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Ambulance NB : la volte-face du gouvernement est bien accueillie en Acadie

Le reportage d’Elisa Serret

Plusieurs intervenants en Acadie se disent soulagés de voir le gouvernement de Blaine Higgs faire marche arrière dans le dossier du bilinguisme à Ambulance Nouveau-Brunswick.

Le ministre de la Santé, Hugh Flemming, avait ordonné à Ambulance NB d'éliminer les obligations linguistiques à l'embauche, en décembre dernier, mais son gouvernement s'engage maintenant à respecter ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles.

La volte-face du gouvernement réjouit la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

Je crois qu’ils ont décidé une fois pour toutes de respecter la Loi sur les langues officielles, ce qui est une très bonne nouvelle pour les Néo-Brunswickois. Je trouve que ce gouvernement maintenant devrait trouver des façons de faire la promotion du bilinguisme et de trouver les points qu’on a en commun avec les anglophones au lieu de chercher ce qui nous divise, demande Robert Melanson, président de la SANB.

«  On est juste bouche bée  »

Le syndicat des paramédicaux et répartiteurs du Nouveau-Brunswick s'est dit estomaqué par la nouvelle. Encore une fois, affirme Steve Hébert, représentant syndical, les ambulanciers n'ont pas été consultés.

On est juste bouche bée avec cette annonce-là. Ça fait déjà trois, quatre annonces qui se font depuis l’automne concernant nos services d’urgence puis, chaque fois, notre local 48-48 ne semble pas avoir été consulté, déplore Steve Hébert.

Robert Melanson en entrevue« Je trouve que c’est une très bonne nouvelle », affirme Robert Melanson, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada

La nouvelle directive gouvernementale n'est pas une mauvaise chose, ajoute-t-il, mais il se demande comment atteindre l'objectif établi.

[C’est] assurément un pas de l’avant, mais comment est-ce qu’ils vont être capables de se rendre à ça et de s’assurer [...] que chaque ambulance de la province va avoir un personnel bilingue dedans? Tout de suite, sur papier, je ne suis même pas sûr qu’on a un tiers de la masse qui rencontre cette exigence-là, souligne M. Hébert.

Une décision susceptible d'apaiser des tensions linguistiques

Le gouvernement de Blaine Higgs a pris une bonne décision qui peut apaiser les tensions linguistiques créées par sa décision initiale, selon Roger Ouellette, professeur de science politique à l’Université de Moncton.

On a vu la controverse que ç'a créée dans la population, à l’intérieur même du gouvernement. Je pense qu’aujourd’hui on est sur la bonne voie parce qu’on a une révision judiciaire qui s’en vient très rapidement, et beaucoup d’experts, le commissaire aux langues officielles lui-même dit que cette décision arbitrale [allait] à l’encontre de la Charte [des droits et libertés]. C’est évident que ce gouvernement-ci, en voulant maintenir sa ligne de conduite avec le point de vue du ministre de la Santé, allait directement dans un mur, affirme Roger Ouellette.

Plusieurs discussions ont mené à la volte-face

Le commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Michel Carrier, raconte comment les discussions se sont déroulées avec le ministre de la Santé, Hugh Flemming, le vice-premier ministre Robert Gauvin, et Richard Losier et Bernard Lord, de l’entreprise Medavie. Cette dernière est responsable du service ambulancier dans la province.

Au début du mois de janvier, au retour au travail, M. Flemming a communiqué avec moi. Je l’ai rencontré. On a eu des discussions franches au sujet de nos inquiétudes, etc. Je pense qu’on doit rendre à César ce qui revient à César. M. Flemming a dit : “Bon, bien, on va rectifier les choses. Comment on s’y prend?” Alors, on en a discuté. M. Flemming en a discuté avec Medavie. M. Gauvin a fait partie des discussions, explique Michel Carrier.

Michel Carrier en entrevue.« On est prêt souvent à critiquer, à se sentir révolté de certaines décisions, mais je pense que lorsqu’on a de bonnes nouvelles on peut le reconnaître, et je pense qu’aujourd’hui on peut le faire », affirme Michel Carrier, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada

Les intervenants ont trouvé la solution lors d’une grande réunion à Moncton le 11 janvier.

Il y avait entre autres M. Losier et M. Lord, qui a présidé la rencontre, le ministre, M. Gauvin et moi-même, et on a étalé, disons, les mesures qui se sont retrouvées dans la lettre du ministre, hier, précise le commissaire Carrier.

La lettre en question, du ministre de la Santé à l’entreprise Medavie, contient notamment la nouvelle directive visant à respecter la Loi sur les langues officielles.

Avec des renseignements de Margaud Castadère

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale