métropole et ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau considère qu'elle n'a pas à se mêler du dossier Royalmount, ce projet immobilier de deux milliards de dollars qui doit voir le jour en 2022 à l'intersection des autoroutes 15 et 40, au coeur de Montréal.

Une intervention du gouvernement Legault est pourtant ce que réclament plusieurs de ceux qui ont rédigé un mémoire dans le cadre des travaux de la commission chargée d'étudier les impacts du projet sur l'agglomération montréalaise.

« Je n'ai pas à intervenir là-dedans », a tranché la ministre Rouleau, dans une entrevue accordée à Radio-Canada lundi. « On laisse aller le processus de la consultation publique. »

Son gouvernement, toutefois, « est très attentif à ce qui se dit », a-t-elle admis.

On verra comment ça va se passer. Mais je n'interviens pas là-dedans.

Chantal Rouleau, ministre responsable de la métropole et ministre déléguée aux Transports

Exit, donc, le moratoire demandé par Ruba Ghazal, députée de Mercier et porte-parole de Québec solidaire dans le dossier : un tel moratoire « ne fait pas partie de plans à l'heure actuelle », a indiqué Mme Rouleau lundi.

« On veut développer la région de Montréal », a-t-elle ajouté. « Il faut réfléchir à comment on le fait, c'est certain. Mais on ne peut pas être contre le développement. »

Si un article publié samedi dans La Presse+ suggérait que le cabinet de la ministre était largement préoccupé par le projet, Mme Rouleau s'est montrée peu inquiète, lundi, devant les impacts potentiellement négatifs de Royalmount, se contentant de reconnaître la « sensibilité » des parties impliquées et d'espérer « un beau projet, qui va répondre aux besoins ».

Un rapport très attendu

Royalmount devrait-il être bloqué, modifié ou adopté tel quel? La question déchaîne les passions, ces jours-ci, à Montréal.

Présidée par le conseiller du Mile End, Richard Ryan, la Commission sur le développement économique et urbain et l’habitation a reçu 77 mémoires dans le cadre de ses travaux. Son rapport devrait être rendu public jeudi – à moins qu'un report ne soit demandé in extremis, bien entendu.

En mêlée de presse, la semaine dernière, le vice-président de Carbonleo Claude Marcotte a estimé que plus de la moitié des mémoires déposés étaient en faveur de son projet.

S'il est vrai que la Ville de Mont-Royal, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Tourisme Montréal, Montréal International et l'Association des hôtels du Grand Montréal ont fait preuve d'optimisme devant la commission, d'autres parties ont émis de sérieuses réserves face au projet. Plusieurs de celles-ci concernaient la hausse prévue de l'achalandage automobile d'un carrefour déjà considéré comme le plus congestionné du Canada, ce qui a poussé le promoteur à promettre une navette électrique et gratuite entre Royalmount et la future gare Mont-Royal du Réseau express métropolitain (REM), la semaine dernière.

Une maquette du projet.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le projet Royalmount sera situé à l'intersection des autoroutes 15 et 40, en plein coeur de l'île de Montréal.

Photo : Carbonleo

Craignant une concurrence accrue, des commerçants des secteurs avoisinants et le Quartier des spectacles ont aussi émis plusieurs inquiétudes, tandis que de nombreux urbanistes, dont Gérard Beaudet et Jean-Claude Marsan, se sont élevés contre le manque de vision de l'agglomération en matière de planification urbanistique.

La maire de l'arrondissement Saint-Laurent, Alan DeSousa, a aussi exprimé clairement son désaccord avec le projet. Même La Presse+ s'est positionnée contre Royalmount en fin de semaine par la voix de son éditorialiste en chef, François Cardinal.

Pendant ce temps, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, continue à souffler le chaud et le froid dans ce dossier. « Je souhaite vraiment appeler les différents intervenants, autant le gouvernement du Québec, autant le promoteur et Ville Mont-Royal – et Montréal – de trouver ensemble la meilleure façon que ce projet-là voie le jour, mais en prenant en considération les préoccupations qui sont justes et qui vont avoir un impact sur les 5, 10, 20, 50, même 100 prochaines années », a-t-elle encore déclaré mardi.

C'est une question sérieuse à laquelle on ne peut pas juste fermer les yeux et puis dire : "On verra ben ce qui va se passer".

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Mme Plante a par le passé avoué l'impuissance relative de la Ville de Montréal à intervenir dans ce dossier, puisque la totalité des terrains visés par le projet sont situés sur le territoire de la municipalité de Mont-Royal.

Un projet titanesque

Royalmount prévoit la construction de cinq hôtels, plusieurs tours de bureaux, une centaine de restaurants, environ 200 commerces, un centre de mieux-être haut de gamme, un aquarium, un parc aquatique, un cinéma et deux salles de spectacle qui pourraient être exploitées par evenko et le Cirque du Soleil.

Une composante résidentielle a également été ajoutée au projet, après l'adoption par le conseil municipal de Montréal d'une motion déposée par l'opposition officielle l'été dernier. Dans la version du projet tel qu'étudié par la Commission, le promoteur prévoit la construction de 350 à 500 unités d'habitation par année. Un changement de zonage et une modification du schéma d'aménagement seraient toutefois nécessaires, ce qui obligerait ultérieurement l'agglomération de Montréal à se pencher sur ce dossier.

Ce nouveau volet résidentiel, couplé à la construction d'une école, d'un centre communautaire et d'un parc linéaire de deux kilomètres, pourrait toutefois faire exploser les coûts, a prévenu Claude Marcotte, évoquant un montant qui oscillerait entre 5 et 6 milliards de dollars.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine et Jean-Sébastien Cloutier

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique provinciale

Politique