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Les travaux sur la Traverse de Laval de nouveau compromis

La traverse de Laval en hiver

La traverse de Laval relie les municipalités de Lac-Beauport et de Sainte-Brigitte-de-Laval

Photo : Radio-Canada

David Rémillard

La réfection de la Traverse de Laval coûtera près de deux fois plus cher que prévu à Lac-Beauport, la facture passant à 3,6 millions de dollars. En plus de cette « surprise », la municipalité y réclame toujours l'interdiction du camionnage lourd.

La route qui relie Lac-Beauport et Saint-Brigitte-de-Laval est fortement endommagée sur deux kilomètres, sur le territoire de Lac-Beauport. La zone à risque n'a pas fait l'objet de travaux majeurs depuis près de 20 ans.

Le plus récent obstacle à sa réfection est financier. Le maire de Lac-Beauport, Michel Beaulieu, a en effet sourcillé en prenant connaissance de la nouvelle estimation des coûts, réalisée à sa demande l'été dernier.

« C’est une mauvaise surprise. On parlait [à la municipalité] d’un budget de l’ordre de 2 à 2,2 millions de dollars. Les plans et devis arrivent avec un coût de 3,6 millions », a-t-il confirmé.

La hausse s’expliquerait par l’ajout de travaux nécessaires sur une douzaine de ponceaux.

Travaux promis

M. Beaulieu s’était engagé l’été dernier à aller de l’avant avec les travaux. La promesse a été faite après que le chemin se fut hissé en deuxième position des pires routes de la province du palmarès de CAA-Québec. Le lien routier était en première position de ce même palmarès de la honte en 2015.

L'intention, assure Michel Beaulieu, est toujours de refaire la route, mais pas à n'importe quel prix pour les citoyens.

Le montant de 3,6 millions de dollars a été placé au plan triennal d’immobilisation de la municipalité de Lac-Beauport pour l’année 2019. Le conseil municipal a adopté, en décembre, un règlement d’emprunt du même montant.

Deux conditions

Le maire impose toutefois deux conditions pour que l’investissement soit réalisé, et par le fait même, pour que les travaux soient exécutés.

La première est d'obtenir une aide financière de Québec. « Sans subvention, ce projet-là ne verrait pas le jour », tranche-t-il, le fardeau fiscal étant désormais « trop grand ».

Lorsque les travaux étaient évalués à 2 millions de dollars, Lac-Beauport était prête à assumer la totalité de la facture, a précisé M. Beaulieu. Mais l'augmentation récente de l'estimation oblige « l'ajout de la condition d'une subvention ».

C'est sûr qu'on aurait les moyens de le faire [sans aide financière], mais il faudrait faire des sacrifices ailleurs, ce que je ne suis pas prêt à faire.

Michel Beaulieu, maire de Lac-Beauport

De nombreuses enveloppes existent au ministère des Affaires municipales et au ministère des Transports pour de tels travaux. Lac-Beauport pourrait se voir subventionner jusqu'à 75 % des coûts, selon le MTQ.

Le maire de Lac-Beauport, Michel BeaulieuAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Lac-Beauport, Michel Beaulieu

Photo : Radio-Canada

L'autre condition – présente « depuis le début », souligne M. Beaulieu – est d'imposer une interdiction du transit lourd sur le chemin Traverse de Laval.

« Il faut travailler d’arrache-pied en collaboration avec Sainte-Brigitte-de-Laval et le ministère des Transports pour les sensibiliser. »

D'une certaine façon, Sainte-Brigitte-de-Laval possède un « droit de veto ». Lac-Beauport doit en effet obtenir cet appui quand viendra le temps de faire sa demande d'interdiction au MTQ.

Un dossier qui traîne

Le maire de Lac-Beauport avait tenté, sans succès, de convaincre Sainte-Brigitte-de-Laval et le MTQ d'imposer cette interdiction lors de son premier mandat, échelonné de 2009 à 2013.

On croit à Lac-Beauport que les poids lourds endommagent prématurément la route.

Selon le maire, les élus voisins doivent aussi comprendre que le chemin du Tour-du-lac, qui mène au chemin Traverse de Laval, « n'est pas conçu pour le transit lourd ».

Les citoyens résidant autour du lac Beauport sont les premiers à en subir les conséquences, toujours selon le maire.

Ce dernier estime que le boulevard Raymond, à Beauport, est le tronçon désigné pour le camionnage.

Cette artère, seule autre pour se rendre à Sainte-Brigitte-de-Laval, est sous la responsabilité du MTQ. Le chemin Traverse de Laval est de responsabilité municipale depuis 1993, tout comme 30 000 autres kilomètres de route à travers la province.

La réfection a été bien près d'être réalisée sous la gouverne de l'ex-mairesse de Lac-Beauport Louise Brunet, en poste de 2013 à 2017. Mais elle a été bloquée par son propre conseil municipal, qui refusait de payer une route utilisée majoritairement, selon eux, par des citoyens de Sainte-Brigitte-de-Laval.

Rencontre prévue

Michel Beaulieu a récemment sollicité une rencontre avec le conseil municipal de Sainte-Brigitte-de-Laval. Le maire Carl Thomassin ne s'y est pas opposé. La date de cette rencontre n'est pas encore connue.

Le maire de Sainte-Brigitte-de-Laval, Carl ThomassinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Sainte-Brigitte-de-Laval, Carl Thomassin, assure que les relations sont bonnes avec son collègue de Lac-Beauport.

Photo : Radio-Canada

Les deux hommes affirment que les deux villes sont en bons termes malgré ce différend qui dure depuis plus d'une dizaine d'années.

M. Thomassin est toutefois catégorique : « Je vais travailler pour les gens de Sainte-Brigitte-de-Laval. Quand tu négocies, tu dois voir les avantages pour les citoyens. »

Selon lui, il revient à Lac-Beauport de convaincre sa population.

M. Thomassin ne cache toutefois pas que l'état de la route, « dangereuse » à son avis, est une préoccupation. « C'est un sujet dont on se fait parler régulièrement. »

Tout comme M. Beaulieu, le maire de Sainte-Brigitte-de-Laval croit que « de bonnes discussions » doivent avoir lieu avec le MTQ.

Québec

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