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Le Sénat votera jeudi pour arrêter la paralysie gouvernementale, sans réel espoir d'avancée

Un homme tient une affiche devant les bureaux du sénateur américain Mitch McConnell, à Park Hills, dans le Kentucky, le mardi 22 janvier 2019.
Un homme tient une affiche devant les bureaux du sénateur américain Mitch McConnell, à Park Hills, dans le Kentucky, le mardi 22 janvier 2019. Photo: Associated Press / Bryan Woolston
Agence France-Presse

Après 32 jours d'impasse budgétaire, le Sénat américain votera jeudi sur deux projets de loi distincts destinés à mettre fin à la fermeture partielle de l'administration fédérale, l'un présenté par la majorité républicaine, l'autre par la minorité démocrate.

Le plan républicain, qui assure un financement du gouvernement jusqu'en septembre, inclut l'enveloppe de 5,7 milliards exigée par le président Trump pour la construction d'un mur à la frontière américano-mexicaine ainsi qu'un sursis de trois ans pour un million d'immigrants directement menacés d'expulsion, qu'il a proposé samedi.

Le texte démocrate n'évoque pas le budget pour le mur et propose la réouverture des administrations jusqu'au 8 février, pour relancer le débat sur la sécurité aux frontières.

L'opposition démocrate refuse catégoriquement la construction du mur, jugeant ce projet « immoral », coûteux et inefficace, et demande la réouverture des administrations comme préalable à des discussions sur la sécurité des frontières et sur l'immigration.

Selon un responsable républicain, le texte démocrate a peu de chances de passer et, si jamais il l'était, le président y opposerait son veto. Et il apparaît peu probable que les sénateurs républicains puissent convaincre des démocrates de s'associer à leur proposition.

Pour être approuvé, un texte doit obtenir 60 voix au Sénat, où les républicains détiennent 53 des 100 sièges, et franchir la Chambre des représentants, désormais aux mains des démocrates.

L'érection d'un mur à la frontière sud, principale promesse de campagne de Donald Trump, endiguerait selon lui le trafic de drogue et l'entrée de clandestins.

Une partie du gouvernement fédéral est paralysée depuis le 22 décembre par un bras de fer entre les démocrates du Congrès et la Maison-Blanche sur cette question.

Le président appelle les républicains à ne pas plier

M. Trump a réitéré mardi sur Twitter sa volonté de faire construire le mur au nom de la « sécurité nationale ». « Ne cédons pas », a-t-il dit à l'adresse des républicains, accusant les démocrates de « jouer à des jeux politiques ».

La chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a répliqué en accusant le milliardaire et les républicains au Sénat de « prendre les Américains en otage ».

Pour faire bouger les lignes, le président républicain a mis samedi dans la balance un sursis de trois ans pour les bénéficiaires d'autorisations de résidence abrogées par son administration : quelque 700 000 jeunes entrés illégalement dans le pays avec leurs parents et environ 300 000 titulaires du statut de protection temporaire (TPS).

Mais les démocrates ont refusé cette « compilation de plusieurs initiatives déjà rejetées par le passé ».

Le milliardaire s'est, dans le même temps, aliéné la frange de son électorat opposée à toute idée d'« amnistie » pour les clandestins.

Des impacts de plus en plus marqués

Des fonctionnaires américains en congé sans solde manifestent à Washington pour réclamer la fin de la paralysie budgétaire.Des fonctionnaires américains en congé sans solde manifestent à Washington pour réclamer la fin de la paralysie budgétaire. Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Si la paralysie des services de l’État touche directement 0,5 % des travailleurs américains, il commence à affecter indirectement le moral de plus de la moitié des consommateurs, selon une enquête de l'université du Michigan.

Il pèse aussi sur l'économie et la croissance, sur fond de ralentissement mondial, préviennent les experts.

Environ 800 000 fonctionnaires fédéraux sont contraints au chômage forcé ou doivent travailler sans être payés avant la fin du blocage. Dans des départements sensibles comme la Sécurité intérieure, la Justice ou les Transports, les effectifs ont été réduits au minimum.

Le syndicat des agents de la police fédérale (FBI) a présenté mardi un recueil de témoignages d'agents signalant leurs difficultés.

Faute de financement, le Bureau est ainsi incapable de payer ses informateurs, de financer ses opérations ou même d'acheter du papier pour photocopie.

Si les fonctionnaires concernés devaient tous être rémunérés rétroactivement, plus d'un million de salariés de services privatisés ou de sous-traitants d'établissements publics devront faire une croix sur leur paie.

Des initiatives ont été mises en place pour aider les fonctionnaires dans le besoin : nuits d'hôtels et repas gratuits, collectes de fonds, alors que les banques alimentaires font le plein.

« C'est très stressant », a confié à l'AFP une mère célibataire de 39 ans, gardienne à la prison fédérale de Brooklyn, venue chercher de quoi préparer deux ou trois repas lors d'une distribution de nourriture à New York.

Cette fermeture des services de l’État, la plus longue de l'histoire du pays, commence aussi à avoir un coût politique. Une majorité d'Américains rendent les républicains et la Maison-Blanche responsables de la situation, selon plusieurs sondages.

Donald Trump, président des États-Unis

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